Troisième option dans le débat sur la libéralisation de l’énergie [FR]

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Alors que les ministres de l’Energie préparent une réunion potentiellement tendue le 3 décembre, la Commission et la présidence portugaise ont demandé aux pays européens opposés aux propositions sur la séparation de la propriété dans le secteur du gaz et de l’électricité de présenter des solutions alternatives détaillées.

La présidence portugaise a préparé un rapport d’étape  pour le Conseil Energie de la semaine prochaine, soulignant les positions des Etats membres sur les propositions de la Commission visant à libéraliser davantage les marchés énergétiques.

Le rapport confirme l’opinion largement répandue parmi les Etats membres dont les secteurs de l’énergie ne sont pas encore totalement libéralisés, selon laquelle les propositions de la Commission ne sont pas satisfaisantes car elles interfèrent avec les droits de la propriété des grandes compagnies énergétiques intégrées.

Le groupe – mené par la France et l’Allemagne et comprenant également l’Autriche, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, la Lettonie, le Luxembourg et la Slovaquie – affirme qu’aucune des deux options de la Commission n’est suffisamment attirante pour gagner leur soutien. 

D’après le rapport, plusieurs Etats membres remettent en question la proportionnalité des propositions présentées sur la séparation de la propriété – ou l’ISO –, qu’ils considèrent comme une violation des droits de la propriété. Il souligne que l’option ISO proposée ne peut donc pas être présentée comme une solution alternative satisfaisante à la séparation complète de la propriété.

Le rapport ajoute que la Commission et la présidence ont été invitées à présenter une solution alternative concrète.

João Amado, un responsable dans le domaine de l’énergie pour la représentation permanente du Portugal à Bruxelles, a déclaré que cette invitation avait déjà été faite explicitement à plusieurs reprises lors des réunions du groupe énergie du Conseil depuis octobre. 

D’après un diplomate d’un pays menant l’opposition sur la séparation de propriété, un certain nombre de pays ne veulent aucune des deux options proposées. L’option ISO n’attire personne, explique-t-il, ajoutant que personne n’est prêt à mourir pour l’ISO. 

Selon lui, la Commission doit accepter de revoir sa position. 

Les ministres de l’Economie de neuf pays réticents ont déjà envoyé une lettre commune à la Commission le 30 juillet, stipulant que l’idée selon laquelle la séparation complète de la production et de la distribution est la seule clé du développement du marché énergétique intérieur pour le gaz et l’électricité devrait être évitée. 

Les leaders en faveur de la séparation sont le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Ils sont soutenus par la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la Roumanie et la Suède. L’Estonie, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lituanie, Malte, la Pologne, le Portugal, la République tchèque et la Slovénie, prochaine présidence de l’UE, restent indécis. 

Une troisième option, appelée « dissociation régulée », a déjà été présentée au sommet européen de Bruxelles en mars. Ce système impliquerait qu’un régulateur indépendant fixe les prix pour l’accès aux réseaux énergétiques et examine les décisions en matière d’investissements. 
Mais personne ne sait encore exactement en quoi une telle mesure diffèrerait de l’option ISO proposée par la Commission

Dans des propositions révélées le 19 septembre, la Commission a laissé deux options aux Etats membres pour qu’ils achèvent le processus de libéralisation du secteur européen du gaz et de l’électricité :

  • Obliger les grandes compagnies énergétiques à se défaire de leurs actifs de distribution d’électricité et de stockage du gaz afin de séparer ces activités de la production d’énergie ( « séparation de la propriété »), ou ;
  • Permettre aux entreprises de conserver la propriété de leurs éléments d’actifs de distribution mais laisser la gestion à un Opérateur indépendant de système (ISO) chargé des décisions d’investissement et commerciales.

La Commission a déjà clairement fait savoir qu’elle privilégiait l’option de la « séparation de propriété », en affirmant qu’une mesure drastique est nécessaire pour garantir un accès non discriminatoire aux réseaux d’énergie pour les plus petites entreprises désireuses d’entrer dans des marchés dominés par des géants énergétiques verticalement intégrés, comme EDF en France et E.ON en Allemagne.

Elle a reconnu que l’option ISO était un pas en arrière mais qu’elle permettrait de parvenir aux mêmes résultats en imposant une réglementation plus stricte.

  • 3 déc. 2007 : le Conseil Energie discutera du rapport de progrès de la présidence portugaise sur le troisième paquet énergie.
  • La troisième option sera présentée début 2008.
  • Si les négociations se déroulent comme prévues, un accord politique sur le troisième paquet énergie pourrait être conclu sous la présidence française, au second semestre de 2008.

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