Le conflit pétrolier russe renforce l’idée d’une politique énergétique commune [FR]

Alors qu’elle doit présenter aujourd’hui des propositions ambitieuses dans le domaine de l’énergie, la Commission s’est empressée d’utiliser le conflit pétrolier entre la Russie et la Biélorussie comme argument pour convaincre les Etats membres de coopérer davantage à ce niveau.

La Commission a vivement critiqué la fermeture par Moscou, le 8 janvier 2007, d’un important oléoduc approvisionnant l’Europe occidentale à la suite d’un différend avec la Biélorussie (EURACTIV 9/10/07). 

« Il n’est pas acceptable que des pays fournisseurs ou par lesquels transite le pétrole n’informent pas les pays consommateurs de décisions qui peuvent avoir des conséquences sur leur approvisionnement, » a déclaré le commissaire à l’énergie, Andris Piebalgs.

Bien que les réserves pétrolières stratégiques soient suffisantes pour empêcher des coupures d’approvisionnement pendant plus de 120 jours, il a indiqué que le conflit « devait être pris au sérieux ». « Les récents évènements confirment de nouveau que l’Europe doit agir pour limiter sa dépendance aux importations d’hydrocarbures, » a souligné A. Piebalgs. 

« Ce différend nuit également à l’image de fiabilité des deux pays en tant que partenaires énergétiques de l’Union, » a-t-il ajouté. 

Ces critiques ont été reprises par la chancelière Angela Merkel et le président de la Commission, José Manuel Barroso, qui étaient réunis à Berlin pour évoquer les priorités de la présidence allemande de l’UE. 

« Je soutiens les déclarations de José Manuel Barroso, à savoir qu’il est inacceptable de prendre de telles décisions sans consultations, » a déclaré Mme Merkel, ajoutant : « Cet incident détruit la confiance et empêche d’établir une coopération reposant sur la confiance. »

A Vilnius, le Premier ministre lituanien Gediminas Kirkilas a déclaré à la radio nationale : « Cette affaire a montré une fois de plus que plusieurs pays européens faisant cavalier seul, une politique d’approvisionnement énergétique durable avec la Russie est quasi-impossible. »

La Commission a indiqué qu’elle convoquerait son groupe Oil Supply jeudi 11 janvier « pour analyser l’impact des récentes coupures d’approvisionnement en pétrole … et pour envisager d’éventuelles mesures en cas de pénurie de produits pétroliers. »

A. Merkel doit se rendre à Moscou le 21 janvier pour évoquer la reconduite d’un accord de partenariat et de coopération entre l’UE et la Russie, dans lequel les questions d’approvisionnement et d’investissement dans le domaine de l’énergie risquent de dominer. 

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