Le commissaire à la justice et aux affaires intérieures, Franco Frattini, a confié aux ministres de la justice réunis à Dresde qu’il entamerait des négociations avec des pays tels que le Mali, la Mauritanie et le Sénégal pour établir des réseaux d’immigration légale.
Le programme annoncé par le commissaire Franco Frattini le 15 janvier 2007 vise à attirer les travailleurs africains qualifiés vers l’Europe. Il sera modelé sur le système américain de « carte verte » afin de permettre aux employés migrants très qualifiés ayant obtenu un permis de travail dans un pays européen de pouvoir se rendre automatiquement dans un autre Etat.
F. Frattini a ensuite indiqué pour la première fois que l’UE cherchait à ouvrir la voie à l’immigration légale, tout en soulignant que les nouveaux arrivants n’obtiendraient que des permis temporaires afin de contribuer à combler le manque de main-d’oeuvre en Europe.
A la suite de discussions informelles avec ses homologues et les ministres de la justice présents, le ministre allemand de l’intérieur, Wolfgang Schäuble, a déclaré que, dans sa lutte contre l’immigration clandestine, l’UE « devait également autoriser l’accès légal à son marché du travail ». Il a ajouté que le principal objectif serait de permettre aux étrangers de migrer temporairement afin de répondre à des besoins spécifiques sur les marchés européens du travail.
F. Frattini a évoqué ses inquiétudes sur la vague d’immigration en provenance d’Afrique attendue en avril et a appelé les Etats membres à fournir de l’aide pour renforcer les contrôles à la frontière sud de l’Europe – 31 000 migrants d’Afrique sub-saharienne sont parvenus aux îles Canaries l’an dernier, soit six fois plus qu’en 2005.
Les ministres de l’UE ont décidé que la protection des frontières extérieures de l’UE et la lutte contre l’immigration clandestine resteraient les grandes priorités européennes.
Chaque année, près d’un demi million d’immigrés clandestins entrent en Europe. L’Espagne et d’autres Etats membres du sud de l’Europe se sont plaints à plusieurs reprises, estimant que les autres pays de l’UE des 27 n’étaient pas à leurs côtés dans cette crise de l’immigration.
