La politique énergétique du gouvernement chinois a conduit à une hausse importante des investissements dans le secteur des renouvelables. Selon une étude publiée le 19 août, cette politique a d’ailleurs contribué à déloger le Royaume-Uni du classement des cinq pays les plus attractifs en matière d’investissements dans les énergies renouvelables.
La Chine est passée de la sixième à la quatrième place, qu’elle partage avec l’Espagne. Elle suit ainsi les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Inde, dans les Country Attractiveness Indices, publié chaque trimestre par Ernst & Young. Le Royaume-Uni a quant à lui chuté de la quatrième à la sixième place, déclin que le cabinet-conseil impute en grande partie aux longs délais pour faire passer la nouvelle Energy Bill.
La Chine gagne du terrain
Selon Jonathan Johns, responsable de l’énergie renouvelable chez Ernst & Young, le succès chinois a été rendu possible grâce à l’engagement du gouvernement, qui souhaite que les énergies renouvelables couvrent 15 % de l’énergie du pays d’ici 2020. La forte croissance du secteur industriel chinois signifie également que le pays va sans doute largement dépasser son objectif en matière de renouvelables. La Chine deviendrait ainsi un acteur important sur un marché où l’UE espère obtenir un avantage compétitif grâce à ses propres objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables.
Selon le rapport, les chinois ont rapidement affermi le potentiel de leurs chaînes d’approvisionnement et sont susceptibles de parvenir à neuf gigawatts de capacité de production en quelques années. M. Johns a ajouté que la Chine, outre sa présence déjà forte dans l’industrie solaire, pourrait également devenir un exportateur important d’équipement éolien dans quelques années.
Des progrès lents au Royaume-Uni
Selon le rapport, au Royaume-Uni, la décision de reporter l’Energy Bill implique désormais une période de deux ans de consultations et d’examens avant qu’une des propositions puisse être mise en place. Ce qui laisse tout juste dix ans au Royaume-Uni pour installer des infrastructures suffisamment performantes pour parvenir à son objectif d’ici 2020. Toujours selon le rapport, le Royaume-Uni dépend probablement trop de sa capacité à réaliser ses projets ambitieux et a besoin de concentrer et d’améliorer le temps de remise des dossiers s’il ne veut pas que sa position ne recule davantage. Le rapport demande en outre au gouvernement de donner des encouragements plus tangibles aux investisseurs.
L’Allemagne : un modèle à suivre pour l’UE ?
Néanmoins, le rapport indique que d’autres pays européens ont des résultats bien meilleurs tout en soulignant le contraste saisissant entre la situation britannique et la vitesse à laquelle l’Allemagne a répondu aux défis imposés par la Directive européenne sur les renouvelables.
Il indique également comment le mécanisme de tarif de rachat de l’Allemagne, qui garantit aux producteurs d’énergie renouvelable un prix de rachat de l’électricité plus élevé que le prix du marché, a permis à ce pays de livrer davantage d’énergie renouvelable à un moindre coût qu’au Royaume-Uni, où les obligations sur les énergies renouvelables sont réalisées au travers d’un système d’échange des « certificats verts ». Alors que la Commission européenne a cherché à appliquer le modèle britannique au niveau européen, cette tentative s’est confrontée à une forte résistance (EURACTIV 29/04/08 et 16/01/08).
La pénurie de crédit et le paradoxe du coût du pétrole
Alors que le rapport estime que d’une manière générale la pénurie de crédit n’a pas eu d’effet sur l’attractivité du secteur pour les investisseurs, il a tout de même prévenu que les récents pics du coût des combustibles fossiles pourraient entraîner des résultats mitigés pour l’industrie des renouvelables.
D’une part, la hausse du coût de l’énergie rend plus compétitive l’alimentation en énergies renouvelables « gratuites » comme l’éolien, le solaire ou l’énergie marine. D’autre part pourtant, les projets de loi sur la facture énergétique font pression sur les gouvernements pour que ceux-ci soient plus attentifs aux effets des programmes d’incitation aux renouvelables sur les contribuables, et particulièrement sur les couches de population les plus pauvres.

