Hier, les ministres européens de la Pêche ont demandé à la Commission de relancer immédiatement les préparatifs en vue d’une vaste réforme de la politique commune de la pêche. Mais les groupes écologistes ont réitéré leurs appels à réduire la taille de la flotte de l’Union.
Au début du mois, le commissaire à la Pêche Joe Borg a annoncé des plans visant à réviser totalement la politique commune de la pêche (PCP) de l’UE parce que « dans sa forme actuelle, la PCP n’encourage un comportement responsable ni chez les pêcheurs ni chez les décideurs politiques » (EURACTIV 18/09/08). La réforme, qui sera axée sur la conservation des ressources et la politique en matière de flotte, devrait être achevée d’ici 2012.
Cette semaine, les ministres ont largement soutenu les propositions du commissaire en lançant un débat qui impliquera également l’industrie ainsi que d’autres parties prenantes et qui se poursuivra en 2009. Ils se sont rencontrés dans le cadre d’une réunion informelle organisée en marge du Conseil Agriculture et Pêche (29-30 septembre) à la demande de la présidence française de l’UE.
En saluant l’appui des gouvernements, M. Borg a déclaré aux ministres qu’un secteur de la pêche sain d’un point de vue économique, social et environnemental dépend de ressources halieutiques saines et de flottes de pêche en équilibre avec les possibilités de pêche. La durabilité écologique est donc fondamentale, a-t-il expliqué
Mais certains gouvernements européens ne veulent pas que les réformes aillent aussi loin que le suggère la Commission, la France ayant notamment affirmé que les discussions devraient s’écarter de la question de la surcapacité et se concentrer sur les quotas existants plutôt que sur leur annulation. Selon la presse, le ministre français de l’Agriculture Michel Barnier a déclaré qu’il est impossible de réformer une politique sans le soutien de l’industrie, ni en s’y opposant. Il faut donc mener les réformes avec les pêcheurs, en prenant le temps de les écouter, ainsi qu’avec les spécialistes de l’environnement et les scientifiques, a-t-il ajouté.
Cependant, le groupe Pew Environment affirme que des réductions substantielles dans la capacité de pêche de la flotte européenne sont nécessaires et urgentes. La surcapacité des navires de pêche et la réticence des Etats membres à adapter la tailles des flottes aux possibilités de pêche disponibles sont les moteurs principaux de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), ce qui entraîne inévitablement des opérations de pêche non rentables et incite davantage à enfreindre les règles, comme l’a déclaré Uta Bellion, directrice du programme maritime de l’UE à Pew.
Néanmoins, l’ONG a applaudi l’adoption par les ministres d’une réglementation visant à lutter contre la pêche INN dans les eaux européennes. L’organisation félicite le Conseil d’avoir franchi cette première étape dans la lutte contre le fléau de la pêche INN, a déclaré Mme Bellion. Mais étant donné que, selon les estimations, 40 % de la pêche dans les eaux de l’Union est INN, elle s’attend à ce que la Commission présente des propositions sur une réglementation européenne pour le contrôle et l’application des règles. Elle a également appelé le Conseil à soutenir ses requêtes.
Parallèlement, les ministres ont demandé à la Commission de développer une approche de l’écosystème pour gérer l’environnement maritime, soutenant une communication de l’exécutif européen sur le sujet. Ils ont aussi discuté la proposition de la Commission sur le plan de reconstitution du cabillaud, qu’ils comptent adopter lors de la réunion du Conseil de novembre.
Pour sa part, la Commission publiera un livre vert au début de l’année prochaine pour alimenter le débat public, et un résumé de la consultation sera présenté début 2010. Cela permettra à l’exécutif européen de proposer des réformes d’ici la fin de cette année afin qu’elles entrent en vigueur en 2012.

