En Bulgarie, la coalition au pouvoir a décidé d’annuler la taxe sur le gaz russe transitant par le territoire bulgare, l’ancien Premier ministre Boïko Borissov espérant que cela aiderait le pays dans ses démarches d’adhésion à l’espace Schengen.
Pour améliorer ses relations avec l’UE, la coalition au pouvoir en Bulgarie, composée des partis Continuons le changement (PP), Bulgarie démocratique (DB), Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) et l’Union des forces démocratiques (SDS), a annoncé l’annulation de la taxe sur le gaz provenant de Russie transitant par son territoire. Cette taxe aurait fortement touché certains États membres, notamment la Hongrie.
Kiril Petkov, dirigeant du parti Continuons le changement, a annoncé la nouvelle lundi (11 décembre), ajoutant que la Bulgarie suivrait l’approche commune de l’UE.
« Cette taxe ne devrait pas être unilatérale de la part de la Bulgarie. Il est nécessaire de travailler avec la Commission européenne afin qu’avec tous les États membres, ce type de taxe puisse être imposé de manière à avoir un réel impact sur l’économie de la Fédération de Russie », a-t-il expliqué.
« Comme nous sommes très proches de Schengen, toute possibilité que cette taxe puisse nous gêner devrait être supprimée », a affirmé M. Borissov, chef de file du GERB.
« Lorsque la Commission européenne nous donnera un mécanisme [pour créer la nouvelle taxe], nous le mettrons en œuvre », a pour sa part commenté M. Petkov.
Les doutes concernant les taxes ont surgi dès leur introduction en octobre. Certains avaient déclaré d’emblée qu’il serait impossible que la Bulgarie soit en mesure de collecter les 2,4 milliards d’euros envisagés grâce au transit du gaz russe.
Le président Roumen Radev faisait également partie de ceux qui ont remis en question les taxes.
La Hongrie est l’État membre de l’UE le plus touché par la taxe, car elle reçoit son gaz via le Turkish Stream, qui passe par la Bulgarie.
La Hongrie et la Serbie ont toutes deux déclaré que la taxe bulgare sur le gaz augmenterait les prix du gaz de 20 %, ce à quoi la Bulgarie a répondu que c’était à la société russe Gazprom de payer la différence.
Malgré les inquiétudes de Budapest et de Belgrade, qui craignent que la nouvelle taxe bulgare ne fasse flamber le prix du gaz russe, les autorités de Sofia n’ont pas réussi à collecter un seul euro au titre de la nouvelle taxe. La taxe s’élève à environ 10 euros par MWh, et les prévisions initiales étaient qu’elle rapporterait plus de 1,2 milliard d’euros par an au pays.
Fin octobre, la Commission européenne a confirmé que la Bulgarie déciderait de manière indépendante de l’utilisation des recettes provenant de ces nouvelles taxes prélevées sur le transit du gaz russe.
« Les taxes imposées par la Bulgarie pour le transit du gaz russe vers la Serbie, la Hongrie et la Macédoine du Nord sont une mesure nationale, et c’est donc à la Bulgarie de décider à qui elle alloue les revenus », avait déclaré à cette époque Tim McPhie, porte-parole pour l’action climatique et l’énergie à la Commission européenne.
« Jusqu’à présent, l’UE a imposé 11 paquets de sanctions contre la Russie. Les mesures énergétiques restrictives concernent le pétrole et le charbon, mais pas les importations de gaz », a ajouté M. McPhie.
La Bulgarie s’attendait à ce que les revenus de la nouvelle taxe soient versés le 14 novembre, mais certains experts bulgares en énergie avaient déjà mis en doute le fait que le pays reçoive effectivement de l’argent. Le problème est que le gaz acheminé par gazoduc peut difficilement être certifié comme russe, car il consiste souvent en un mélange de gaz provenant de plusieurs sources.


