Secteur éolien confiant malgré des lacunes en trésorerie et en compétences [FR]

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Les fabricants européens de turbines éoliennes sont confrontés à des coûts de plus en plus élevés des matières premières, un manque d’employés qualifiés et des investissements insuffisants dans les réseaux électriques et les nouveaux parcs éoliens, les taux de croissance records des années précédentes devant se stabiliser. Cependant, le secteur reste confiant et estime qu’il pourra atteindre les objectifs européens en matière d’énergies renouvelables.

Vents forts

Le secteur de l’énergie éolienne connaît une croissance impressionnante depuis 2000 et notamment depuis le milieu de la décennie. Selon le baromètre EurObserv’ER, l’Observatoire européen des énergies renouvelables, la capacité éolienne en Europe a augmenté de 19% pour la seule année de 2006, le marché énergétique mondial éolien de 32%, soit approximativement un niveau de 15 000 mégawatts.

Selon le baromètre EurObser’ER, en 2007, les chiffres mondiaux de la croissance pour le secteur étaient même supérieurs à ceux de 2006, mais la part européenne dans le marché mondial a décliné. De plus, les Etats-Unis détiennent la première place et les pays en développement en Asie et dans le sous-continent indien réalisent des progrès considérables. La Chine compte notamment devenir le numéro un mondial dans le domaine de la fabrication de turbines éoliennes (EURACTIV 15/11/07).   

Goulet d’étranglement ?

Par conséquent, les taux de croissance en Europe devraient se stabiliser au cours de la prochaine période. Christian Kjaer, le directeur de l’Association européenne pour l’énergie éolienne (EWEA) a déclaré qu’il ne s’attendait pas à voir une croissance soutenue pendant les prochaines années, ou du moins pas au même taux que les années précédentes.

Des restrictions structurelles peuvent être un élément du problème.

Selon Ulf Gerder de l’Association allemande pour l’énergie éolienne (BWE), en Allemagne, par exemple, la croissance ralentit en raison de l’insuffisance de l’infrastructure du réseau électrique, des investisseurs frileux et d’une hausse du coût des matières premières, notamment pour le cuivre et l’acier.

La BWE presse Berlin d’augmenter les prix d’approvisionnement national de l’énergie éolienne produite sur terre de 9,6 cents par kilowattheure. Selon M. Gerder, le taux actuel de huit cents proposé par le gouvernement n’est pas suffisant pour convaincre les banques d’augmenter les fonds nécessaires aux développement de nouveaux parcs éoliens ou pour étendre les réseaux électriques.

Le capital humain

Un manque de techniciens et d’ingénieurs qualifiés pèsent également lourds dans le secteur industriel. Selon M. Kjaer, qui a cité les exemples des groupes qui sont tout simplement incapables de pourvoir des dizaines de postes de travailleurs qualifiés, trouver suffisamment de travailleurs qualifiés est un défi gigantesque en Europe.

Il ajoute que l’Europe a besoin de former beaucoup plus de personnel technique et d’ingénieurs pour maintenir sa position de numéro un mondial dans le secteur de l’énergie éolienne.

S’attaquer aux objectifs

La Commission veut que l’éolien fournisse 12% de la capacité énergétique européenne d’ici 2020, par rapport au chiffre actuel de 3,7%. Pour atteindre ce sous objectif, 9,5 gigawatts de la nouvelle capacité énergétique éolienne a besoin d’être installés chaque année pendant les 12 prochaines années. 

Etant donné les défis auxquels le secteur est confronté et la croissance qui devrait ralentir, craignent que le secteur industriel n’atteigne pas l’objectif. En 2007, seulement 8,5 gigawatts avaient été installés. 

Néanmoins, le secteur éolien reste optimiste. Selon M. Kjaer, accroître le rendement de l’énergie éolienne de 1% chaque année par rapport aux années précédentes ne mettra pas le marché européen à rude épreuve.

Cependant, il admet également que la demande mondiale en hausse puisse influencer la situation. Alors que la plupart des turbines vendues et installées dans le monde sont toujours construites par des entreprises européennes au sein même des frontières européennes, il se peut que la situation soit sur le point de changer.

Une nouvelle administration présidentielle américaine peut très bien être en mesure de présenter une politique plus favorable aux énergies renouvelables aux Etats-Unis. D’autre part, la demande de la Chine et de l’Inde ont peu de chances de diminuer. Selon M. Kjaer, les entreprises européennes pourraient être motivées pour travailler à l’extérieur des frontières européennes où la production est meilleur marché, où plus d’ingénieurs sont disponibles et les consommateurs plus proches. Plusieurs experts reconnaissent qu’un tel scénario est très vraisemblable si un taux de change élevé de l’euro provoque une hausse importante du prix de la production de turbines en Europe. 

Le commissaire européen à l’Energie, Andris Pieblags, a donné son vote de confiance à l’industrie pendant la Conférence européenne pour l’énergie éolienne en 2008 (EWEC 2008), l’événement phare de l’industrie qui a lieu chaque année à Bruxelles.

Selon lui, jusqu’à présent l’énergie éolienne a donné des résultats les plus prometteurs comparées à toutes les technologies renouvelables, avec 57 GW de la capacité totale installée dans l’UE à la fin 2007. Afin de s’assurer que cette tendance se poursuive, ils ont besoin d’avoir un cadre législatif européen sûr et avantageux.

De nombreux délégués à la conférence ont appelé à l’adoption d’un cadre législatif avantageux visant à stimuler les investissements et à empêcher les industries de s’installer à l’étranger et à empêcher un ralentissement en Europe.   

La plupart des partisans des énergies renouvelables approuvent que les prix d’approvisionnement sont le meilleur moyen de stimuler le secteur. Cependant, un certain nombre de petits Etats membres, dont le potentiel éolien, solaire ou hydro est limité, préfèrent échanger des certificats d’énergie renouvelable virtuels afin de réaliser leurs objectifs.

Des délégués de l’EWEC, tels que les eurodéputés Britta Thompsen et Claude Turmes veulent également que la Commission impose des sanctions plus dures sur ces Etats membres qui ne réussissent pas à réaliser leurs objectifs. 

Cependant, la Commission estime que le régime actuel est suffisant puisque les Etats membres sont confrontés à des défis juridiques s’ils ne respectent pas la réglementation.  

Le 23 janvier, la Commission a présenté une nouvelle législation sur les énergies renouvelables, faisant figurer des hausses des pourcentages que chaque Etat membre doit respecter (voir EURACTIV 24/01/08  et notre LinksDossier sur les énergies renouvelables).

Les propositions ont été largement saluées par le secteur des énergies renouvelables malgré les préoccupations selon lesquelles une utilisation excessive de l’échange de certificats d’énergie renouvelable puisse nuire aux plans actuels d’appui financier au niveau national. 

  • Fin 2008 : la présidence française de l’UE espère parvenir à un accord sur les propositions de la Commission en matière d’énergies renouvelables ainsi qu’un accord sur le paquet  énergie climat plus large de l’UE.  

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