Le Royaume-Uni se prépare à une renaissance nucléaire après l’accord avec EDF [FR]

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Le Royaume-Uni sera bientôt en mesure d’aller de l’avant dans ses projets de remplacement de ses centrales nucléaires vieillissantes après que le groupe énergétique français EDF, contrôlé par l’Etat, et British Energy ont annoncé être parvenus à un accord de rachat.

Selon les termes de l’accord annoncé hier 24 septembre, EDF offrira 774 pences en liquide pour chaque action ordinaire de British Energy. Si l’on se réfère à ce prix, la compagnie vaut quelque 12,5 milliards de livres, a indiqué EDF.

D’après l’accord, EDF s’engage à construire quatre nouveaux réacteurs en remplacement des centrales nucléaires vieillissantes du Royaume-Uni. Ces centrales fournissent à l’heure actuelle 19 % de l’électricité du Royaume-Uni. C’est le modèle EPR, une technologie de pointe développée par le groupe français Areva, qui sera utilisé pour les nouveaux réacteurs.

En échange, EDF a reçu des garanties sur la mise à sa disposition de terrains spécifiques dans le voisinage des sites nucléaires existants, notamment des terrains qui appartiennent actuellement à British Energy. L’accord comprend également l’optimisation de la durée de vie des infrastructures de British Energy, quand cela est rentable et sûr.

La fermeture des dernières centrales nucléaires britanniques existantes est prévue pour 2035, ce qui menace l’approvisionnement énergétique du pays.

« Ceci représente une étape historique dans nos projets de développement stratégique en Europe », a indiqué Pierre Gadonneix, le PDG d’EDF, ajoutant que ce rachat place British Energy à l’avant-garde du nouveau programme nucléaire au Royaume-Uni et au centre du renouveau du nucléaire à travers le monde.

Dans un communiqué, le Premier ministre Gordon Brown a indiqué : « Le nucléaire est propre, sûr et abordable. Son expansion est cruciale pour la sécurité énergétique de la Grande-Bretagne à long terme, tandis que nous réduisons notre dépendance vis-à-vis du pétrole et que nous nous acheminons vers un avenir où les émissions de CO2 seront limitées ».

La politique énergétique britannique a été développée en reconnaissant que les nouvelles centrales nucléaires peuvent aider le Royaume-Uni à atteindre ses objectifs sur le changement climatique et sur la sécurité énergétique dans une période où la demande en énergie augmente alors que les ressources sont limitées, a indiqué EDF.

Le rachat permettra au Royaume-Uni de recouvrer les compétences en ingénierie nucléaire qu’elle avait perdues suite à la décision de geler toute nouvelle construction nucléaire. EDF, qui semble décidé à combler ce vide, déclare chercher à renforcer ses fonds propres et les aptitudes des employés au Royaume-Uni, un marché fondamental sur le long terme, dans le cadre de sa stratégie visant à étendre sa position en Europe en assurant des aptitudes et expertises complémentaires.

En mars dernier, lors d’une visite officielle du président français Sarkozy au Royaume-Uni, Paris et Londres s’étaient mis d’accord pour intensifier leur coopération sur le nucléaire (EURACTIV 27/03/08).

Selon les propos d’un analyste londonien à Reuters, cette initiative est positive pour EDF et elle éloigne le risque d’un paiement peu conventionnel de la part de cette entreprise. A son avis, le prix est raisonnable. C’est une bonne chose pour le nucléaire et pour la construction de centrales même si cela s’inscrit plutôt sur le long terme, a-t-il déclaré.

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