L’Afrique sollicite le soutien de l’Europe pour investir dans sa transition écologique

Le forum, organisé en partenariat avec l’ambassade portugaise en France, a accueilli des économistes, diplomates et sociétés dans le but de s’entretenir sur le caractère crucial de la transition énergétique en Afrique. [USAID in Africa / Flickr]

L’Afrique est le continent qui contribue le moins au changement climatique, pourtant c’est celui qui en subit les répercussions les plus lourdes, a déclaré la présidence portugaise du Conseil de l’UE lors du Green Talk UE-Afrique organisé à Paris le 13 avril.

Le forum, organisé en partenariat avec l’ambassade portugaise en France, a accueilli des économistes, diplomates et sociétés dans le but de s’entretenir sur le caractère crucial de la transition énergétique en Afrique.

« Il nous faut une transition écologique qui correspond à nos besoins, mais nous n’avons pas de moyens à notre disposition pour investir. Nous attendons d’être en mesure de mobiliser des ressources à l’échelle internationale afin de profiter de taux d’intérêt durables pour notre transition », a indiqué Lionel Zinsou, économiste et ancien Premier ministre du Bénin.

D’après lui, la transition sera plus aisée en Afrique, car il n’y a pas d’« héritage » lié à l’utilisation de l’énergie fossile. Toutefois, d’autres obstacles se dressent.

Sandra Lagumina, vice-présidente du fonds d’investissement Meridiam, qui finance les investissements verts en Afrique, a appuyé que le manque d’investissement était amplifié par d’autres facteurs, y compris un cadre réglementaire favorisant les énergies non renouvelables ; l’échec des projets avant même qu’ils ne soient mis en place ; ou un réseau faible de distribution de l’énergie renouvelable.

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L’UE et l’Afrique devraient porter la santé au rang de priorité dans le cadre de leur nouveau partenariat, ont déclaré les législateurs européens en vue d’entamer bientôt les pourparlers entre les deux continents.

Le fonds Meridiam permettra d’investir jusqu’à 3 milliards d’euros en Afrique au cours de 25 prochaines années.

Ana Paula Zacarias, secrétaire d’État portugaise aux Affaires européennes, a soutenu que même avec toutes ces difficultés, le financement européen pour cette transition était nécessaire, étant donné que l’Afrique est le continent le plus touché par le changement climatique.

« Dans certaines régions de l’Afrique, le réchauffement climatique est deux fois plus rapide que dans d’autres régions du monde », a-t-elle renchéri.

Ce sujet épineux sera l’un des points principaux abordés lors du Forum de Haut Niveau UE-Afrique sur l’investissement vert, qui aura lieu à Lisbonne le 23 avril.

Le gouvernement français a également exprimé son intérêt de faire progresser la diplomatie environnementale avec l’Afrique, soutenant les normes énergétiques élevées dans et en dehors des 27 États membres de l’UE.

« Nous devons nous protéger contre le dumping environnemental, et c’est la raison pour laquelle nous espérons que [les parties concernées] auront la volonté de créer un système de taxation de l’utilisation des énergies fossiles à nos frontières », a déclaré Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes.

La Banque européenne d’investissement (BEI) devrait en partie contribuer à cet effort en Afrique. Dans le cadre de ces projets à l’étranger, l’organe européen a soutenu qu’il prenait non seulement en compte les effets de la production et de la consommation d’énergie, mais aussi les « répercussions sociales », d’après Grégoire Chauvière Le Drian, chef de la représentation de la BEI à Paris.

Entretemps, les sociétés estiment que cette responsabilité devrait être partagée entre les secteurs public et privé.

« La transition doit être amorcée avec des fonds publics et privés. Nous avons besoin d’investissements de grande ampleur pour faire progresser la transition énergétique, en raison de l’augmentation des impôts sur les combustibles fossiles et l’introduction d’un mécanisme d’ajustement aux frontières de l’UE, qui n’est pas protectionniste, mais qui vise à encourager plus de pays à joindre ce mouvement », a conclu Claire Waysand, secrétaire générale d’Engie.

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« Ce qu’on attend en matière de politique climatique d’un pays africain n’est pas pareil qu’un pays européen », reconnait Raffaele Mauro Petricione, Directeur général de l’action pour le climat de la Commission européenne, ajoutant que « cela va donner lieu à des débats houleux ».

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