Les eurodéputés se sont prononcés en faveur d’un fonds de plusieurs milliards d’euros pour stimuler la construction de centrales de démonstration pour le captage et le stockage du CO2. Le Chine, qui dépend du charbon, attendrait actuellement que l’Europe prennent des mesures sur la question. Or les gouvernements européens doivent encore adopter formellement le plan de financement.
Hier 7 octobre, la commission Environnement du Parlement (ENVI) a soutenu deux rapports séparés comportant des amendements qui sont des repères en matière de financement et de développement commercial de la technologie CSC (EURACTIV 08/10/08).
Les eurodéputés ont appuyé un amendement, exposé par l’eurodéputée chrétienne démocrate irlandaise Avril Doyle, qui recommande d’attribuer à titre gracieux jusqu’à 500 millions de quotas d’émission de CO2 à un certain nombre de centrales de démonstration. Ces quotas sont normalement réservés aux nouveaux adhérents au système européen d’échange de quotas d’émission (ETS).
Représentant à peu près 10 milliard d’euros sur le marché actuel du charbon, ce système de financement fondé sur les quotas a été renforcé lorsque les eurodéputés ont appuyé un amendement séparé qui instaurerait une limite d’émission de CO2 aux parcs de centrales électriques.
L’amendement, présenté par l’eurodéputé libéral britannique Chris Davies dans son rapport sur la proposition de la Commission visant à instaurer un cadre juridique européen au stockage géologique du CO2, est supposé obliger les entreprises énergivores à investir dans de la technologie CSC afin de pouvoir respecter les limites d’émission de CO2, notamment pour leurs centrales à charbon.
La question du charbon
Les efforts de l’UE visant à développer des technologies viables commercialement qui pourraient neutraliser les émissions de CO2 des centrales à charbon sont très intéressants pour la Chine.
Ce pays est responsable de 40 % de l’augmentation globale de la demande d’énergie primaire en 2007, une demande qui se compose essentiellement de charbon, selon le rapport statistique 2008de BP sur l’énergie mondiale dévoilé la semaine dernière à Bruxelles.
Selon la plupart des observateurs, il est peu probable que la dépendance au charbon du pays le plus peuplé du monde diminue dans un avenir proche. Pékin dispose d’un nombre limité de solutions pour répondre aux défis qu’implique l’augmentation constante de la demande d’énergie domestique due à des niveaux annuels de croissance du PIB constamment élevés, a indiqué Fabian Zuleeg, analyste politique en chef auprès du European Policy Centre à Bruxelles.
Or, l’utilisation constante du charbon a des conséquences considérables sur le climat et l’environnement, en Chine comme ailleurs. Le retrait des glaciers himalayens ainsi que la demande très élevée en eau ont provoqué une baisse annuelle du niveau de l’eau dans des fleuves essentiels comme le Yangtze, qui nourrit directement ou indirectement des millions de Chinois.
Les dirigeants chinois prennent ce problème très au sérieux et désirent véritablement réduire l’impact des émissions de CO2 sur leur économie, a indiqué Mme Doyle aux journalistes présents hier à Bruxelles. Pékin a également fait pression pour que les dirigeants de l’UE fournissent des réponses claires concernant le lieu de mise sur pied des centrales de démonstration CO2 et la manière dont ces projets vont être réalisés, a-t-elle ajouté.
Parler c’est bien, agir c’est mieux
Reste à voir si le Conseil soutiendra les amendements présentés par Mme Doyle et M. Davies en les intégrant à un accord éventuel sur le paquet climatique avant la fin de l’année. Cependant, les pays de l’UE devraient soit appuyer la position du Parlement sur la question, soit proposer une solution réaliste, a indiqué Mme Doyle, qui a défié hier le Conseil en lui demandant de ne pas seulement parler, mais également d’agir.

