Efficacité énergétique : l’enjeu de la production

57b4c015aa846a027a2613dca562b216.jpg

Les efforts de l’Europe pour améliorer son efficacité énergétique se sont jusqu’à présent surtout concentrés sur l’amélioration de la maitrise de l’énergie dans les utilisations finales. La réduction des pertes lors de la production et de la fourniture d’énergie a été largement ignorée.

Méthode de production

Environ 30 % de la consommation d’énergie primaire est consommé par le secteur énergétique, à la fois pour transformer l’énergie en électricité et en chaleur et pour la distribuer.

L’exécutif européen s’est engagé à tenter de trouver une solution pour récupérer les pertes de chaleur provoquées par les processus de production électrique et industrielle.

Potentiel d’économie

« Le potentiel d’économies de l’énergie non utilisée est loin d’être épuisé et pourrait couvrir une part considérable des besoins en énergie thermique de l’Europe », peut-on encore lire dans le Plan pour l’efficacité énergétique, qui mentionne la nécessité d’utiliser davantage des techniques telles que la cogénération, les chauffages et la climatisation urbains, ainsi que les systèmes de production combinée de chaleur et d’électricité afin d’aider l’Europe à atteindre ses objectifs.

La Commission veut également renforcer la base légale permettant aux régulateurs nationaux de tenir compte de l’efficacité énergétique dans leurs décisions et dans le suivi de la gestion et de l’exploitation des réseaux et marchés du gaz et de l’électricité.

Selon le plan, les priorités en termes d’efficacité énergétique devraient également être reflétées dans les normes et tarifs des réseaux.

Les méthodes de production plus propres et les nouvelles technologies pourraient permettre de gagner en efficacité et potentiellement mener vers une production d’énergie plus durable. Il s’agit notamment :

  • d’opérer un changement dans le secteur énergétique européen, en passant du charbon au gaz naturel par exemple ;
  • d’optimiser l’efficacité des centrales électriques du continent ;
  • de produire de manière combinée chaleur et électricité, soit à petite échelle dans des projets résidentiels, soit à plus grande échelle dans des installations industrielles ;
  • de développer les technologies liées aux réseaux intelligents, ce qui pourrait influencer le comportement des consommateurs en fournissant des données continues sur la consommation d’énergie des bâtiments.

Les réseaux et compteurs intelligents serviront de base à l’élaboration d’appareils spécifiques, comme des congélateurs qui dégivrent la nuit, lorsque l’électricité est moins chère.

Smart grids

Les technologies intelligentes peuvent détecter les problèmes de chauffage, de climatisation et des systèmes de gestion d’énergie de manière précoce en fournissant des données accessibles dans les bâtiments résidentiels ou commerciaux. Elles sont également essentielles aux systèmes électriques à faible émission de carbone et à l’existence d’une plus grande part d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique européen et à la démocratisation des voitures électriques.

La feuille de route 2050 de la Commission pour une économie faible en carbone compétitive oblige les États à équiper au moins 80 % des consommateurs finaux en compteurs électriques intelligents d’ici 2020.

Mais l’idée doit encore faire son chemin sur le continent et de nombreux États ne disposent pas encore, ou presque pas, du cadre nécessaire à leur développement.

En France, le compteur communicant Linky devrait être généralisé bientôt. Selon la commission de régulation de l’énergie, une généralisation rapide de Linky "serait très favorable à l’industrie française", car la France est en avance par rapport à ses concurrents.

Mais les bénéfices pour le consommateur de ce compteur font débat en France.

La maîtrise de l’énergie doit être l’un des objectifs de ces compteurs, selon les textes européens. Et le ministre français de l’Energie Eric Besson affirme que celle-ci sera prise en compte dans le déploiement de Linky. Reste à savoir comment. Pour l’heure, le gestionnaire de réseau de transport (ERDF) renvoie la balle aux fournisseurs d’électricité, qui devront, selon l’entreprise, permettre au consommateur d’avoir accès aux données relatives à leur consommation. 

Performance des centrales

L’amélioration de l’efficacité des centrales électriques pourrait jouer un rôle crucial dans la transition vers une économie faible en émissions de carbone. La Commission européenne estime que l’industrie pourrait éliminer presque totalement les émissions de dioxyde de carbone d’ici 2050, alors que la part de technologies faibles en carbone dans le bouquet énergétique européen devrait passer de 45 % aujourd’hui à 60 % en 2020.

A long terme, les centrales électriques utilisant des combustibles renouvelables et d’autres options de combustion plus écologiques font partie de la solution. Mais, dans le même temps, il est également possible de prendre des mesures pour améliorer les performances des générateurs électriques existants.

La mise à niveau des technologies, le contrôle des performances, et la réduction du nombre de fois où une centrale est mise en route et arrêtée sont trois manières d’améliorer l’efficacité d’une centrale électrique. Minimiser les fuites et les pertes pourrait également améliorer le rendement des turbines.

Toutefois, la logique économique inhérente à la transformation des centrales existantes n’est pas toujours claire  : ni le fonctionnement des marchés de l’électricité en Europe, ni le prix du carbone ne sont suffisants pour encourager les propriétaires de centrales à investir dans ce domaine.

En outre, les pertes d’efficacité ne sont bien souvent pas identifiées et restent donc irrésolues. Actuellement, le marché fonctionne sur la base des coûts plutôt que sur la base de l’efficacité énergétique ou de celle relative aux émissions de carbone.

Les centrales à charbon émettent deux fois plus de CO2 par kilowattheure de génération que les turbines à gaz. L’efficacité opérationnelle d’une centrale munie d’une nouvelle turbine à gaz à cycle combiné est d’environ 50 %, alors que celle d’une centrale à charbon de 25 ans n’est que de 35 % au maximum.

En Europe de l’Est surtout, les régions pourraient réduire leurs émissions de carbone et améliorer leur efficacité énergétique en remplaçant les générateurs à charbon vieillissants avec de nouvelles turbines à gaz à cycle combiné, sans avoir à construire de nouvelles centrales.

Se recentrer sur l’offre

Le système énergétique mondial consomme de plus en plus. Sur un apport énergétique primaire total en termes de production électrique de 49 555 TWh, seulement 15 623 TWh d’électricité ont été fournis aux consommateurs dans le monde, estime GE Energy.

Selon une analyse de Delta Energy & Environment, en France, au Royaume-Uni et en Pologne, les mesures fondées sur l’amélioration de l’offre d’énergie pourraient contribuer à 32 % de l’objectif global de la réduction de 20 % des émissions de carbone, et à hauteur de 26 % de l’objectif de réduction de 20 % de la consommation d’énergie primaire.

Jusqu’à présent, l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les utilisations finales au sein de l’UE a mené à l’introduction de labels énergétiques pour les gros appareils électriques et à une suppression progressive des ampoules à forte consommation d’énergie.

Aujourd’hui, le débat se recentre à Bruxelles sur la rationalisation de l’offre. La Commission réfléchit à de nouvelles façons d’encourager les États et les régions à traiter les problèmes de durabilité à la source plutôt que de se concentrer sur des mesures visant les consommateurs.

Production et approvisionnement

Dans son Plan pour l’efficacité énergétique, publié en mars 2011, la Commission européenne demande aux États membres d’étendre leurs politiques relatives à l’efficacité énergétique pour couvrir non seulement la demande, mais aussi l’offre d’énergie en prenant également en compte les secteurs de la production et de l’approvisionnement.

« Malgré les progrès réalisés, nos estimations montrent qu’une nouvelle initiative décisive et coordonnée est nécessaire en matière d’efficacité énergétique, sans quoi l’UE n’atteindra pas son objectif des 20 % d’économies d’énergie d’ici à 2020 », a déclaré le commissaire à l’énergie, Günther Oettinger, lors de la présentation du plan.

Les politiques énergétiques nationales ne devraient pas uniquement s’intéresser à la manière dont l’énergie peut être efficacement consommée, mais aussi à la manière dont elle peut être efficacement produite, argue la Commission.

« Il faut construire de nouvelles capacités et infrastructures de production pour remplacer les équipements vieillissants et satisfaire la demande. Il est important de veiller à ce que l’efficacité énergétique soit prise en compte et que les nouvelles capacités reflètent la meilleure technologie disponible (MTD) », peut-on lire dans le document.

Encourager des méthodes plus écologiques pour générer de l’énergie, soutenir les énergies renouvelables et aider les pays et les régions à améliorer leurs infrastructures, font partie des projets.

Spécificité française

Si les progrès se révélaient insuffisants, la Commission a affirmé qu’elle n’hésiterait pas à proposer une législation exigeant des États membres qu’ils s’assurent que leurs installations de production d’énergie utilisent les MTD. 

En France, après le Grenelle de l’environnement, le ministère de l’Ecologie a lancé une nouvelle initiative sur l’efficacité énergétique. Cette initiative est très critiquée par les ONG de défense de l’environnement. Selon elles, ces nouvelles rencontres ne servent qu’à gagner du temps alors que l’ensemble des décisions ont déjà été prises lors du Grenelle de l’environnement entre 2007 et 2009.

Surtout que la question de la production ne fait pas partie des sujets abordés. Le gouvernement refusant notamment de débattre au sein de ces commissions de la question du nucléaire. 

L’une des tables ronde porte seulement sur la "promotion de l’innovation en matière de maîtrise de l’énergie, les enjeux de compétitivité pour les entreprises grandes consommatrices, mais aussi des petites et très petites entreprises." Un nouveau plan d’action pour l’efficacité énergétique doit voir le jour d’ici le début de l’année 2012.

Le rôle du local

Les collectivités joueront un rôle majeur dans le changement du paysage énergétique européen. Ces acteurs infranationaux détermineront la combinaison de combustibles (pétrole, gaz, charbon ou énergies renouvelables) nécessaire pour assurer la sécurité énergétique et une croissance économique durable.

Ils sont donc bien placés pour transformer les engagements politiques pris au niveau européen et national en action concrète. Les programmes de financements novateurs, les contrats de performance énergétique, les marchés publics et les certificats verts aideront les régions à atteindre leurs objectifs en matière d’économies d’énergie.

En Suisse, par exemple, le canton de Valais a mis en place un programme de relance économique visant à améliorer l’efficacité énergétique et la production d’énergies vertes. En Hongrie, la région de Békés se concentre sur la sécurité énergétique en allouant des fonds à des projets d’importance stratégique, comme l’achat de gaz.

Ce genre de projets prouve qu’il est possible de combiner technologies énergétiques et dynamique macro-économique, et que les économies d’énergie donnent lieu à des économies budgétaires.

Industrie locale

L’industrie locale peut aussi prendre part à des accords pour tenter de remplir les conditions nécessaires à sa participation au système d’échange de quotas d’émission de l’UE.

Les régions établissent également de nouveaux partenariats pour optimiser les ressources disponibles dans l’Union européenne. Certaines d’entre elles ont par exemple créé des agences régionales spéciales pour la conversion énergétique afin de fournir des informations et d’assurer le soutien des parties prenantes du secteur de l’énergie.

La Commission européenne reçoit environ 60 demandes par an de la part d’autorités publiques souhaitant mettre sur pied des agences énergétiques régionales.

Ces agences s’assurent que les différentes caractéristiques territoriales sont prises en compte lors de la transposition des politiques énergétiques de l’UE dans le droit national. Elles ont également pour objectif d’encourager la coopération et le dialogue entre les acteurs publics et privés sur les projets écologiques ou liés au développement durable.

« Dans ce contexte d’incertitude concernant la capacité d’autofinancement de ces agences, l’Union européenne devrait envisager d’augmenter les financements via le programme « Energie intelligente pour l’Europe » ou les aider à mettre sur pied des partenariats grâce auxquels les agences pourraient créer des activités rentables », estime Michèle Sabban, la présidente de l’Assemblée des régions d’Europe (ARE), le plus grand réseau indépendant de régions en Europe. 

Selon une étude menée par l’ARE auprès de 67 territoires, 77% d’entre eux utilisent déjà leurs propres stratégies environnementales. Ce faisant, ces régions peuvent contribuer au développement d’une économie faible en carbone en créant des milliers de nouveaux emplois, de nouvelles compétences et des pôles d’activités économiques essentiels pour que des investissements soient faits dans les infrastructures.

Le rôle de l’UE

Dans le même temps, la législation européenne joue un rôle crucial pour encourager les régions à adopter des politiques plus écologiques.

« Lors que nous établissons notre stratégie énergétique, nous regardons ce que fait Bruxelles, puis ce que fait Berlin. Il y a deux ou trois ans, Berlin ne disposait pas de sa propre stratégie énergétique », a expliqué Karl Greissing, directeur et chef du département de politique énergétique et de construction dans le land allemand Bade-Würtemberg.

Ce Land soutient le développement de 100 « villages bioénergétiques ». Le village de Mauenheim, par exemple, disposait déjà d’une centrale biogaz produisant de l’électricité et du chauffage, mais les pertes de chaleur n’étaient pas récupérées.

« Nous avons aidé le village à récupérer cette perte de chaleur. Il économise à présent 300 000 litres de pétrole par an. Au prix actuel du pétrole (90 cents le litre), cela revient à plus de 270 000 euros d’économies, et cet argent reste dans la région », a affirmé M. Greissing.

Le Bade-Württemberg fait également des progrès pour augmenter la part des énergies renouvelables dans l’électricité et le chauffage. Une amélioration liée au fait que le Land a établi ses propres objectifs concrets.

« Dans ces deux domaines, nous avons des objectifs réels. Dans les domaines de notre stratégie, nous ne disposons pas d’objectifs. Par exemple, pour la recherche sur l’énergie, il est difficile d’établir des objectifs exacts. Nous dépensons de l’argent pour la recherche, mais les résultats sont difficiles à quantifier », a précisé M. Greissing.

Fonds structurels

L’argent alloué aux régions européennes dans le cadre des fonds structurels joue également un rôle crucial pour les aider à financer des projets bénéfiques pour l’environnement.

« Ces fonds restent essentiels pour le verdissement de nos territoires, le développement de sources propres d’énergie et des énergies renouvelables », indique Mme Sabban. C’est particulièrement vrai pour les nouveaux membres et pays candidats d’Europe centrale et orientale, « pour lesquels les fonds structurels offrent une possibilité inexistante auparavant », ajoute-t-elle.

Toutefois, elle estime que les critères d’éligibilité pour ces fonds manquent de clarté et qu’il n’existe pas suffisamment d’informations sur l’importance relative des différents critères lors de la procédure de sélection, ce qui augmente fortement la charge de travail des administrations régionales.

Mme Sabban ajoute que la communication sur les nouveaux instruments financiers rendus disponibles par la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI), à savoir Jessica, Jaspers et Elena, est insuffisante. « Ces instruments restent très largement méconnus », estime-t-elle.  

Recherche

La recherche devrait également jouer un rôle primordial dans la découverte de nouvelles solutions pour relever les défis liés à la consommation comme à la production. Le plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (SET) et le Programme-cadre pour la recherche ont jusqu’à présent financé 200 projets, pour une contribution totale d’un milliard d’euros.

En France, par exemple, un projet de lutte contre l’effet de serre et pour le développement durable dans la région Midi-Pyrénées, connu sous l’acronyme PRELUDE II, dispose d’un budget total de 48 millions d’euros sur sept ans (2007-2013).

L’objectif est de promouvoir l’efficacité énergétique et de développer des sources d’énergies renouvelables en fonction des ressources de la région (solaire, bois, éolien et géothermie), ainsi  que de modifier le comportement des consommateurs et de l’industrie.

Cependant, le projet a dû surmonter des obstacles et encaissé des retards dès le début. Traduire des objectifs ambitieux en plans concrets, réalisables et adaptés aux différents secteurs n’est pas facile.

Reste, enfin, que dans de nombreuses régions, le manque de formation des architectes, des ingénieurs, des auditeurs, des artisans et des techniciens se fait sentir. 2,5 millions de travailleurs qualifiés dans la construction seront nécessaires d’ici 2015, selon la Commission, pour construire et remettre à neuf les maisons et bureaux afin de les rendre efficaces en termes de consommation d’énergie. Moins de la moitié sont actuellement sur le marché.

Pour améliorer la formation, la Commission a donc lancé le programme « Renforcement des compétences  : initiative en faveur d’une main d’œuvre du bâtiment durable ».

Positions

« Toutes les prévisions suggèrent une augmentation de la demande européenne en électricité au cours des prochaines décennies, sans prendre en compte l’efficacité attendue du côté de la demande et les bénéfices tirés de la préservation des ressources naturelles. C’est dans ce scénario que la redynamisation des opportunités liées à l’offre ou à la génération d’énergie électrique plus efficace en termes de ressources peut être considérée comme un impératif stratégique pour l’Europe », estime Ricardo Cordoba, président de GE Energy pour l’Europe occidentale et l’Afrique du Nord.

« De nombreuses options techniques et fondées sur l’offre sont des technologies prouvées, rentables et déjà fiables sur le marché. Mais leur potentiel reste totalement à réaliser », ajoute-t-il.

"Le plan d’action sur l’efficacité énergétique soulignent que la compétitivité des industriels pourrait être accrue par la mise en placedes mesures existantes et à venir qui visent à sécuriser l’effiacité énergétique. Mais, la compétitivité ne doit pas être mise en danger par des contraintes règlementaires ou l’intégration d’une régulation inappropriée dans d’autres secteurs", explique de son côté le Nickel Institute qui représente les intérêts des industries productrices de Nickel.

« L’efficacité énergétique est reconnue comme le moyen le meilleur marché et le plus rapide de réaliser des économies d’énergie tout en apportant d’importants avantages économiques à la société. Même si un capital initial est nécessaire pour financer les initiatives permettant d’économiser le plus d’énergie », selon EuroACE, l’alliance européenne des entreprises pour l’efficacité énergétique dans les bâtiments, qui déplorait cette année le manque de financements adéquats.

« Pour atteindre les améliorations nécessaires en termes d’efficacité énergétique d’ici 2020, il faut un financement privé. Nous devons nous assurer que le marché dispose des bons encouragements pour investir, et des investissements publics».

Si les services publics font des économies, les consommateurs finiront par y gagner en termes de réduction de facture d’électricité. Mais ce n’est que la théorie, met en garde l’organisation européenne des consommateurs, le BEUC.

« Nous observons que les fournisseurs d’énergie installent des compteurs intelligents qui n’ont que des fonctionnalités limitées pour les consommateurs et qui permettent parfois uniquement un relevé à distance », affirme Johannes Kleis, responsable de la communication pour le BEUC.

« Ce genre de compteurs n’offre évidemment aucun avantage supplémentaire au consommateur et il pourrait même être découragé par cette technologie dans un premier temps. Si le secteur tire des avantages des compteurs intelligents, les consommateurs devraient également tirer profit de ces avantages, avec une facture d’électricité réduite par exemple », souligne-t-il.

« Avec les bâtiments, nous pouvons avoir un impact important et il est vraiment possible de s’améliorer », avance Françoise Dedieu-Casties, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées en charge de l’environnement et du développement durable.

« Lors de la construction ou de l’innovation, les matériaux utilisés doivent être meilleurs pour l’environnement ; il faut utiliser des sources d’énergie renouvelable, prendre en compte la qualité de l’air intérieur et la disposition du bâtiment, la taille de ses fenêtres ainsi que leur orientation », ajoute-t-elle.

Mieczys?aw Ciurla, directeur du département du développement économique dans la région polonaise de Basse-Silésie, explique que sa région a créé un « Programme économique régional » pour financer des objectifs concrets de sa stratégie énergétique, à savoir des projets sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, dont des centrales biogaz, des bioraffineries et des centrales hydroélectriques.

Mais les compétences et les ressources sont deux obstacles à surmonter, explique M. Ciurla. Il faut tout d’abord « trouver des personnes avec le bon savoir-faire et les compétences adéquates pour faire fonctionner les centrales ». D’autres part, « les communes devraient mettre en commun leurs ressources pour voir si ça vaut la peine de faire une demande, et s’il ne serait pas plus judicieux de construire une centrale biogaz ensemble plutôt que séparément ».

"En France, nous continuons à construire des centrales à gaz qui ne sont pas en co-génération. Pour les tables rondes sur l’efficacité énergétique organisées par le ministère de l’Ecologie, nous avions proposé à la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet de s’attaquer au gisement des économies d’énergie à la production. Mais le gouvernement refuse de parler de ce sujet. Plus généralement, en France, les pouvoirs publics ne veulent pas parler d’énergie locale", explique Raphaël Claustre, du comité de liaison pour les énergies renouvelables.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer