Promesse de compromis sur l’interconnexion électrique franco-espagnole [FR]

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Les dirigeants français et espagnols ont promis de progresser sur le projet, actuellement au point mort, visant l’interconnexion électrique de la France et de l’Espagne par les Pyrénées, suite à un rapport préliminaire présenté par l’ancien commissaire européen à la Concurrence, Mario Monti.

Pour la Commission, la connexion des réseaux électriques français et espagnols revêt une importance stratégique considérable pour la réalisation d’un marché énergétique commun, ainsi que pour la région franco-espaganole. L’Espagne a un intérêt stratégique particulier à se connecter à un réseau énergétique européen plus important afin de sécuriser ses futurs approvisionnements en énergie. 

Pourtant, au cours des 25 dernières années, aucune nouvelle interconnexion électrique n’a été mise en place à travers les Pyrénées et le projet a été suspendu par le gouvernement français en 1997, suite aux nombreuses manifestations des groupes écologistes. 

Lors d’un sommet franco-espagnol le 10 janvier, le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero ont promis de réexaminer le projet et de trouver un compromis d’ici le 30 juin 2008. 

Cependant, des doutes subsistent sur la probabilité de parvenir à un compromis, dans la mesure où les communautés locales des deux côtés de la frontière pyrénéenne et de la Catalogne sont fermement opposées à ce projet. 

Les inquiétudes concernent l’impact potentiellement destructeur de la construction d’infrastructures électriques sur les communautés locales et les zones sensibles. Les organisations civiles locales ont préparé des campagnes très organisées pour contester ce projet, affirmant avoir reçu des justifications insuffisantes pour la construction des lignes à haute tension nécessaires. 

Le projet est également affecté par des problèmes de financement et de planification. Le niveau des subventions publiques attribuées au deux principales entreprises – RTE (Réseau de transport électricité) et REE (Red Electrica de Espana) – reste en effet à déterminer, tout comme la question de l’emplacement exact des futures lignes électriques. 

En septembre 2007, Mario Monti avait été désigné comme l’un des quatre coordinateurs européens des projets d’infrastructure énergétique confrontés à des difficultés techniques, politiques ou financières. L’ancien commissaire avait été nommé dans l’espoir qu’il pourrait agir comme un intermédiaire et donner une nouvelle impulsion à l’entreprise conjointe restée en suspens. 

Le rapport de M. Monti fait état d’une dynamique positive au cours des discussions avec les responsables nationaux et locaux, notamment à un haut niveau des gouvernements français et espagnol.

En revanche, le rapport mentionne également que l’opposition locale reste forte. De plus, il critique la France et l’Espagne pour le manque d’information sur la nécessité de ce projet, ainsi que pour l’échec de la création d’un mécanisme commun de coordination, laissant les deux parties travailler séparément de chaque côté de la frontière. 

Insistant sur l’augmentation significative de la demande en électricité des deux côtés de la frontière franco-espagnole, M. Monti avertit que si l’interconnexion n’est pas réalisée, la péninsule ibérique risque de devenir une « île », coupée du potentiel et de l’approvisionnement en électricité du reste du continent européen. 

Pour une couverture approfondie de cet article, lire également EURACTIV France 

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