La fusion des géants français de l’énergie confirme l’attitude protectionniste de la France [FR]

Les politiques italiens ont très sévèrement critiqué le « patriotisme économique » de la France après que le Premier ministre Dominique de Villepin a rapidement conclu ce week-end une fusion défensive entre Suez et Gaz de France pour bloquer une tentative d’OPA d’Enel.

Citant « l’importance stratégique de l’énergie » pour la France, Dominique de Villepin a annoncé samedi 25 février que la fusion ente Suez et Gaz de France était le « moyen le plus approprié » de contrer l’OPA d’Enel sur le groupe Suez.

M. de Villepin a déclaré que la fusion avait pour ambition de créer l’un des plus grands groupes énergétiques au monde, notamment dans le secteur du gaz où le groupe dominera le marché du gaz naturel liquéfié (GNL). 

La fusion nécessitera également la privatisation partielle de GDF puisque l’Etat devra renoncer à la part de 80,2% du capital du groupe qu’il détient actuellement. Selon une loi de 2004, le gouvernement français doit détenir au moins 70% du capital de GDF. Le ministre de l’économie, Thierry Breton, s’est engagé samedi à ce que la part de l’Etat ne passe pas en-dessous des 34% nécessaires pour disposer d’une minorité de blocage.

Un conseiller de M. de Villepin a déclaré dans le journal Libération : « On veut un vrai contrôle sur les décisions stratégiques du groupe ».

La fusion a agacé les Italiens et le ministre de l’industrie, Claudio Scajola, a ainsi annulé sa visite prévue à Paris. Cité dans Libération, le ministre italien de l’économie, Giulio Tremonti, s’en est pris vivement à la doctrine du « patriotisme économique » de M. de Villepin,  déclarant qu' »il est encore temps d’empêcher les Etats de l’Union européenne d’ériger des barrières nationales » à l’intégration économique de l’UE. « Dans le cas contraire, nous risquons un effet d’août 1914 […] avec, à la fin, une guerre que personne ne voulait » a-t-il ajouté avec un certain sens du dramatique.

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