Le groupe de lobbying de l’industrie, BusinessEurope, a signalé que, pour empêcher les industries consommant beaucoup d’énergie, comme la chimie et l’aciérie, de délocaliser, l’UE devait se concentrer davantage sur l’efficacité énergétique, plutôt que sur les énergies renouvelables et les échanges de quotas d’émissions.
Comme l’a déclaré Ernest-Antoine Seillière, président de BusinessEurope, aux journalistes à Bruxelles le 26 novembre, la révision et le renforcement du système européen d’échange de quotas d’émissions (système européen ETS) coûterait à certaines entreprises leurs bénéfices annuels nets, voire plus.
M. Seillière a fait part des inquiétudes de l’industrie : les entreprises craignent qu’orienter le système européen ETS vers une vente aux enchères de tous les certificats d’émissions soit tellement problématique que l’augmentation des coûts obligerait les entreprises à délocaliser en dehors de l’UE, dans des pays où les émissions de CO2 sont moins chères.
La vente aux enchères de tous les certificats, une idée actuellement discutée à la Commission, impliquerait une modification importante du système actuel, dans le cadre duquel les autorités des Etats membres allouent un pourcentage de certificats aux industries sans charge. Durant la dernière période d’échange (2005-2007), la sur-allocation de certificats avait contribué à l’effondrement du prix du carbone.
Le 23 janvier, la Commission devrait présenter ses propositions concernant une révision du système européen ETS pour la période d’échange post 2012, ainsi qu’un paquet de propositions sur les énergies renouvelables et une communication sur la capture et le stockage du carbone (CSC).
D’après BusinessEurope, l’exécutif européen devrait se focaliser davantage sur la réalisation de l’ensemble du potentiel des améliorations en matière d’efficacité énergétique, au lieu de renforcer le marché du carbone de l’Union ou de faire pression pour des objectifs en matière d’énergie renouvelable difficilement réalisables.
Un changement des règles de dépréciation et de marchés publics, davantage de campagnes d’information du public et des exigences d’efficacité écologique obligatoires devraient faire partie des efforts européens destinés à augmenter les améliorations en terme d’efficacité énergétique dans les infrastructures et les procédés industriels, selon Folker Franz, conseiller en chef aux affaires environnementales pour BusinessEurope.
En réponse à une question d’un journaliste qui demandait si le secteur des énergies renouvelables avait été consulté durant la formulation de la position du groupe, M. Seillière a expliqué que BusinessEurope n’était pas opposé aux énergies renouvelables en tant que telles, mais a cependant exprimé de gros doutes sur la possibilité réelle d’atteindre une part de 20 % d’utilisation des énergies renouvelables dans l’UE d’ici 2020, une position que le groupe avait déjà exprimée.
Néanmoins, selon le secteur européen des énergies renouvelables l’objectif de 20 % est largement réalisable, grâce aux mesures incitatives.

