Le Kazakhstan mettra fin à l’utilisation du charbon à partir de 2050

L’objectif de neutralité carbone du Kazakhstan a été confirmé ; une réduction de l’utilisation du charbon de 30 % d’ici 2030 ainsi que la création d’un centre régional pour le climat ont également été annoncées. [Handout photo]

Le Kazakhstan vise la neutralité carbone d’ici 2060, ce qui implique d’augmenter la part des énergies renouvelables à 83 % et de mettre fin à la production de chaleur à partir du charbon après 2050. C’est ce qu’a déclaré Serikkali Brekeshev lors d’un entretien avec EURACTIV.

Serikkali Brekeshev est ministre de l’Écologie, de la Géologie et des Ressources naturelles de la République du Kazakhstan. Il a accepté de répondre aux questions écrites du rédacteur en chef d’EURACTIV, Georgi Gotev.

Alors que la COP26 est en cours à Glasgow, j’aimerais vous interroger sur les objectifs et les caractéristiques de la politique « verte » de la République du Kazakhstan.

En 2020, notre chef d’État a annoncé son intention de parvenir à la neutralité carbone de la République du Kazakhstan d’ici 2060. Pour mettre en œuvre cet objectif, une Doctrine sur le long terme est en cours d’élaboration. Cette dernière décrit la vision pour le développement d’une économie à faible émission de carbone du Kazakhstan d’ici 2060 et détermine les modalités de la transition énergétique, de l’attraction des investissements et de l’élimination progressive du charbon.

Dans le cadre de cet objectif à long terme, à partir de 2040, nous prévoyons d’utiliser activement des technologies à faible émission de carbone, telles que le captage et le stockage du carbone. Cela aura pour but d’augmenter la part des sources d’énergies renouvelables à 83 % d’ici 2060 et de mettre fin à la production de chaleur à partir de charbon après 2050. De même, dans le secteur de l’agriculture et de l’aménagement du territoire, nous prévoyons de passer à une agriculture 100 % durable et de produire des produits entièrement biologiques.

Dans le cadre de nos objectifs à moyen et à court terme, nous nous efforçons d’améliorer le marché du carbone, notamment le système d’échange de droits d’émission et l’introduction d’une taxe sur le carbone. D’ici 2030, nous prévoyons d’augmenter la part des sources d’énergies renouvelables à 24 % au lieu des 10 % prévus initialement et de réduire la part de la production basée sur le charbon qui est actuellement de 69 % à 40 % d’ici 2030. D’ici 2025, 2 milliards d’arbres seront plantés, ce qui permettra d’absorber plus de 20 millions de tonnes d’émissions de CO2 d’ici 2030. Ces mesures permettront d’atteindre progressivement les objectifs de l’Accord de Paris et d’apporter la contribution du Kazakhstan à la lutte mondiale contre le changement climatique.

Comment pouvez-vous décrire les synergies entre le Kazakhstan et l’UE en termes de politiques de protection de l’environnement ?

Nous travaillons en étroite collaboration avec les États membres de l’UE dans le domaine de la protection de l’environnement, notamment en ce qui concerne la réglementation des émissions de gaz à effet de serre et la convergence des deux systèmes d’échange de droits d’émission. Le Kazakhstan coopère avec l’UE dans le cadre de deux programmes de la Commission européenne, à savoir l’instrument d’assistance technique et d’échange d’informations (TAIEX) et le programme de jumelage (Twining). Ces derniers fournissent une assistance technique et des services d’experts au Kazakhstan pour l’harmonisation des deux systèmes, l’établissement d’un même prix du carbone et l’amélioration de la performance de l’instance chargée de la vérification.

Quelle est l’opinion du Kazakhstan sur le Pacte vert de l’UE ?

Le Pacte vert de l’UE prévoit l’introduction d’une taxe carbone aux frontières sur les produits importés (acier, fer, aluminium, engrais et électricité). L’objectif principal de ce mécanisme est de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs de l’économie émettant le plus de carbone. À cet égard, le Kazakhstan introduira une politique systématique de réduction de ses taux d’émissions au niveau de ceux de l’Union européenne et réglementera les prix du carbone.

Une période de transition de trois ans est envisagée dans le cadre de l’introduction de la taxe carbone aux frontières. Elle permettra de collecter des données sur les émissions de gaz à effet de serre auprès des exportateurs. Nous travaillons actuellement à améliorer la transparence et la qualité de la validation et de la vérification, de l’inventaire et de la déclaration des émissions dans le cadre des règles du nouveau code environnemental et de la coopération internationale avec l’IRENA, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ainsi que d’autres institutions.

Qu’attend le Kazakhstan de la COP26 à Glasgow ?

Le Premier ministre de la République du Kazakhstan, Aksar Mamin, a participé à la COP26. L’objectif de neutralité carbone du Kazakhstan a été confirmé, une réduction de l’utilisation du charbon de 30 % d’ici 2030 ainsi que la création d’un centre régional pour le climat ont également été annoncées.

Nous prévoyons d’accueillir des événements nationaux et régionaux au pavillon de l’Asie centrale. Cela permettra de participer plus efficacement aux négociations mondiales sur le climat et de montrer à la communauté internationale que les pays d’Asie centrale sont prêts à contribuer et à faire entendre leurs besoins et leurs plans de développement futurs.

Nous souhaitons également faire une déclaration régionale au nom des pays d’Asie centrale. La déclaration régionale reflétera notre engagement à atteindre l’objectif de l’Accord de Paris, en abordant la vulnérabilité face au changement climatique et la nécessité d’une coopération pour s’y adapter.

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