L’UE veut développer recherche et convergence dans le domaine des nouvelles technologies [FR]

Le Conseil européen de printemps a approuvé l’initiative « i2020 » visant à stimuler la recherche et l’innovation dans le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Mais les dirigeants de l’Union ne sont pas prononcés sur la question d’un éventuel doublement du budget européen de la recherche, réclamé par la Commission.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont donné leur feu vert à la mise en oeuvre de l’initiative « i2010 » sur les TIC, initialement présentée par la Commission européenne, en souhaitant notamment que ce programme « met[te] l’accent sur la recherche et l’innovation dans le domaine des TIC, le développement des industries de contenu, la sécurité des réseaux et de l’information, ainsi que la convergence et l’interopérabilité visant à créer un espace d’information sans frontières ». 

Le Conseil européen s’est en revanche abstenu de prendre clairement position au sujet d’un éventuel doublement du budget européen de la recherche dans le cadre des prochaines perspectives financières de l’UE (2007-2013) – ce doublement ayant été officiellement réclamé par la Commission.

Les conclusions du Conseil viendront alimenter le programme « i2010 », qui doit être officiellement présenté par la Commissaire en charge de la société de l’information, Viviane Reding, dans le courant des deux prochains mois.

S’adressant aux membres de la fédération des employeurs européens, l’UNICE, à la veille du Conseil européen de printemps, Mme Reding a annoncé qu’elle souhaitait mettre son mandat à profit pour promouvoir la convergence et l’innovation dans le domaine des TIC :

  • Convergence  : soulignant qu’elle était la première Commissaire à se voir confier la responsabilité des infrastructures aussi bien que des contenus, Mme Reding s’est engagée à accompagner aussi activement que possible le mouvement de convergence entre ces deux domaines. « Nous avons besoin d’une feuille de route pour progresser sur la voie de la convergence, et mon intention est justement d’en élaborer une lors de la première moitié de mon mandat », a-t-elle indiqué. Les futures révisions du cadre réglementaire (2006) et de la directive « Télévisions sans frontières » pourront servir à cette fin, a laissé entendre la Commissaire.
  • Innovation et recherche  : la recherche doit contribuer à supprimer les « goulots d’étranglement techniques » liés aux problèmes de « sécurité, d’authentification et d’interopérabilité des normes techniques », a déclaré la Commissaire, avant de s’engager à plaider en faveur d’un accroissement de la part des TIC dans le prochain budget européen de la recherche (cette part s’élevant actuellement à 20%).

Au début du mois de mars, les cadres dirigeants de grandes entreprises des secteurs des opérateurs de télécommunications  et des fournisseurs de contenus avaient engagé un dialogue visant à identifer les moyens de faciliter la diffusion de contenus via des réseaux digitaux. 

Participaient à ce dialogue différentes entreprises de premier plan telles que British Telecom, France Telecom, Sony Pictures Entertainment, Time Warner, Walt Disney, Phillips electronics, Tiscali, la BBC et d'autres diffuseurs européens, ainsi que plusieurs sociétés de production cinématographique et discographique. 

Les participants à la conférence - organisée par l'association européenne des opérateurs de réseaux de télécommunications (ETNO) le 3 mars dernier - ont souligné qu'il était crucial de mieux protéger les droits de propriété intellectuelle par la généralisation de systèmes numériques de gestion de droits (DRMS), et par la mise en oeuvre de mesures de protection technologiques visant à assurer la diffusion sécurisée de contenus en ligne. Plusieurs intervenants ont mis en avant la nécessité de créer de nouvelles normes permettant l'échange de contenus entre différents supports (interopérabilité).

Les industries impliquées dans ce dialogue souhaitent rapidement progresser sur la voie de la convergence, avant que de nouvelles normes contraignantes ne leur soient imposées. L'un des participants à la conférence admettait en privé que la création d'un portefeuille couvrant à la fois le secteur des médias et celui de la société de l'information avait grandement facilité l'ouverture d'un dialogue trans-sectoriel (notamment entre gestionnaires d'infrastructures et fournisseurs de contenu).  

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont considérées par la Commission comme l'un des secteurs les plus prometteurs en vue d'une relance de la stratégie de Lisbonne ; elles font d'ailleurs l'objet d'un programme spécifique, l'initiative "i2010", présentée par la Commissaire Reding le 31 janvier dernier (voir EURACTIV, 3 février 2005).

Venant succéder au programme "e-Europe 2005", l'initiative "i2010'" vise à renforcer la compétitivité et l'"inclusivité" du secteur européen des communications électroniques (voir le LinksDossier d'EURACTIV sur le thème de l'e-Europe).

L'iniative "i2010" sera officiellement lancée "dans le courant des deux prochains mois", a indiqué la Commissaire en charge de la société de l'information, Viviane Reding.

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire