Après les élections présidentielles du 4 novembre, les relations entre l’UE et les Etats-Unis seront influencées par la crise financière actuelle et par la coopération en matière de changement climatique. C’est ce qu’a indiqué Tom Spencer, directeur exécutif du European Centre for Public Affairs, dans un entretien à EURACTIV.
Contrairement aux crises précédentes en Amérique latine et en Asie, les similarités entre les systèmes financiers européen et américain sont au cœur de l’agitation actuelle, a indiqué M. Spencer, ce qui signifie que « la coopération transatlantique visant à mettre de l’ordre dans la confusion va se poursuivre en pratique ».
Mais le cadre actuel des relations transatlantiques s’est asphyxié en se concentrant trop sur les « liens entre les entreprises et les banques », a-t-il mis en garde. « L’intimité » de la génération de la Seconde Guerre mondiale lui fait défaut, tout comme la « compréhension mutuelle aisée » entre les jeunes des années 1960 et 1970.
M. Spencer s’attend à une amélioration des relations entre l’UE et les Etats-Unis avec le nouveau président, que ce soit le républicain John McCain ou alors le démocrate Barack Obama qui remporte les élections du 4 novembre. « Cela devrait constituer une occasion capitale pour échanger des idées sur le changement climatique et sur la sécurité énergétique ».
En effet, les dirigeants de vingt puissances mondiales devraient se réunir lors d’un sommet du G20 le 15 novembre à Washington en vue de répondre à la crise financière et à ses effets sur l’économie mondiale. Lors des négociations, les Etats-Unis seront représentés par le président sortant George W. Bush même si le nom de son successeur sera déjà connu.
Les dirigeants mondiaux devraient se mettre d’accord sur un successeur au protocole de Kyoto sur le changement climatique lors de leur réunion de décembre 2009 à Copenhague. « Le premier pas vers un succès à Copenhague est l’instauration d’un certain niveau de confiance mutuelle entre Washington et Bruxelles », a estimé l’ancien eurodéputé.
Appelant les Etats-Unis à « comprendre que les mesures face au changement climatique ne sont pas des questions de politique intérieure qui doivent être décidées sans consulter leurs partenaires », M. Spencer a cité l’Arctique comme une zone où une compréhension mutuelle avec l’Europe est « cruciale ». Mais le changement climatique et l’énergie sont « les fondements du pouvoir » au XXIe siècle : dans cette perspective, il n’est guère surprenant que la coopération entre les deux parties est au point mort.
M. Spencer a prévenu que les relations transatlantiques sont « sujettes à une certaine usure, en raison du fait qu’un petit nombre de personnes reviennent sans cesse sur les mêmes questions ». Expliquant comment l’objectif plus large de l’intégration européenne a conduit à la création du marché unique européen dans les années 1990, il a signalé qu’il n’y a pas de telle aspiration au niveau transatlantique, les deux parties ne montrant aucun intérêt à l’idée d’une unification ».
Enfin, M. Spencer a désapprouvé la conception selon laquelle la politique extérieure des Etats-Unis ne changera pas après les élections. « Au cours des deux dernières années, les Américains ont été publiquement humiliés, et une grande partie de la rhétorique impérialiste de Bush leur faisait honte. Le nouveau président devra trouver un nouveau langage pour affirmer la place des Etats-Unis dans le monde ».
L’avenir des relations entre l’UE et les Etats-Unis sera à l’ordre du jour de la conférence du 12 novembre au Parlement européen qui se penchera sur les implications des résultats des élections américaines sur la politique étrangère, le changement climatique et la sécurité internationale.
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