Les pêcheurs manifestent à Bruxelles contre les prix des carburants [FR]

Etant donné que les ministres européens des Finances réunis au Luxembourg se sont efforcés de trouver une façon de réagir avec énergie face à la hausse des prix du pétrole et des carburants, les pêcheurs européens en colère plaident pour leur cause à Bruxelles.

Lors de la réunion du Conseil pour les Affaires économiques et financières (ECOFIN) le mardi 3 juin, les ministres ont discuté des questions concernant les bénéfices exceptionnels des compagnies pétrolières et des marchés à terme des matières premières, qui sont considérés comme étant à l’origine de la hausse des prix des carburants et des aliments dans le monde.

Les débats ont été associés aux manifestations des agriculteurs, des pêcheurs et des transporteurs routiers en Europe, qui ressentent le fait qu’ils doivent supporter le poids de la hausse des prix des carburants alors que les entreprises pétrolières frôlent les bénéfices supplémentaires.

Ils ont été soutenus par le ministre italien chargé des Finances Giulio Tremonti, qui a proposé une taxe considérable appliquée aux entreprises pétrolières, en affirmant que ce contexte actuel extraordinaire exige des mesures extraordinaires. Une bouteille de champagne est placée au dessus de la pompe à essence et elle s’appelle ‘spéculation’.

La hausse des prix alimentaires, qui est à la base de la détresse financière des citoyens européens aux revenus plus faibles et qui rend les gouvernements de plus en plus impopulaires, doit figurer en haut de l’ordre du jour de la réunion du Conseil européen, le 19 juin à Bruxelles. Néanmoins, les mains de l’UE sont liées parce que les prix des matières premières sont largement commandés par la demande croissante et la spéculation qui se produit à l’étranger. Le potentiel des mesures macroéconomiques est réduit parce qu’actuellement l’inflation record de 3,6% limite la latitude de la BCE concernant toute possibilité de réduction des taux.

D’après les évaluations de l’ONU, la lutte contre la crise alimentaire mondiale s’élèvera jusqu’à 15 milliards d’euros par an, et l’approvisionnement mondial devra augmenter de 50 % d’ici 2030 afin de répondre à la demande croissante.

Cependant, lors de la réunion au Luxembourg, la secrétaire britannique au Trésor Yvette Cooper a suggéré que l’UE devrait baisser les tarifs d’importation appliqués à un ensemble de denrées alimentaires, suite à une mesure identique concernant les céréales imposée au début de cette année. D’après le Financial Times, Mme Cooper a déclaré qu’elle ne voit pas comment l’Europe peut justifier de conserver les prix européens aussi élevés par rapport à ceux des niveaux des marchés mondiaux, lorsque les personnes en Europe se sentent vraiment que leur budget est serré. 

Les ministres des Finances ont encouragé la Commission à davantage réviser les marchés liés aux matières premières et à considérer les réponses politiques visant à limiter la volatilité des prix.

La flambée des prix de l’essence s’élevant à un nouveau montant encore jamais atteint de 135 dollars le 22 mai a mené à la hausse des coûts de production pour les agriculteurs, les pêcheurs et les transporteurs routiers.

Après 30 ans de baisse des prix alimentaires au niveau international, la tendance s’est inversée depuis 2006. Les prix en Europe pour le blé et les produits laitiers ont augmenté de 96% et de 30% respectivement entre septembre 2006 et février 2008. Concrètement, les prix alimentaires actuellement sont toujours en moyenne inférieurs à ce qu’ils étaient dans les années 1980.

  • 3-5 June 2008: FAO Food Summit in Rome debates biofuels and agricultural policies.
  • 4 June 2008:  Fishermen picket EU institutions in Brussels.
  • 19 June 2008: European Council to debate rising food and commodity prices.

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