Les parlements nationaux et le Parlement européen, qui se sont rencontrés à Bruxelles plus tôt dans la semaine (les 12 et 13 juillet), ont tenu des discussions sur l'avenir de la politique régionale européenne qui ont aboutit à diverses opinions y compris un appel à conserver le Fonds social européen sous le contrôle de la politique régionale.
Danuta Hübner, présidente de la commission développement régional du Parlement européen, et un ancien commissaire de l'UE à la politique régionale ont confié à EURACTIV que la rencontre était importante à la fois sur le fond et sur la forme.
Ce n'était pas une simple rencontre thématique, la rencontre faisait également partie du processus de développement d'une coopération structurée entre le Parlement européen et les parlements nationaux, comme prévu par le traité de Lisbonne, a-t-elle expliqué.
Les représentants nationaux doivent se préparer à être très engagés dans le débat sur l'avenir de la politique régionale de l'UE, a-t-elle dit, ajoutant que ce type de rencontre aiderait à les sensibiliser, bien qu'elle pense qu'il est toujours nécessaire de sensibiliser davantage.
En effet, EURACTIV France rapporte que de nombreux députés pensent qu'il ne sera pas facile de faire fonctionner cette nouvelle forme de coopération. Toutefois, alors que certains députés reconnaissent qu'ils découvrent encore le sujet, il existe en France un consensus selon lequel les négociations s'intensifient, et les représentants nationaux s'assureront que leur nouveau poids se fait sentir.
Des contributeurs nets veulent réduire le budget
Les représentants du Parlement ont émis des avis similaires, mettant l'accent sur l'importance du fonds de cohésion politique dans la lutte contre la crise économique.
Toutefois, un député néerlandais a exprimé son point de vue selon lequel le budget de la politique régionale de l'UE devrait être moins élevé et se concentrer davantage sur l'objectif de base d'aider les régions qui ont le plus de retard.
La plupart ne parlent cependant pas de budgets réduits, a affirmé la présidente de la commission parlementaire Mme Hübner. En d'autres termes, il semblerait que la plupart soient en faveur d'un maintien du niveau actuel.
Les parlementaires en faveur d'une attribution spécifique des fonds
La question de la proportion dans laquelle les fonds régionaux devraient être attribués à des objectifs politiques spécifiques à l'avenir est récurrente.
Mme Hübner a affirmé qu'il y avait des groupes au Parlement européen qui n'avaient jamais accepté l'attribution, soutenant que cela éloignait la politique régionale des objectifs du traité.
Je ne suis pas du tout d'accord, a-t-elle affirmé, arguant qu'il avait été prouvé que l'attribution marchait bien.
Parmi les participants de la rencontre interparlementaire, l'opinion était clairement en faveur de continuer à attribuer les fonds, en particulier dans le cadre de la stratégie Europe 2020 pour la croissance économique.
Hübner salue l'attitude de la présidence belge
Lier l'avenir de la politique de cohésion aux objectifs d'Europe 2020 est également une priorité pour la présidence belge de l'UE, qui a été représentée lors de la rencontre par Rudy Demotte, premier ministre régional du gouvernement wallon.
Mme Hübner a dit qu'elle avait été très positivement touchée par leur attitude, qui voit essentiellement la politique régionale comme un moyen de donner au public l'accès aux biens et services, que ce soit l'infrastructure des transports ou la connectivité à Internet.
M. Demotte a soutenu que l'Europe avait besoin d'une politique de cohésion plus forte, ce qui pourrait réellement contribuer à la croissance économique et aux changements structurels, qui sont indispensables.
Les Belges comprennent aussi que la politique doit évoluer à la lumière des réalités actuelles, en particulier les effets de la crise économique, selon les législateurs.
D'après Mme Hübner, en tant que citoyen belge -un pays extrêmement régionalisé- M. Demotte comprend que la crise a eu un impact particulièrement fort au niveau sub-national, en d 'autres termes dans les régions, les villes et les municipalités.
Les législateurs veulent conserver le FSE sous le contrôle régional
Le Fonds social européen (FSE) a beaucoup alimenté la discussion, la Commission européenne ayant récemment suggéré qu'il devrait bénéficier d'un plus grand degré d'autonomie et être contrôlé par la commission affaires sociales et emploi du Parlement plutôt que par la commission développement régional comme c'est actuellement le cas.
Toutefois, cette décision, qui selon Mme Hübner est arrivée sur le devant de la scène la semaine dernière, est loin d'être finalisée.
La Commission envoie des signaux mitigés sur le FSE, a-t-elle expliqué, soutenant que tout semblait être décidé la semaine dernière, mais que les fonctionnaires affirmaient désormais le contraire.
La plupart des membres des parlements nationaux pensent que le FSE devrait rester sous le contrôle de la politique régionale, car séparer les fonds signifie également séparer les règles, ce qui conduirait à une augmentation de la bureaucratie et des coûts administratifs.
De nombreuses voix lors de la rencontre ont déclaré ne pas approuver la sectorisation des politiques européennes et souhaitent voir à la place une approche intégrée.
Mme Hübner a acquiescé, soutenant que déplacer le FSE compromettrait son efficacité.
La Commission semble vouloir démontrer politiquement au public que le FSE existe comme une sorte de stratégie de relations publiques en cette période de crise, a-t-elle argué, mais ils pourront y parvenir aussi facilement si le FSE fait toujours partie de la politique régionale.
(Reportage supplémentaire d'EURACTIV France)

