Les ministres européens soutiennent la “nouvelle politique énergétique » pour l’Europe [FR]

Selon le conseil Energie, la nouvelle politique énergétique doit contribuer « de façon équilibrée » à la sécurité de l’approvisionnement, la compétitivité économique et la durabilité environnementale, sans pour autant interférer avec la souveraineté nationale.

Le 14 mars 2006, les ministres européens de l’énergie ont apporté un soutien prudent aux propositions relatives à une politique énergétique commune avant la tenue d’un sommet à la fin du mois au cours duquel la nouvelle stratégie commune doit être adoptée.

Les ministres ont fait savoir que cette « nouvelle politique énergétique pour l’Europe » devrait contribuer « de façon équilibrée à la sécurité de l’approvisionnement, la compétitivité dans le secteur et la durabilité environnementale » comme les trois piliers de cette nouvelle politique. 

Les ministres ont également insisté pour que la nouvelle politique respecte complètement la souveraineté des Etats membres sur les sources d’énergie première et le choix de la combinaison énergétique.

Les principaux éléments de cette nouvelle politique comprennent:

  • développer une approche politique commune en matière de commerce extérieur vis-à-vis des principaux fournisseurs d’énergie de l’UE, ce qui implique notamment de renforcer le dialogue sur l’énergie avec la Russie et de s’assurer que cette dernière ratifie le Traité sur la Charte de l’énergie pour « créer un climat propice aux investissement en Russie et dans les pays de transit »  
  • intensifier la diversification en termes d’approvisionnement et d’itinéraires de transit sur les axes Est-Ouest et Sud-Nord; accélérer notamment la construction de nouveaux terminaux GNL afin de diversifier l’approvisionnement en gaz
  • faire de l’énergie une priorité des budgets européens pour la recherche, le développement et le déploiement (RD&D) notamment dans le cadre du 7éme Programme-cadre pour la recherche (7ème PCRD). Selon les ministres, la R&D doit soutenir les sources d’énergie européennes, notamment les énergies renouvelables ainsi que le nucléaire
  • accroître les interconnexions entre les Etats membres et la transparence sur les marchés de l’énergie afin de stimuler la concurrence. Les ministres ont soutenu la régionalisation des marchés comme une première étape vers l’achèvement du marché intérieur européen européen de l’énergie

Concernant l’environnement, les ministres ont demandé à la Commission de présenter un plan d’action « ambitieux » mais « réaliste » pour l’efficacité énergétique avant fin 2006. Ils ont également exprimé leur soutien au développement d’une stratégie sur le long terme pour les énergies renouvelables mais, hormis leur souhait de voir le Plan d’action européen sur la biomasse rapidement mis en oeuvre, ils n’ont donné aucune indication supplémentaire sur les objectifs de cette stratégie.

Les ministres ont également demandé une révision du système européen d’échange de quotas d’émissions de CO2 afin de mieux tenir compte des préoccupations relatives à la compétitivité dans les secteurs à haute intensité énergétique comme les industries métallurgiques et chimiques.

Martin Bartenstein, ministre autrichien de l'économie et du travail, et dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE, a déclaré : "Les ministres ont identifié aujourd'hui 26 mesures et recommanderont au Conseil européen [des 23 et 24 mars] neuf mesures essentielles pour un plan énergétique". 

Il a indiqué que les ministres de l'énergie étaient "presque tous d'accord sur le fait que la souveraineté des Etats membres sur le choix des sources d'énergie première et sur la combinaison énergétique doit être respectée", notamment l'utilisation de l'énergie nucléaire. "L'utilisation de l'énergie nucléaire n'est pas une option d'avenir pour l'Autriche. Ce choix a désormais été approuvé grâce à ce consensus entre les Etats membres", affirme M. Bartenstein.

Le 14 mars 2006, des membres de l'ONG de protection de l'environnement, les Amis de la Terre, ont manifesté devant le bâtiment du Conseil pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une politique rétrograde et dangereuse en faveur des combustibles "fossiles sales" et des "centrales nucléaires dangereuses".

Selon Jan Kowalzig, membre des Amis de la Terre Europe, "à l'heure où les prix du gaz et du pétrole sont élevés, où la situation politique des pays producteurs est instable, où les menaces de réchauffement climatique sont avérées et où des montagnes de déchets nucléaires se forment, le bon sens devrait inspirer les priorités de l'UE, c'est-à-dire réduire les déchets énergétiques et investir massivement dans les énergies renouvelables comme l'éolien et le solaire - ce qui garantirait un approvisionnement énergétique durable sur le long terme".

Le 8 mars 2006, la Commission a publié un Livre vert dressant une liste d'options pour obtenir un approvisionnement énergétique "durable, compétitif et sûr" en Europe (voir EURACTIV, 9 mars 2006).

  • 23 et 24 mars 2006  : la priorité du sommet européen sera la politique énergétique.
  • Se fondant sur les conclusions du sommet et les contributions des acteurs, la Commission présentera une stratégie politique (Livre blanc) avant la fin de l'année.

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