EDF traverse une « crise sérieuse », juge Luc Rémont, proposé comme prochain PDG

« Dès les premières heures de (s)on mandat », M. Rémont prévoit de se consacrer « totalement » à « tenir les engagements de l'entreprise pour la reprise de la production des réacteurs à l'arrêt ». [olrat/Shutterstock]

EDF traverse une « crise sérieuse » avec l’indisponibilité du parc nucléaire français, a jugé mercredi (26 octobre) Luc Rémont, pressenti pour prendre la tête de l’énergéticien et qui appelle à un « effort collectif indispensable » de sobriété énergétique pour passer l’hiver.

Le contexte est « critique à court terme », a jugé devant la commission des affaires économiques du Sénat l’actuel responsable des opérations internationales de Schneider Electric, que l’Elysée veut installer à la tête du géant fragilisé.

Il doit succéder à Jean-Bernard Lévy, aux manettes depuis 2014, dont le départ anticipé a été annoncé dès cet été en même temps que la renationalisation d’EDF, qui dévoilera par ailleurs jeudi ses résultats trimestriels.

« L’énergie est devenue aujourd’hui une arme dont use la Russie pour affaiblir nos sociétés et diviser l’Union européenne », a averti Luc Rémont. « Dans ce contexte de crise énergétique, EDF traverse elle-même une crise sérieuse, d’ordre technique et industrielle, qui accentue la tension sur l’offre d’énergie », a-t-il constaté.

La moitié du parc nucléaire français est indisponible actuellement en raison de maintenances programmées ou de problèmes de micro-fissures apparues l’hiver dernier. Tout l’enjeu sera de faire redémarrer suffisamment de réacteurs pour faire face aux pics de consommation.

« Dès les premières heures de (s)on mandat », M. Rémont prévoit de se consacrer « totalement » à « tenir les engagements de l’entreprise pour la reprise de la production des réacteurs à l’arrêt ».

Mais dans tous les cas, un « effort collectif est indispensable pour alléger la demande et diminuer les risques de délestage cet hiver et les suivants », a-t-il souligné.

« 10% à 15% de sobriété est un objectif qui se fait sans douleur » et « 30% à 50% n’est pas hors de portée » avec « un effort notamment dans les domaines professionnels », a-t-il estimé.

La situation financière d’EDF, dont la dette pourrait gonfler à 60 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année, demande, elle, de la « vigilance à court terme pour ne pas devoir réduire les investissements et compromettre l’avenir », a-t-il jugé.

Si cette situation « devrait s’améliorer » avec le redémarrage de réacteurs nucléaires, M. Rémont a jugé nécessaire une « visibilité à long terme » sur les mesures réglementaires destinées à limiter la hausse du prix de l’électricité pour les clients dont EDF supporte la majorité des coûts.

Il a demandé aussi une réforme « profonde » des règles du marché tant européen que national pour corriger des « défaillances mises en lumière par la crise actuelle ».

L’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) est également « à bout de souffle » : « l’objectif, qui était de créer une concurrence réelle, n’est pas atteint », a tranché le dirigeant.

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