La Commission espère que le groupe de haut niveau sur la sécurité nucléaire et la gestion des déchets établira des normes européennes communes et encourager les investissements dans de nouvelles centrales, tout en apaisant les craintes des Etats membres opposés au nucléaire.
- Une question explosive
Lors d’une conférence de presse du 12 octobre, le commissaire européen à l’Energie, Andris Piebalgs, a déclaré aux journalistes que la première réunion du GHN était caractérisée par un « débat animé » entre les Etats membres.
Piebalgs a reconnu que le changement climatique et la quête d’un avenir à faible teneur en carbone fait du nucléaire une option plus attirante pour un certain nombre d’Etats membres, notamment la Finlande et la France.
Mais certains pays européens, comme l’Irlande, sont encore inquiets des risques d’accidents ou de mauvaise gestion des déchets radioactifs.
Tout en reconnaissant que l’énergie nucléaire est clairement une question du ressort des Etats membres, Piebalgs a déclaré que la Commission ressentait le besoin d’établir ce groupe afin d’accélérer les décisions politiques dans les Etats membres concernant l’adoption ou non de l’énergie nucléaire.
Piebalgs a déclaré que le nucléaire était fait pour durer mais qu’il devait être une énergie sûre et que les gouvernements devaient prendre leur décision dès que possible pour créer un sentiment de certitude pour les investisseurs.
- Nucléaire versus énergie renouvelable ?
Lors d’un récent entretien avec EURACTIV, Matthias Ruete, directeur général de la DG Energie et transports de la Commission, a déclaré que dans certains Etats membres, l’augmentation de l’utilisation des énergies renouvelables compenserait simplement l’abandon progressif du nucléaire.
M. Ruete a également mentionné que la Commission envisage des mécanismes commerciaux pour les énergies renouvelables afin d’atteindre l’objectif de 20 % d’utilisation des énergies renouvelables d’ici 2020.
Les propos de la Commission ont alarmé certains Etats membres, notamment l’Allemagne, qui craint que la Commission ne fasse pression pour augmenter le commerce énergétique, tout en abandonnant progressivement les tarifs de rachat. Les groupes en faveur de la protection de l’environnement et des énergies renouvelables s’opposent également à l’utilisation accrue de l’énergie nucléaire pour réduire les émissions de CO2.
M. Piebalgs a répondu à ces préoccupations lors de la conférence de presse, en déclarant que le nucléaire et les énergies renouvelables sont des questions différentes et que la Commission examine encore toutes les options. La Commission soutiendra l’utilisation accrue des énergies renouvelables de la manière la plus rentable, a-t-il ajouté.

