L’UE doit accélérer le rythme pour atteindre les objectifs climatiques, selon un rapport

Bien que les mesures introduites dans le cadre du Pacte vert (European Green Deal) aillent dans la bonne direction, elles ne sont pas suffisantes pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE, indique le rapport de l’Ecologic Institute, basé à Berlin. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

L’UE doit accélérer la mise en œuvre du Pacte vert pour l’Europe si elle veut atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, selon un nouveau rapport de l’Observatoire européen de la neutralité climatique, publié lundi (26 juin).

Le premier rapport de l’Observatoire européen de la neutralité climatique de l’institut de recherche berlinois Ecologic Institute, fournit une évaluation de 13 éléments de base considérés comme essentiels pour atteindre les objectifs de décarbonation de l’UE, dans des domaines allant de l’industrie et de la mobilité à la gouvernance et à la politique étrangère.

Toutefois, bien que les mesures introduites dans le cadre du Pacte vert (European Green Deal) aillent dans la bonne direction, elles ne sont pas suffisantes pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE, indique le rapport de l’Ecologic Institute.

«  Nos conclusions nous rappellent que l’UE doit aller plus vite et améliorer rapidement ses processus de collecte de données et de suivi des progrès, afin que nous ne soyons pas aveugles lorsque nous relèverons le défi global de la transformation en une société climatiquement neutre  », a déclaré Eike Karola Velten, autrice principale du rapport et chargée de recherche à l’Ecologic Institute.

Selon elle, une planification à long terme, un suivi efficace et des interventions politiques ciblées sont les clés d’une transition réussie vers une économie climatiquement neutre.

« L’UE doit réfléchir à la manière dont tous les éléments constitutifs de la société s’imbriquent les uns dans les autres et éliminer les obstacles afin de garantir que les changements structurels essentiels à la création d’une économie climatiquement neutre soient mis en œuvre », a déclaré Mme Velten.

Dans l’ensemble, l’UE a réussi à poser les jalons d’un avenir plus vert, mais elle devra accélérer la mise en œuvre.

Si tous les éléments examinés vont dans la bonne direction, ils n’avancent pas assez vite pour atteindre les objectifs de l’UE. Hormis l’électricité et la gouvernance, qui obtiennent les meilleurs résultats dans l’analyse, les progrès dans les autres domaines sont jugés « trop lents » ou « beaucoup trop lents ».

Il s’agit notamment des technologies d’élimination du dioxyde de carbone (CDR), qui n’ont pas été adoptées à l’échelle souhaitée. Alors que les puits de carbone naturels tels que les forêts sont soumis à une pression accrue en raison du changement climatique, le rôle de la CDR dans la réduction des émissions est confronté à des risques importants, selon le rapport.

La « planification » écologique n'est plus un gros mot

The climate crisis is real, and simply hoping that EU citizens will voluntarily change their ways enough to create the necessary change is idealistic at best. European politicians are coming around to the idea of a more rigorously planned approach, so-called state ‘planification’.

Financement insuffisant

Le financement de l’action climatique est également insuffisant, prévient le rapport, ce qui soulève des inquiétudes pour tous les autres éléments constitutifs qui dépendent d’une augmentation des investissements. Par ailleurs, l’augmentation des subventions aux combustibles fossiles et d’autres mesures d’incitation contre-productives mises en œuvre lors de la crise énergétique de l’année dernière risquent de créer un goulet d’étranglement pour l’ensemble de la transition.

L’adaptation au climat est une autre source d’inquiétude. Alors que l’Europe connaît de plus en plus d’épisodes climatiques extrêmes en raison du réchauffement de la planète, les structures économiques de l’UE et la vie de ses citoyens sont gravement menacées, selon le rapport.

Pour l’avenir, l’Observatoire européen de la neutralité climatique attire l’attention sur les lacunes en matière de données, affirmant qu’un système de surveillance plus solide est nécessaire pour suivre les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs climatiques de l’UE et permettre une révision régulière des politiques existantes.

Le manque d’informations laisse les décideurs dans l’ignorance des obstacles et de la stagnation, ce qui rend d’autant plus nécessaire un cadre de suivi granulaire et à source ouverte, affirme le rapport.

La richesse des nouvelles politiques qui ont été introduites depuis le lancement du Pacte vert est une raison d’être optimiste, mais les chercheurs préviennent que l’UE ne peut pas se permettre d’être complaisante.

« La crise climatique nécessite une approche globale et conjointe pour s’assurer que nous n’atteignons pas seulement nos objectifs d’émissions à court terme, mais que nous préparons également le terrain pour rester sur la bonne voie dans les décennies à venir », a déclaré Aleksander Śniegocki, co-auteur du rapport et PDG du think tank polonais Reform Institute.

La Commission européenne devrait publier sa première évaluation des progrès réalisés en matière de neutralité climatique en septembre prochain.

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