UE et Russie : la ruée vers le gaz nigérian [FR]

Mercredi 17 septembre, la Commission a intensifié sa quête de diversification de l’approvisionnement en énergie de l’UE en offrant un soutien financier et politique à un gazoduc transsaharien de 15 milliards d’euros destiné à fournir les marchés européens en gaz nigérian.

Cette initiative survient suite à la signature par le géant russe de l’énergie Gazprom d’une déclaration d’intention avec la National Petroleum Corporation nigériane à Moscou la semaine dernière. Selon des communiqués de presse, ce document vise à développer la coopération sur l’exploration, la production et le transport du gaz. 

Les initiatives de Bruxelles et de Moscou, qui sont intervenues au même moment, illustrent la ruée vers les ressources naturelles. Cette ruée s’explique par une demande énergétique en croissance constante, alimentée par la croissance continue de l’économie mondiale.

Selon Ferran Tarradellas, porte-parole du commissaire européen à l’Energie Andris Piebalgs, qui se trouvait la semaine dernière au Nigéria, ce pays pourrait devenir un partenaire important des efforts de diversification de l’UE. 

M. Tarradellas a indiqué à EURACTIV que les Nigérians avaient fait part de leur grand intérêt à l’égard du projet. D’autant plus que le gazoduc leur permettrait de livrer du gaz sur leur marché intérieur grâce aux 1 050 km de pipelines qui s’étendraient sur le territoire nigérian. Il semblerait que Sonatrach, le groupe énergétique national algérien, soutienne également le gazoduc.

Cependant, M. Tarradellas a indiqué qu’il était trop tôt pour faire une quelconque promesse budgétaire officielle pour l’instant, ajoutant que la Commission européenne avait les moyens de financer des études de faisabilité mais pas des projets entiers. Il a expliqué que la Banque européenne d’investissement pourrait aider au financement de la construction mais les fonds devraient provenir principalement du secteur privé. M. Tarradellas a ajouté que les compagnies pétrolières européennes, notamment Shell, Total et ENI, ont considérablement investi au Nigeria et sont susceptibles d’investir davantage. 

Les 4 300 km de gazoduc prévus parcourraient le Nigéria, le Niger et l’Algérie, où le gaz serait ensuite expédié en Espagne et en Italie par les gazoducs Medgaz et Galsi, actuellement en phase de conception ou de construction. Selon le plan initial du projet, la capacité du gazoduc irait de 20 milliards de m3 de gaz par année en 2015 à 30 milliards en 2030. Selon ce plan, la construction débuterait en 2011 et les premières livraisons devraient avoir lieu en 2015.

M. Tarradellas a rejeté les suggestions selon lesquelles la participation de Gazprom créerait des problèmes pour l’UE. Il a déclaré que la présence d’ExxonMobil au Nigéria ne lui posait aucun problème, ajoutant que Gazprom cherchait également à diversifier son approvisionnement. M. Tarradellas a indiqué que si la compagnie Gazprom investissait, elle était libre de le faire et qu’il ne voyait pas pourquoi cela lui poserait problème. Selon lui, le gaz est un produit qui doit être régulé par les règles du marché.

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