Un eurodéputé allemand « réinvente » les fonds de politique régionale

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L'eurodéputé Michael Theurer, le porte-parole des libéraux allemands sur les questions régionales, réclame un remaniement urgent des fonds structurels et de cohésion. Un reportage d'EURACTIV Allemagne.

L’Allemagne est l’État qui contribue le plus au budget de l’UE, tandis que les fonds de politique régionale sont habituellement dépensés pour les pays plus pauvres (voir « Background »). Mais M. Theurer est partisan d'un remaniement de la politique régionale par le biais de l’adoption d’une approche plus novatrice qui serait, selon lui, dans l’intérêt commun.

Changement de mentalité

Theurer affirme être en faveur d’une aide structurelle pour le développement macroéconomique régional mais il souhaite voir une évolution de l’importance des fonds structurels et de cohésion. La compétitivité et la capacité d’innovation des PME, ainsi que le transfert de technologie de la science à l’économie, doit se placer au centre du financement régional futur.

L’eurodéputé allemand insiste également sur la nécessité de meilleures évaluations de l’impact de l’aide structurelle sur l’ensemble de l’économie. Selon lui, l’aide structurelle est un « instrument très ingénieux » puisqu’il touche aux origines des déséquilibres et promeut la compétitivité.

Cependant, les PME ne reçoivent qu’environ 10 à 20 % des fonds issus des programmes de recherches gérés de manière centralisée, ce qui est vraiment trop peu, déclare-t-il. Il soutient que l’aide régionale, lorsqu’elle est dépensée de manière appropriée, constitue toujours une aide pour les PME.

Selon l’eurodéputé allemand, une utilisation bien plus efficace de l’aide structurelle est possible et souhaitable pour la période post-2013, qui sera couverte par le nouveau cadre financier pluriannuel de l’Union européenne.

Synergie avec la Commission ?

La Commission européenne cherche également à améliorer l’efficacité de l’aide régionale et voit la politique régionale comme un outil unique qui pourra permettre d’atteindre les objectifs de la stratégie « Europe 2020 » de l’UE.

Dirk Ahner, directeur général du service politique régionale de l’UE, a brièvement exposé sa vision à EURACTIV Allemagne. Il a appelé à rationaliser les efforts sur les sujets prioritaires et souhaite également accorder plus de prêts que de subventions pour permettre au financement d’être recyclé en ce que l’on appelle des « fonds renouvelables ».

Selon lui, cela permettrait une utilisation maximale des fonds existants, sans exiger de contributions nationales supplémentaires.

Il y a fort à parier que les débats concernant le future du budget de l’UE causeront beaucoup de controverses dans les mois à venir. La Pologne, en particulier, affirme que la meilleure utilisation de l’argent européen s’effectue dans le cadre des fonds structurels.
« Il va être très compliqué d’expliquer aux Polonais que donner de l’argent à la Chine pour combattre le changement climatique constitue une meilleure utilisation de l’argent de l’UE », a prévenu un représentant polonais.

L’Union européenne a beau être l’une des plus riches zones du globe, elle affiche néanmoins de grandes disparités internes quant aux revenus et aux opportunités entre ses régions. Par le biais de sa politique régionale, l’UE transfère des ressources issues des régions riches vers les zones plus pauvres. Le but est de moderniser les régions en difficulté pour qu’elles puissent rattraper leur retard par rapport au reste de l’Union.

Au cours de la période 2007-2013, les dépenses régionales représenteront 36 % du budget de l’UE. En termes d'argent, cela équivaut à des dépenses d’un montant de 350 milliards sur sept ans. L’efforts se concentre sur trois objectifs : convergence, compétitivité et coopération, qui sont regroupés dans ce qui est désormais appelé « politique de cohésion ».

La priorité est mise sur les États membres de l’Europe de l’est et centrale, ainsi que sur les régions des autres pays de l’UE qui ont des besoins spécifiques. Bien qu’ils représentent mois d’un quart de l’ensemble de la population de l’UE, les 12 pays ayant rejoint l’union depuis 2004 recevront 51 % des dépenses régionales totales entre 2007 et 2013.

  •    Juin 2011: la Commission doit présenter les propositions pour le budget à long terme relatif à la période post-2013.

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