Enlever la politique de cohésion de la liste des priorités de l'UE serait une erreur, bien que des changements soient nécessaires pour la rendre plus efficace, ont déclaré hier (16 février) des représentants de la présidence espagnole de l'UE et des experts régionaux.
La politique de cohésion est considérée par beaucoup – et en particulier par les autorités régionales – comme étant l'une des stratégies de l'UE.
L'avenir de cette politique a été le sujet de débat animé à Bruxelles. Plusieurs questions se posent : quel futur pour le budget alloué à la politique régionale (qui représente aujourd'hui un tiers du budget européen), les régions seront-elles impliquées dans la stratégie de l'UE pour 2020 pour la croissance et l'emploi et comment le seront-elles, et comment cette politique doit être réformée pour être plus efficace et moins chère.
De nombreux acteurs régionaux ont placé de grands espoirs dans la capacité de la présidence espagnole de l'UE (1er janvier – juin 2010) pour revigorer le débat. L'Espagne, pays fortement régionalisée, est sensible à l'importance d'un processus de prise de décision "bottom-up", et fera d'une politique de cohésion améliorée un élément central de sa présidence, selon toute logique.
Espagne : la politique de cohésion doit rester au sommet de l'agenda européen
Les Espagnols ont en effet commencé à souligner leur stratégie régionale hier (16 février). S'exprimant lors d'une rencontre de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM) à Gijón, le ministre du territoire espagnol Manuel Chaves a déclaré que ce serait une erreur pour l'UE de renoncer à faire de la politique de cohésion une priorité.
Elle devrait plutôt faire partie de la colonne vertébrale de la stratégie de l'UE pour 2020, qui va soutenir les efforts de croissance européens pour la décennie à venir.
Cependant, il s'est élevé contre l'attitude de certains Etats membres, en particulier ceux d'Europe de l'est, qui pensent que seules les régions les plus pauvres devraient bénéficier des fonds de cohésion. L'argent ne devrait pas être considérée comme un simple outil de redistribution ou d'aumône, a-t-il expliqué.
Au lieu de cela, le gouvernement espagnol de centre gauche aimerait que la politique de cohésion réformée profite à toutes les régions et devienne une force en faveur du développement durable et de l'inclusion sociale.
Ne pas limiter la politique de cohésion – l'améliorer
M. Chaves s'en est également pris aux Etats membres qui poussent pour limiter ou renationaliser la future politique de cohésion. Le ministre espagnol a averti que la présidence européenne de son pays s'opposerait fortement aux initiatives de certains gouvernements – qu'il a refusé de mentionner – qui cherchent à doubler les régions en tant que principales interlocutrices pour les fonds de cohésion.
Le commentateur régional influent Fabrizio Barca, directeur général du ministère des finances italien et auteur du Rapport Barca http://ec.europa.eu/regional_policy/policy/future/pdf/report_barca_v0306.pdf publié par la Commission en avril 2009, acquiesce.
La politique de cohésion, conçue comme une politique de développement localisée, est le seul moyen moderne pour l'UE de remplir sa tâche en faveur du développement, a affirmé M. Barca, ajoutant qu'une politique de développement pour tous les endroits de l'UE est indispensable pour l'existence même de l'UE. Ceux qui limitent l'intervention de l'UE aux Etats membres pauvres estiment à tort que la politique de cohésion est un mécanisme de redistribution financière.
Cependant, M. Barca a spécifié que la politique régionale nécessitait un changement de direction au regard de l'évaluation des résultats obtenus via des indicateurs spécifiques. Il a appelé à un renforcement du rôle de la Commission européenne.
(Avec des éléments d'EURACTIV Espagne).

