Alors que les niveaux actuels des émissions de carbone frôlent des niveaux non viables, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié un rapport appelant les gouvernements à mettre en œuvre une révolution technologique internationale en faveur de l’énergie pour inverser les tendances actuelles.
Le rapport, intitulé « Energy Technology Perspectives 2008 » et publié le 6 juin, indique que si les pays poursuivent leurs politiques en vigueur, la hausse mondiale des émissions de carbone s’élèvera à 130% tandis que la demande en pétrole augmentera de 70% d’ici 2050.
Si ces prévisions s’avèrent justes, le rapport suggère que les pays producteurs de pétrole comme l’Arabie Saoudite devraient multiplier par cinq les niveaux de leur production pétrolière d’ici 2050. Ce cas de figure serait peu probable étant donné que l’Arabie saoudite a récemment refusé d’augmenter la production pétrolière malgré les deux appels lancés par le président Bush.
Bien que les pays aient récemment été plus enclins à reconnaître l’existence d’un problème avec les énergies renouvelables, ils sont encore loin de lancer des mesures visant à inverser cette tendance, déplore le rapport.
Le rapport propose des changements radicaux concernant la manière dont le monde utilise ses approvisionnements énergétiques, notamment une décarbonisation virtuelle du secteur électrique. Tandis que l’AIE est favorable aux technologies très controversées de capture et de stockage de carbone (CSC), il souligne qu’aucune forme d’énergie ou de technologie n’est capable de constituer une solution définitive. Le rapport met plutôt l’accent sur différentes alternatives, notamment les renouvelables, l’énergie nucléaire, le transport sans carbone et l’amélioration de l’efficacité énergétique.
Cependant, le directeur exécutif de l’AIE Nobuo Tanaka a averti qu’une réduction de 50% des émissions de carbone d’ici 2050 représenterait un défi extraordinaire pour les pays. Il a estimé que ce défi exigera principalement une nouvelle révolution énergétique mondiale qui transformerait totalement la façon de produire et d’utiliser l’énergie.
Il ajoute que ceci pourrait être très difficile à réaliser étant donné que l’économie des pays développés devrait être multipliée par quatre d’ici 2050, alors que les pays en développement comme l’Inde et la Chine cherche à parvenir à une croissance multipliée par dix. Cette tendance implique une augmentation de l’utilisation d’énergie, ce qui engendrera une pression non viable sur les ressources naturelles, a déclaré M. Tanaka, appelant à des mesures urgentes et nécessaires, quel que soit l’option choisie pour remédier à cette situation.
L’AIE elle-même envisage les réglementations plus strictes concernant l’efficacité énergétique des bâtiments, des appareils ménagers et des véhicules comme partie intégrante de son objectif de réduction des émissions de 50% d’ici 2050. Elle déclare que ceci constitue essentiellement une option politique rentable qui pourrait avoir un impact immédiat.
Cependant, l’agence reconnaît qu’il n’existe actuellement que quelques options proposées aux pays pour réduire leurs émissions de carbone. Par conséquent, elle insiste sur la nécessité d’augmenter considérablement les investissements dans la R&D et dans les projets de démonstration. Ceci stimulerait l’utilisation commerciale des technologies telles que les panneaux solaires photovoltaïques, les biocarburants de pointe, les batteries électriques, les cellules de carburant et la production d’hydrogène, a-t-elle renchéri.
Néanmoins, le rapport souligne que la réalisation de cette révolution est totalement entre les mains des gouvernements nationaux, en ajoutant qu’ils auront la responsabilité difficile de convaincre le public de la nécessité d’un changement radical des priorités.

