Hier, 8 novembre 2007, une conférence d’EURACTIV a examiné les différents moyens d’atteindre les citoyens européens par les parties prenantes nationales, comme les entreprises, les syndicats et les ONG. Mme Kuneva, commissaire à la Protection des consommateurs, M. Orban, commissaire au Multilinguisme, ainsi qu’un certain nombre de parlementaires européens se sont exprimés en faveur d’une communication européenne plus décentralisée, afin de regagner la confiance des citoyens envers l’Union.
Réactions
La conférence a convenu que les parties prenantes nationales sont essentielles pour rapprocher les débats politiques européens des citoyens.
Le commissaire au Multilinguisme, Leonard Orban, a déclaré lors de la conférence, que face aux défis mondiaux auxquels l’UE est actuellement confrontée, la coopération entre les Etats membres, les parties prenantes et les citoyens, ainsi qu’une communication efficace, est plus importante que jamais.
« Soyons tout à fait francs : les institutions européennes, les médias et les hommes politiques ne peuvent y parvenir seuls, sans la société civile, a-t-il affirmé. Les entreprises, les syndicats et les autres parties prenantes contribuent à la fois au processus de décisions, mais également à leur communication ».
Meglena Kuneva, commissaire à la Protection des consommateurs, a expliqué qu’elle lisait evropa.dnevnik.bg (EURACTIV Bulgarie) et a souligné l’importance d’impliquer des parties prenantes compétentes. « Un dialogue continu avec les capitales est crucial pour parvenir à une adhésion commune et faire progresses nos projets de stabilité institutionnelle et de prospérité de la population ». Elle ajoute : « L’interaction avec les capitales européennes est une activité prioritaire pour ce collège de commissaires ».
Inaugurant la conférence, Christophe Leclercq, fondateur et éditeur d’EURACTIV, a déclaré : « Notre message principal est que la communication européenne devrait être radicalement décentralisée pour de nombreuses raisons d’ordre politique et également relevant de l’organisation des médias ». Il ajoute que « Bruxelles » est toujours focalisée sur la question du traité, alors qu’il n’y a que très peu d’opportunités pour préparer les prochaines élections européennes en 2009.
Les statistiques portant sur l’opinion publique, présentées par Pascal Chelala, directeur général de TNS opinion, prouvent qu’il existe un fossé considérable entre le point de vue des citoyens et les actions entreprises par leurs représentants élus.
L’expert en sondages a cité l’exemple des réactions des dirigeants européens à la guerre en Irak, qui démontre « la véritable nécessité d’une politique de communication européenne de la sphère politique vers les citoyens ».
Miroslav Mikolasik, eurodéputé slovaque et membre du groupe PPE-DE, estime que « le fossé entre l’UE et ses citoyens est bien connu ». Selon lui, « il est réellement nécessaire qu’un débat sur l’Europe ait lieu au niveau des citoyens, au-delà des institutions ». Il ajoute : « Il est souhaitable que la législation, les directives et les politiques européennes soient traduites dans un langage simple et clair, proche des citoyens européens ».
Sophie in ’t Veld, eurodéputée libérale, a exposé un point de vue différent et affirme que les citoyens ne devraient pas être traités comme du « bétail », nourris d’informations en provenance de l’UE « pour les maintenir tranquilles afin qu’ils ne ruent pas dans les brancards ». « Il ne s’agit pas uniquement d’expliquer. Il ne faut pas tomber dans le piège de penser que la communication équivaut à l’information et l’explication. Pour que les citoyens assument cette responsabilité, nous devons être sérieux au sujet de ce dialogue ».
En référence au jeu de dénonciation pratiqué à Bruxelles, l’eurodéputée Verte Jean Lambert déplore l’attitude des hommes politiques nationaux : « Si c’est une bonne idée, ce sont eux qui l’ont eue ; si elle est mauvaise, alors c’est Bruxelles ». Elle est favorable à davantage de décentralisation dans la communication européenne, jugeant qu’il est « important d’avoir accès aux informations centrales et aux documents clés à un seul et même endroit » et de pouvoir remonter à la source.
Elle a également commenté l’émergence croissante des blogs et appelé à une utilisation responsable de ces plateformes (lire l’article sur Blogactiv).
Sur un ton plus critique, Nigel Farage, eurodéputé britannique et membre du groupe Indépendance et Démocratie, a déclaré « difficile de vendre l’UE », car elle est « incapable de faire face aux défis de la mondialisation ». Il a plutôt insisté sur le fait que l’UE devrait réellement écouter ses citoyens en acceptant le verdit négatif sur le projet de traité constitutionnel européen, rejeté par les électeurs français et néerlandais en 2005. Il a affirmé que le traité modificatif, qui reprend la plupart des dispositions du traité constitutionnel, devrait être soumis à un votre populaire.
Les représentants des médias ont approuvé les résultats de l’enquête sur les médias, qui a révélé que les sources en ligne deviennent de plus en plus importantes pour les journalistes spécialisés en affaires européennes. Quentin Dickinson de Radio France International souhaite une amélioration de la formation des journalistes, soutenue par l’UE, en matière de politiques européennes. Le débat a également démontré l’importance croissante des blogs pour un débat politique européen animé.
Nathalie Lhayani d’EURACTIV France et Radovan Geis d’EURACTIV Slovakia ont expliqué leur façon d’impliquer les parties prenantes nationales en localisant les informations européennes au lieu de se contenter de fournir des traductions.
Plus d’informations sur la conférence sont disponibles sur la plateforme blog d’EURACTIV.
Contexte
Avec la présentation du livre blanc sur la politique de communication européenne en 2006, l’UE tente de s’attaquer au manque de confiance croissant des citoyens dans le projet européen. L’UE a souvent été critiquée pour être bien loin des préoccupations des citoyens, critique que Margot Wallström, vice-présidente de la Commission et commissaire chargée des Relations institutionnelles et de la stratégie de communication, a cherché à aborder dans un récent plan visant à « Communiquer sur l’Europe en partenariat ».
Ce nouveau plan, dévoilé au mois d’octobre, cherche à encourager une meilleure coopération entre les institutions européennes basées à Bruxelles et les gouvernements nationaux pour communiquer sur les politiques européennes avec les citoyens. L’objectif est de regagner le soutien populaire vis-à-vis du projet européen et d’inverser la tendance à la baisse de la participation électorale lors des prochaines élections européennes en 2009.
Plus d'information
EU official documents
- Commission:Speech by Leonard Orban: " EU actors: an important link in building and communicating the European Union"(8 November 2007)
- Commission:Communicating Europe in Partnership(3 October 2007)
- Commission:Speech by Meglena Kuneva
Press articles
- EURACTIV.fr:Les parties prenantes sont essentielles aux débats politiques européens nationaux
- EURACTIV.sk:Decentralizova? a hovori? jazykom ob?anov
- EURACTIV.cz:Zájmové skupiny jsou klí?em k p?enesení evropské diskuse na národní úrove?
- EURACTIV.ro:Cheia' aducerii politicii europene in atentia dezbaterilor la nivel national
- EURACTIV.bg:????????? ????? ???????? ?? ??????? ? ?????????? ?? ???????????? ???????????
- EURACTIV.tr:Payda?lar AB ileti?iminde anahtar rol oynuyor
Surveys and data
Blogs
- BlogActiv:EURACTIV Conference(8 November 2007)
- BlogActiv:Jean Lambert on Blogging(8 November 2007)
- BlogActiv:Willy De Backer - The Delivery Gap(8 November 2007)
- BlogActiv:Video Interview: Conference Background(7 November 2007)

