Thierry Breton soutient de vive voix la future « Charte solaire » de l’UE

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a exprimé son soutien, mardi (9 avril), à la Charte solaire européenne, qui sera signée lundi prochain (15 avril) et aura pour ambition de stimuler le soutien aux fabricants de panneaux solaires des États membres de l’UE.

Les panneaux solaires sont devenus indispensables à la transition énergétique de l’Europe. En 2023, l’UE a installé 56 GW de capacités solaires. Et pourtant, face à la concurrence étrangère, les fabricants européens ont du mal à vendre leurs produits.

Le meilleur allié de l’industrie européenne semble être le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, qui a déclaré, devant les eurodéputés de la commission parlementaire Industrie et Énergie (ITRE), que l’UE « a besoin d’une politique commerciale qui accorde plus d’attention aux distorsions du marché, notamment celles causées par la Chine ».

Soulignant sa préférence pour les produits fabriqués en Europe, M. Breton a confirmé que l’UE signerait lundi prochain (15 avril) une « Charte solaire », document engageant les États membres de l’UE et la Commission à soutenir leurs producteurs nationaux.

Une vingtaine de ministres de l’Énergie de l’UE devraient signer le document — qui fait écho à un document similaire en soutien à l’industrie éolienne signé par 26 pays en décembre dernier — en marge d’un conseil « Énergie » réunissant les 27 ministres compétents de l’UE.

Industrie solaire : le protectionnisme européen pas à l’ordre du jour ?

Pour répondre à la crise à laquelle l’industrie de l’énergie solaire de l’UE est confrontée, l’imposition de droits de douane sur les panneaux chinois semble ne pas être à l’ordre du jour.

Le projet de charte, consulté par Euractiv, souligne le besoin d’une « chaîne de valeur solaire européenne résiliente, durable et compétitive » et demande aux gouvernements nationaux de soutenir les nouvelles usines solaires et d’aider à maintenir celles qui existent déjà.

Les pays de l’UE sont également invités à encadrer les enchères et les marchés publics pour les projets solaires, qui peuvent se prévaloir de critères non tarifaires tels qu’une « conduite responsable des entreprises ». Ces critères sont notamment codifiés dans le règlement pour une industrie « zéro net » (Net-Zero Industry Act, NZIA, en anglais), sur lequel les législateurs voteront le 23 avril avant qu’il n’entre en vigueur courant de l’année.

La charte appelle également la Commission à demander un soutien supplémentaire de la part de la Banque européenne d’investissement (BEI) et à examiner si les projets solaires désignés peuvent contourner les règles relatives aux aides d’État.

En outre, la charte demande à l’exécutif de l’UE « d’évaluer toutes les preuves de pratiques déloyales présumées avancées par l’industrie ou par d’autres sources indépendantes ». Un point qui devrait être soutenu par M. Breton, qui a annoncé la semaine dernière une enquête sur deux entreprises chinoises du secteur de l’énergie solaire.

« La Charte solaire de l’UE sera aussi forte que les actions qu’elle inspirera », a déclaré Dries Acke, directeur politique de l’association industrielle SolarPower Europe, ajoutant que l’industrie « a besoin de mesures concrètes pour soutenir les fabricants rapidement, en particulier via des systèmes de primes de résilience pour les panneaux solaires photovoltaïques sur les toits, comme cela a été discuté en Allemagne et en Autriche ».

Suivi en France

En France, le gouvernement a annoncé vendredi (5 avril) en grande pompe le lancement d’un « pacte solaire». L’objectif, dans le sillage de Bruxelles, est de stimuler la production de panneaux photovoltaïques en France et d’augmenter, par la même, le rythme du déploiement sur le territoire.

L’objectif est de « produire en France d’ici 2030 40% des panneaux photovoltaïques que nous utilisons », a affirmé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, accompagné lors de son déplacement à Manosque dans le sud-est de la France par son ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie, Roland Lescure.

NZIA : l’UE adopte sa loi pour stimuler une industrie européenne propre

Le Parlement européen et les États membres se sont mis d’accord mardi (6 février) pour stimuler la production de technologies vertes, dont le nucléaire, et en privilégiant le contenu européen des projets en la matière, dans le cadre du règlement Net zero industry Act (NZIA).

[Édité par Paul Messad]

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire