Le Royaume-Uni souhaite être un leader en matière d’énergie éolienne offshore [FR]

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Le Royaume-Uni a annoncé des projets sans précédent visant à produire 33 gigawatts d’énergie éolienne grâce à des turbines offshore d’ici 2020, dépassant ainsi le Danemark dans ce domaine. Mais certains sont sceptiques et doutent que ces turbines seront réellement installées un jour. 

Le plan, annoncé le 10 décembre à Berlin par John Hutton, secrétaire britannique à l’industrie, représenterait une étape majeure afin que le Royaume-Uni remplisse ses obligations concernant l’objectif européen de 20 % d’utilisation d’énergies renouvelables d’ici 2020.

M. Hutton a déclaré que son projet de plan pourrait permettre aux entreprises de produire jusqu’à 25 gigawatts d’énergie éolienne offshore d’ici 2020, en complément des huit gigawatts déjà prévus.

Selon le gouvernement, si elle est mise en place, la capacité combinée de 33 gigawatts serait suffisante pour alimenter tous les foyers du pays. La construction des turbines éoliennes nécessaires devrait être précédée d’une évaluation de l’impact environnemental sur les mers entourant le littoral britannique.

Alors que l’énergie éolienne représente actuellement moins de 1 % de la production d’électricité du Royaume-Uni, M. Hutton estime que le pays est aujourd’hui le premier endroit pour investir dans l’énergie éolienne offshore dans le monde et assure que l’année prochaine, le pays détrônera le Danemark comme pays disposant de la plus importante capacité éolienne offshore.

Néanmoins, la déclaration de M. Hutton a suscité de vives critiques au Royaume-Uni, où certains ont mis en doute la capacité du marché à répondre à la demande.

Tandis que l’Association britannique de promotion de l’énergie éolienne (BWEA) a officiellement applaudi le plan, pour Gordon Edge, directeur des aspects économiques et des marchés à la BWEA, il ne s’agit de rien de plus que de promesses en l’air.

En faisant référence aux retours sur investissements insuffisants, aux contraintes de la chaîne d’approvisionnement dans la capacité d’installation des navires et les turbines insuffisantes, Dan Lewis de l’Economic Research Council estime que le gouvernement britannique se trompe largement. Selon lui, il n’y aura aucune course aux investissements pour construire des parcs éoliens offshore.

Malgré l’annonce d’une augmentation des subventions pour le projet, John Sauven, directeur exécutif de Greenpeace affirme que les tarifs d’achats garantis à long terme, privilégiés par l’ensemble des partenaires européens, devraient apporter suffisamment de certitude aux investisseurs pour progresser sur le projet.

Hormis les préoccupations sur le financement et la capacité, certains craignent également que la déclaration ne soit qu’une promesse en l’air.

Le britannique Jeremy Leggett, ancien membre du Renewables Advisory Board, ne pense pas que la proposition du gouvernement actuel concernant les énergies renouvelables soit sérieuse. Il est persuadé que les fonctionnaires ont sciemment repoussé ces sources d’énergies au profit de la dangereuse technologie qu’est le nucléaire.

De plus, Alan Duncan, secrétaire en charge de l’industrie dans l’opposition, a fait savoir que la déclaration ressemblait beaucoup à une annonce similaire faite il y a cinq ans, mais qui ne s’est jamais concrétisée.

  • Economic Research Council (UK)Website

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