Energie : les responsables européens souhaitent stimuler les investissements dans le nucléaire [FR]

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En insistant sur le rôle potentiel de la technologie dans la lutte contre le changement climatique, Andris Piebalgs, le commissaire à l’énergie, a déclaré que la Commission européenne examinerait les moyens de faciliter les investissements dans les centrales nucléaires.

Lors d’un discours prononcé dans le cadre de l’European Nuclear Assembly à Bruxelles le 15 avril, M. Piebalgs a insisté sur les « investissements de grande ampleur » nécessaires pour que l’UE remplace ses centrales nucléaires vieillissantes – dont beaucoup atteindront la fin de leur durée de vie en 2030.

Des nouveaux investissements sont également indispensables pour continuer d’assurer la sécurité et la sûreté des centrales nucléaires, toute aussi essentielles pour garantir l’acceptation de cette énergie par la population et le monde politique pour l’avenir à long terme de l’industrie, a-t-il souligné.

« Afin de rendre ces investissements possibles, la Commission s’applique à remédier aux difficultés liées à la délivrance des autorisations, au financement et aux différents régimes de responsabilité nucléaire », a-t-il déclaré.

Il a également appelé les autorités nationales à introduire des réglementations en matière de sûreté qui faciliteraient l’acceptation par la population sans entraver l’investissement. Il est également nécessaire de renforcer la coopération entre les Etats membres sur les questions liées à la sécurité et la sûreté des installations ainsi qu’au traitement des déchets nucléaires, a-t-il insisté.

L’énergie nucléaire répond déjà à plus d’un tiers des besoins énergétiques de l’UE, a déclaré le commissaire, se référant à ces avantages particuliers en tant que source d’énergie stable et fiable et relativement indépendante des fluctuations des prix.

Les prix du pétrole ont atteint un autre record de 114 dollars le baril le 15 avril. A cette occasion, M. Piebalgs a déclaré qu’il était temps de reconnaître que la situation avait changé en raison des prix du pétrole toujours plus élevés.

Il a affirmé que l’énergie nucléaire fait partie du nouveau bouquet énergétique de l’Union européenne et qu’elle le restera. D’après lui, elle contribuera sans aucun doute à atteindre les trois objectifs : pas uniquement en terme de durabilité ou de réduction de CO2, mais également en terme de sécurité d’approvisionnement.

Cependant, la technologie reste hautement controversée dans plusieurs pays. Alors que la France et la Finlande se reposent principalement sur le nucléaire, d’autres pays comme l’Autriche, l’Irlande et la Suède y sont formellement opposés, étant donné les préoccupations dues aux risques d’accidents et à la mauvaise gestion des déchets.

Afin de tenir compte des deux approches, la Commission a largement évité la question en présentant un nouveau paquet de mesures en janvier 2007, destiné à réduire la contribution de l’UE sur le réchauffement de la planète et sa dépendance à l’importation de carburants.

Dernièrement, elle a néanmoins commencé à adopter une approche plus ouvertement favorable au nucléaire, s’écartant de sa vision traditionnellement « agnostique » de la question consistant à laisser la décision de l’utilisation du nucléaire aux Etats membres.

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