Edition spéciale : le Sommet européen des affaires mettra en exergue le manque de compétences

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Cet article fait partie de l'édition spéciale Sommet européen des affaires 2011.

L'Europe risque de se retrouver à la traîne par rapport à ses concurrents mondiaux, dans la mesure où le manque d'ingénieurs et de scientifiques alimente une baisse de la productivité et une diminution du nombre de contrats commerciaux intérieurs et extérieurs, entendront les délégués présents au Sommet européen des affaires cette année.

Cette étude sera publiée lors de l'ouverture du sommet, qui aura pour thème : « Europe in the world: leading or lagging » (en français : l'Europe dans le monde : en tête ou à la traîne ?), devant 2000 dirigeants d'entreprises demain et jeudi (18 et 19 mai) à Tour & Taxi à Bruxelles.

Neuf commissaires européens, y compris le président de la Commission, José Manuel Barroso, et le président du Conseil, Herman Van Rompuy, participeront à cet évènement aux côtés des ambassadeurs européens auprès des Etats-Unis, de l'Inde et de la Turquie et des premiers ministres belge, hongrois et qatari.

L'étude, rédigée par l'organisation des employeurs européens BusinessEurope, affirme qu'il arrive de moins en moins de diplômés en sciences et en technologie sur le marché européen en comparaison aux autres secteurs, même dans les pays qui se remettent de la crise.

Des économies fortes qui manquent de compétences

En 2008, en Allemagne avant que la crise ne frappe, il manquait 114 000 personnes qualifiées sur le marché, un nombre qui a diminué durant la récession. Suite à la forte reprise du pays, il manque actuellement 117 000 travailleurs sur le marché depuis le mois de février, peut-on lire dans le rapport.

En Autriche, un pays qui s'est lui aussi bien remis de la crise, 77 % des entreprises affirmaient manquer de travailleurs qualifiés l'année dernière.

Il faut en faire davantage pour redorer le blason des sciences en encourageant les professionnels à se rendre dans les écoles et les enseignants à se faire affecter provisoirement dans des entreprises. Il serait également judicieux de développer des partenariats renforcés entre les entreprises et les institutions de recherche, insistent les rédacteurs du rapport.

Il est demandé aux Etats membres, dans cette étude, d'améliorer la qualité, l'attractivité et les ressources de l'enseignement des sciences et à la Commission d'augmenter la mobilité des chercheurs entre les Etats membres.

Ces résultats seront accompagnés d'un sondage sur le manque de personnel qualifié réalisé par Accenture auprès de 300 directeurs européens pour la Fédération des Entreprises de Belgique.

Débat sur la position mondiale de l'Europe

Avec en toile de fond une croissance léthargique, la crise de la dette souveraine et le vieillissement de la population sur le continent, le sommet abordera l'avenir des relations de l'Europe avec l'Asie, le Brésil, le Moyen-Orient, l'Amérique du Nord, la Russie, la Turquie et l'Ukraine.

Des sessions par thème seront également organisées, dont des débats sur les médias sociaux et les PME, ainsi que deux sessions plénières sur « l'Europe dans le monde » et les opportunités de croissance.

Philippe de Buck, le directeur général de BusinessEurope, a déclaré : « Le neuvième Sommet européen des affaires se concentrera sur la place de l'Europe dans l'économie mondiale… Les défis qui nous attendent sont immenses. La position de l'Europe dans l'économie mondiale d'aujourd'hui est délicate. Les économies émergentes nous mettent la pression ».

Jeremy Fleming

Traduit de l'anglais par EURACTIV

« Le neuvième Sommet européen des affaires se concentrera sur la place de l'Europe dans l'économie mondiale. Comment l'Europe pourrait-elle repasser à l'avant-plan et quelles sont les opportunités grâce auxquelles elle pourrait reprendre la main ? », a déclaré Philippe de Buck, le directeur général de BusinessEurope.

Il a ajouté : « Les défis qui nous attendent sont immenses. La position de l'Europe dans l'économie mondiale d'aujourd'hui est délicate. Les économies émergentes nous mettent la pression. Les défis mondiaux, tels que le changement climatique, la raréfaction des ressources naturelles, la mondialisation et les changements démographiques soumettent l'Europe à un test ».

« Notre message est clair : réformer pour être performant. L'Europe doit réagir pour éviter un déclin économique. L'Europe, qui reste le plus grand exportateur mondial, a des opportunités pour prendre un “rôle de leader”. La relance actuelle doit ouvrir la voie à une croissance durable vers et au-delà de 2020. Cette croissance doit être fondée sur la connaissance et l'innovation et s'ancrer dans une économie compétitive, verte et synonyme d'emplois pour pouvoir évoluer sur la scène mondiale », a conclu M. de Buck.

« Le manque de travailleurs qualifiés en STEM [sciences, technologie, ingénierie et mathématiques] sera l'un des principaux obstacles à la croissance économique lors des prochaines années », a déclaré Jürgen Thumann, président de BusinessEurope. Il a ajouté : « Un engagement plus fort ainsi que davantage d'efforts conjoints sont nécessaires de la part d'un grand nombre de parties prenantes, y compris les gouvernements et les établissements d'enseignement à tous les niveaux ».

M. Thumann a précisé : « La liste des points d'action pour les gouvernements nationaux comprend la réorientation des ressources pour l'éducation aux STEMs, l'augmentation de l'attractivité de ces branches en améliorant leur qualité et leur pertinence, la mise en place des conditions nécessaires pour la collaboration entre les entreprises et les établissements d'enseignement et l'attraction de travailleurs étrangers qualifiés en STEM. En outre, le potentiel de la coopération au niveau de l'UE pourrait être mieux exploité via une utilisation intelligente des programmes et des instruments ».

« Les stratégies des gouvernements des pays BRIC, des Etats-Unis et d'Asie du Sud-est démontrent une certaine détermination à prendre part à la course vers le leadership technologique », a déclaré M. Thumann. « La question est dès lors la suivante : pourquoi l'UE est-elle si sûre de ne pas avoir à intensifier ses efforts elle aussi ? Les dirigeants politiques européens ont mis du temps à admettre le manque de personnes qualifiées en STEM, les conséquences qui en découlent et ils tardent à agir. Il semblerait que l'Europe se montre trop confiante quant au fait qu'elle se débrouille suffisamment bien. Ce n'est pourtant pas toujours le cas, comme le révèle ce rapport. Il est au contraire grand temps de sortir de cette situation confortable et d'explorer de nouvelles façons de trouver des travailleurs qualifiés en STEM ».

« Le manque croissant de travailleurs qualifiés est un problème qui a souvent été mis en exergue par les entreprises européennes de l'AmCham ces dernières années, et plus récemment dans une importante étude que nous avons lancée en février sur la compétitivité de l'Europe sur les marchés mondiaux », a expliqué Susan Danger, directrice de l'AmCham EU. Mme Danger a ajouté : « Une meilleure base de compétences encouragerait l'innovation, de meilleurs emplois et la croissance économique en Europe. Certains de nos hauts dirigeants d'entreprises soulèveront à nouveau cette question lors du Sommet européen des affaires ».

« La question des compétences fait partie des sujets abordés lors d'un sondage réalisé auprès de 300 directeurs et dont les résultats seront révélés lors de la conférence », selon Rudi Thomaes, le PDG de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB). Il a ajouté : « Notre sondage met également en évidence la nécessité d'une simplification des réglementations pour les PME. Nous espérons qu'il y aura une réponse positive à ces maladies chroniques qui affectent le continent, lors du sommet. Nous avons également rapidement besoin que des ponts soient construits entre l'UE et les économies émergentes et il est temps que Catherine Ashton et son équipe au Service d'action extérieure se concertent sur ce sujet ».

L'Europe est face à un manque criant de travailleurs hautement formés et qualifiés dans les domaines des sciences, de la technologie et de l'ingénierie, ce qui menace d'entraver la future compétitivité économique de l'UE.

La Commission européenne a identifié des « emplois verts » dans des domaines liés aux technologies propres et économes en énergie, ainsi que des « emplois blancs » dans les domaines de la santé et de l'aide sociale, comme les sources les plus prometteuses d'emploi à l'avenir. 

La stratégie « Europe 2020 », approuvée par les dirigeants de l'UE en 2010, comprend un objectif visant à augmenter le taux d'emploi dans les Etats membres de son niveau actuel à 69-75 % d'ici 2020.

Atteindre cet objectif, qui s'applique aux hommes et aux femmes âgés de 20 à 64 ans, impliquera de réduire le nombre de personnes au chômage dans l'UE de 23 millions (9,5 % de la main-d'oeuvre) au début de 2011, à moins de 12 millions (5 % de la main-d'œuvre) en 2020.

« Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois » est le nom d'un projet qui définit 13 actions que la Commission devra mettre en place afin de soutenir les efforts des Etats membres pour réduire le chômage (voir le LinksDossier: Nouvelles compétences, nouveaux emplois).

  • 18 et 19 mai : le Sommet européen des affaires aura lieu à Tour & Taxi à Bruxelles.

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