Le Portugal, l’Espagne et la France renforceront leur coopération sur le plan énergétique, selon un protocole d’accord signé mardi (19 décembre) à Bruxelles avec la Commission européenne, qui fixe de nouvelles priorités pour le groupe de haut niveau pour l’interconnexion de l’Europe du Sud-Ouest. Lancé en 2015, ce groupe visait à promouvoir des projets d’infrastructures énergétiques clés dans le sud-ouest de l’Europe, tels que la construction des liaisons transfrontalières, afin de mieux relier la péninsule ibérique au reste du marché énergétique de l’UE.
Avec ce protocole d’accord, Paris, Lisbonne et Madrid acceptent de s’engager pleinement dans le groupe de haut niveau créé en 2015 « pour coopérer sur des projets stratégiques clés, tels que l’établissement d’interconnexions transfrontalières et la mise en œuvre rapide de projets prioritaires dans le domaine de l’électricité », peut-on lire dans un communiqué de l’exécutif de l’UE.
Ainsi, les signataires du texte ont convenu « de l’importance de construire les infrastructures énergétiques nécessaires à la réalisation d’un marché intérieur de l’énergie sûr et efficace ».
D’autre part, le document introduit de nouvelles priorités pour le groupe de haut niveau concernant les projets d’infrastructures offshore et d’énergies renouvelables, la coopération sur les interconnexions transfrontalières et la création rapide de projets prioritaires dans le domaine de l’électricité.
Le groupe devra également explorer le potentiel de l’hydrogène renouvelable dans la péninsule ibérique, y compris le stockage et l’introduction d’électrolyseurs.
Le protocole d’accord s’appuie sur la coopération du groupe de haut niveau pour l’interconnexion de l’Europe du Sud-Ouest, la déclaration de Madrid (2015) et la déclaration de Lisbonne (2018).
La commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson a salué le protocole d’accord.
« Les interconnexions transfrontalières sont un moyen précieux pour intégrer davantage d’énergies renouvelables dans le système énergétique de l’UE et mieux intégrer la péninsule ibérique dans le marché énergétique de l’UE dans son ensemble », a-t-elle expliqué, ce qui permet en retour à l’UE d’être « plus autonome et plus efficace lorsqu’il s’agit de produire et de fournir de l’énergie ».
Projets en cours
Le Portugal et la France travaillent actuellement sur un projet visant à augmenter la capacité d’interconnexion entre le Portugal (Minho) et l’Espagne (Galice), ce qui permettra au marché ibérique de l’électricité (Mibel) de fonctionner plus efficacement. Cela devrait également avoir un impact sur le marché unique de l’électricité.
Il est également prévu de relier l’Espagne et la France via le golfe de Gascogne.
Le gazoduc entre la ville espagnole de Barcelone et la ville française de Marseille (BarMar), qui transportera de l’énergie entre la péninsule ibérique et la France, a été annoncé pour 2022 et sa construction devrait durer de cinq à sept ans.
Enfin, en octobre 2022, le Portugal et l’Espagne ont convenu avec la France de construire de nouvelles liaisons pour transporter de l’hydrogène vert, l’une entre la municipalité de Celorico da Beira et Zamora (CelZa) et l’autre entre Barcelone et Marseille (BarMar), dans le cadre d’un projet appelé H2MED, auquel l’Allemagne se joindra dans le but de réduire sa dépendance énergétique à l’égard de la Russie.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


