L'avenir de la politique de cohésion de l'UE – qui est actuellement débattu à Bruxelles- est susceptible de diviser les Etats membres, car certains pousseraient pour une renationalisation des fonds européens pour l'emploi tandis que d'autres se battent pour que le status quo soit maintenu dans les années à venir.
Les gouvernements sont essentiellement divisés en ce qui concerne l'avenir du Fonds social européen (FSE), qui distribue de l’argent européen à travers l’Union afin de stimuler l’emploi en Europe.
Dans un contexte de crise économique continue, avec des taux de chômage qui atteignent des sommets ces dernières années, certains des principaux bailleurs de fonds financiers, en particulier les grands Etats membres, devraient proposer une renationalisation de ces ressources pour une période couvrant le prochain cadre financier de l’UE, de 2014 à 2020.
L’idée a circulé parmi les cercles de l'UE ces derniers mois, bien qu’aucune proposition concrète n’ait été présentée.
La possibilité de réviser cette ressource financière clé a déclenché une vague de critiques venant des Etats membres de l’Europe de l’Est, qui comptent parmi les principaux bénéficiaires de ces financements.
La semaine passée, les dirigeants des quatre pays de Visegrad (la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la République Tchèque) ont envoyé une lettre au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Ils ont fait appel pour que le FSE reste dans le cadre de la politique de cohésion de l’UE, a rapporté EURACTIV Allemagne.
Avertissement des autorités régionales
Leur appel a suivi les avertissements publiés en juin par Michèle Sabban, présidente de l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE), un organisme qui réunit des régions de 33 pays européens. Les autorités régionales sont les principaux régulateurs des financements du FSE.
Nous avons récemment appris que la Commission européenne prévoit de retirer le Fonds social européen du domaine de la politique de cohésion afin de financer une nouvelle stratégie de l’Union européenne pour l’emploi, peut-on lire dans une lettre ouverte de Mme Sabban. L’ARE va rester vigilante en ce qui concerne les menaces de renationalisation et de division de la politique de cohésion, a-t-elle ajouté.
La porte-parole de l’ARE Francine Huhardeaux a confirmé hier à EURACTIV que l’ARE est toujours inquiète à propos des intentions de Bruxelles et a réitéré que la division et la nationalisation du fonds allaient entraver la cohérence et l’efficacité de la politique dans son ensemble.
Le premier appel pour éviter un éventuel changement dans l’actuelle politique a été publié par l’ancienne commissaire européenne à la politique régionale Danuta Hubner.
La responsable politique polonaise, dans son rôle actuel de présidente du comité sur le développement régional du Parlement européen, a mis en garde au début du mois de juillet contre la séparation du Fonds social européen de la politique de cohésion. Ceci pourrait affecter la valeur ajoutée européenne du fonds, a-t-elle déclaré.
La Commission tente de calmer le débat
Pour le moment nous n’avons aucune intention de nous débarrasser du Fonds social européen, a dit hier à Bruxelles le porte-parole de la Commission européenne Olivier Bailly, reconnaissant néanmoins l’existence de réflexions sur la structure du budget pour 2013 et au-delà.
Dans un discours délivré en juin, le commissaire aux affaires sociales de l’UE et à l’emploi Làszlò Andor a admis que le FSE allait devoir évoluer et s’adapter.
Le futur FSE devrait correspondre intégralement dans tous les Etats membres à la stratégie Europe 2020 et aux lignes directrices intégrées. Ceci va accroître la pertinence du fonds en tant qu’instrument politique, a-t-il dit, ouvrant la voie au débat sur le nouveau rôle du fonds, qu’il soit partie intégrante de la politique de cohésion de l’UE ou en dehors.
Le porte-parole de M. Andor a dit clairement à EURACTIV qu’il n’y avait pas de projets de retirer le FSE de la politique de cohésion, avant d’insister sur le besoin d’un meilleur objectif pour le fonds, qui devrait être mieux aligné sur les priorités globales de l’UE.
La Commission va lancer un débat officiel sur la question dans les prochaines semaines, en amont du débat général existant sur les allocations des fonds de l’UE jusqu’en 2020.

