La Commission et le haut représentant de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana, ont publié un document commun proposant des mesures immédiates qui pourraient être prises par les Etats membres pour garantir leur sécurité d’approvisionnement en énergie.
Lors du sommet européen de juin 2006, les chefs d’état et de gourvenement examineront un document présenté conjointement par la Commission et le chef de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana, qui propose des mesures immédiates pour renforcer les relations avec les principaux pays fournisseurs, consommateurs et de transit dans le domaine de l’énergie.
Ce document de 5 pages, intitulé « faire face aux risques extérieurs en matière énergétique », tente de créer « des conditions juridiques stables pour les investissements et le commerce dans le domaine de l’énergie » aux niveaux européen et mondial.
Il propose entre autres de constituer des réserves stratégiques en gaz semblables aux réserves de pétrole actuellement obligatoires dans le cadre de la législation européenne. Il recommande également de diversifier les sources d’approvisionnement en gaz en construisant de nouvelles infrastructures pour « créer de nouveaux corridors énergétiques ».
L’Algérie, par exemple, représente aujourd’hui environ 10% de la consommation de l’UE en gaz, indique un fonctionnaire européen. « Si nous doublons ce pourcentage, l’Algérie pourrait être comparée à la Russie, » souligne-t-il. La Turquie pourrait également devenir « une grande plateforme de transit de l’énergie » si elle est rapidement intégrée au traité instituant la communauté de l’énergie des pays d’Europe du Sud Est.
« La Russie est bien sûr incontournable, » a déclaré un officiel européen lors de la présentation du document le vendredi 2 juin 2006. Il a réfuté les récentes allégations selon lesquelles la Russie pourrait tourner ses livraisons de gaz naturel vers d’autres pays consommateurs comme les Etats-Unis ou la Chine, indiquant que l’UE et la Russie étaient « interdépendants dans le secteur énergétique ».
« Disposer de réserves [en gaz et en pétrole] ne suffit pas, » a-t-il ajouté, soulignant les « milliards d’euros » dont la Russie a besoin pour les exploiter. « Les fonds pour la Russie sont essentiels », a-t-il rappelé.
Le document propose « d’oeuvrer à la conclusion d’un accord global avec la Russie couvrant tous les produits énergétiques », dont le but serait « l’intégration des marchés européen et russe de l’énergie, de manière non discriminatoire, transparente, réciproque et bénéfique pour les deux parties. »
Cependant, un accord global semble encore loin car la Russie refuse toujours de signer le traité sur la Charte de l’énergie de 1994 sans une révision du protocole du traité sur le transit. Cependant, les officiels européens estiment qu’il « sera plus facile pour la Russie » de signer le traité avec un accord global. Ils considèrent notamment qu’un accord sur le commerce des produits nucléaires pourrait contribuer à sortir de l’impasse. « Obtenir un mandat pour négocier un accord pourrait aider, » a déclaré un fonctionnaire.
Cet accord, précise le document, doit être négocie dans le cadre de l’accord de coopération et de partenariat avec la Russie qui est entré en vigueur en décembre 1997.
« Nous ne devons pas prétendre que nous pouvons tout résoudre à Bruxelles, » a souligné l’officiel, ajoutant que « les gouvernements et le secteur privé avaient beaucoup à faire ».

