Le Comité des Régions s'est plongé la semaine dernière dans le débat sur l'avenir de la politique régionale de l'UE, appelant la Commission européenne à maintenir dans ses grandes lignes le statu quo actuel tout en se concentrant davantage sur les régions en transition.
Le débat sur le futur de la politique régionale de l'UE s'est intensifié depuis mai 2009, lorsqu'un rapport d'expert préparé par l'Italien Fabrizio Barca a appelé à une réforme détaillée pour l'après 2013, notamment via l'introduction d'objectifs quantifiables plus rigoureux (EURACTIV 07/05/09).
Lors d'une session plénière qui a eu lieu la semaine dernière (14-15 avril), les membres du CdR ont adopté un rapport réalisé par l'homme politique allemand de centre droit Michael Schneider, dans l'espoir que les requêtes des régions et des villes soient prises en compte à un stade précoce par la Commission européenne.
Une évolution, mais pas de révolution
De manière générale, le CdR fait pression pour que la Commission préserve ses actuels structures et mécanismes de financement de la politique régionale – en d'autres termes, pour maintenir le statu quo.
Le rapport ne relève aucun besoin fondamental d'introduire de nouveaux instruments de politique structurelle ou d'objectifs additionnels, avec une exception notable : M. Schneider appelle à la mise en œuvre d'une nouvelle approche pour les régions de transition.
Le CdR s'inquiète du risque que connaissent ces régions de passer de la catégorie "régions les plus pauvres " (objectif 1) – qui les rend éligibles à toute la gamme des fonds structurels européens – à celle de régions en transition, où les financements disponibles sont réduits de manière significative. Un meilleur et plus juste système de transition est nécessaire pour s'assurer que l'interruption des financements régionaux n'empêche pas le développement, a déclaré un membre du CdR.
Ce que veut le CdR, c'est une évolution, et non une révolution des structures existantes pour la politique régionale, a conclu M. Schneider lors du débat en plénière.
D'autres parties prenantes régionales ont déclaré à EURACTIV qu'elles saluaient cette proposition. Le Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE), par exemple, s'est dit très satisfait de l'attitude proactive et ouverte de M. Schneider.
Le statu quo irait bien au CdR, selon un think tank
Cependant, d'autres acteurs se montrent plus circonspects. Le think tank eurosceptique Open Europe, critique de longue date de la politique régionale européenne, s'est déchaîné contre le communiqué du CdR, affirmant qu'il était dans l'intérêt de cette institution de maintenir le statu quo actuel.
Se confiant à EURACTIV, le directeur d'Open Europe Mats Persson a affirmé que les dépenses de l'UE en matière régionale ne correspondaient à aucun objectif, n'étaient pas flexibles et représentaient du gâchis tout en étant inadéquats face à l'environnement économique actuel. Il est extraordinaire que le CdR continue à défendre un système qui voit certains des pays les plus riches de l'UE recycler de l'argent via Bruxelles, ce qui coûte très cher aux contribuables européens déjà embourbés dans la pire récession depuis une génération.
Une approche plus censée serait de restreindre clairement ces fonds en faveur des régions et pays qui sont vraiment les plus pauvres, et faire ainsi des dépenses régionales de l'UE quelque chose de plus centré et efficace en termes de coûts.
M. Persson est allé plus loin, remettant en question l'existence même de l'institution régionale. De plus, nous devrions avoir une discussion sur l'existence même du CdR, car ce qu'il fait réellement, ou même ce qu'il est supposé faire, est loin d'être clair, mais il coûte quand même des millions aux contribuables chaque année.

