Le 20 avril, le ministre bulgare à l’Economie, Peter Dimitrov, a déclaré que la Bulgarie négocie actuellement avec la Commission européenne afin de doubler le montant des compensations financières accordées pour la fermeture anticipée de quatre réacteurs de sa centrale nucléaire de Kozloduy.
La Commission européenne a confirmé que les négociations étaient en cours, mais a insisté sur le fait que les montants n’avaient pas encore été discutés. L’UE a octroyé 550 millions d’euros pour le déclassement des quatre réacteurs, a déclaré le ministre Dimitrov, selon l’agence Focus, dont 350 millions d’euros avaient déjà été utilisés.
« Nous n’avons jamais été opposés à la prorogation du régime d’aide (pour le déclassement des unités de réacteurs nucléaires) », a déclaré un porte-parole de la Commission Ferran Tarradellas à EURACTIV. Mais il a ajouté que ces prorogations devraient être justifiées après 2009.
Les fonctionnaires bulgares utilisent souvent le terme « compensation » concernant la fermeture anticipée des unités nucléaires sous la pression de l’UE. Cependant, la Commission européenne préfère considérer les montants versés comme un appui financier au processus de déclassement plutôt que comme une compensation.
Avant de fermer les unités de réacteur trois et quatre de Kozloduy, la Bulgarie était un important importateur d’électricité dans la région. Maintenant, la Bulgarie a perdu sa position stratégique. En conséquence, la région des Balkans souffre d’un déficit d’énergie, particulièrement l’Albanie. Les responsables politiques bulgares ont affirmé à plusieurs reprises que le pays a perdu des milliards d’euros en raison de la fermeture anticipée de ses réacteurs nucléaires.
La Bulgarie prévoit de construire une nouvelle centrale nucléaire conformément aux normes occidentales, à Belene, une île sur le Danube, mais le projet prendra plusieurs années avant de devenir opérationnel. La pénurie d’électricité dans la région des Balkans a inspiré certains responsables politiques et le lobby du nucléaire en Bulgarie qui militent pour relancer les unités trois et quatre. De récents sondages d’opinion montrent que de nombreux Bulgares sont favorables à redémarrer les réacteurs trois et quatre de la centrale nucléaire de Kozloduy. Cependant, la Commission européenne a expliqué que les conditions n’avaient pas changé depuis la signature du traité d’adhésion.
Le déclassement des centrales nucléaires est une importante préoccupation tant au niveau international qu’européen. La Commission estime que près d’un tiers des 145 réacteurs nucléaires actuellement opérationnels dans l’UE devront être déclassés d’ici 2025. Il existe de grandes différences dans les stratégies de déclassement les méthodes de financement des différents pays européens.
Dans une récente communication au Parlement européen et au Conseil, la Commission a fait part de son inquiétude que certain pays exploitants n’apportent pas suffisamment de fonds au déclassement. La Commission estime que cette pratique va à l’encontre du principe du « pollueur payeur » et pourrait fausser le principe des aides d’Etat sur le marché.
Il existe également des craintes concernant le niveau de contrôle indépendant pour les fonds dans plusieurs Etats membres, qui, selon la Commission, pourrait donner lieu à des estimations de coût faussées et aux faibles résultats financiers des fonds.
La Commission conclut qu’il serait possible de mieux faire face à ces préoccupations en organisant un contrôle indépendant des fonds de déclassement plutôt que d’approfondir la législation européenne et nationale. Mais elle a ajouté que les stratégies européennes harmonisées pour le déclassement concernant les futures constructions nucléaires devraient être rigoureusement poursuivies.

