L’Europe veut faire émerger un « Airbus des batteries »

Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne, lors de la 10e conférence européenne sur la politique spatiale européenne, le 23 janvier 2018 [© European Union , 2018 / Source: EC - Audiovisual Service]

La Commission veut encourager la création d’un « Airbus des batteries » au niveau européen. Un projet qui prendrait la forme de plusieurs consortiums plutôt qu’une entreprise unique.

L’Union européenne s’est lancée dans la course mondiale pour la production de cellules de batterie « un peu trop tard », selon Maroš Šefčovič, le vice-président de la Commission chargé de l’Union de l’énergie.

Mais aujourd’hui,  elle compte jouer un rôle de premier plan dans ce que la Commission considère comme « le Saint Graal » de l’énergie propre.

S’exprimant à Bruxelles, Maroš Šefčovič a réitéré la volonté de l’UE de créer un « Airbus des batteries », estimant que la situation actuelle était proche de celle de l’industrie de l’aviation en 1960, lorsqu’aucune entreprise européenne n’était suffisamment développée pour affronter la concurrence américaine.

Cependant, il a tempéré les attentes à propos du lancement d’un consortium sur la production de batteries. « Je ne pense pas que nous aurons une seule entreprise de production de batteries en Europe », a-t-il ajouté. « Je souhaiterais que l’Europe dispose d’au moins 10 méga-usines commercialisant sur les marchés mondiaux des produits de grande qualité, au meilleur prix. »

Si les constructeurs automobiles européens assemblent des batteries pour les voitures électriques, il n’y a actuellement en Europe aucun acteur majeur dans la fabrication des cellules de batteries, cet élément clé venant généralement d’Asie.

Pour la Commission, les batteries sont un « facteur clé » du projet phare de création d’une Union de l’énergie, tant leur fabrication est essentielle à la modernisation de l’industrie européenne.

Selon la Commission, le potentiel de ce marché en Europe pourrait atteindre 250 milliards d’euros par an d’ici 2025. La demande européenne en cellules de batteries devrait atteindre 200 GWh, et la demande mondiale 600 GWh.

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Plusieurs consortiums

« Je pense que nous aurons plutôt plusieurs consortiums qui coopéreront étroitement », a déclaré Maroš Šefčovič, citant la Finlande comme exemple de nation qui a réussi à développer un savoir-faire industriel dans l’extraction et le traitement de métaux précieux.

« La Suède est déjà bien avancée et possède la première ligne de production », tandis qu’en Allemagne, le secteur automobile a un fort potentiel de recherche et d’innovation. En France, SAFT, l’entreprise de fabrication de batteries appartenant à Total, est l’une des plus avancées en ce qui concerne la prochaine génération de batteries de voiture.

« Nous pouvons déjà distinguer les groupes potentiels qui se forment, mais nous en sommes encore à un stade précoce », a-t-il ajouté, estimant qu’il était difficile de prédire l’avenir de l’alliance européenne des batteries.

Lors d’une première rencontre en octobre, des chefs d’entreprise, des représentants de l’Union ainsi que les gouvernements nationaux ont convenu de collaborer pour « créer une chaîne de valeur complète de batteries en Europe » et de construire « des infrastructures de production de cellules de batteries de grande envergure » sur le Vieux continent.

Le groupe chimique allemand BASF, les constructeurs automobiles Renault et Daimler et la société d’ingénierie Siemens comptaient parmi les invités de cette rencontre.

La Commission a pour objectif d’élaborer un plan stratégique, qui pourrait se concrétiser par la réalisation d’une feuille de route complète pour l’alliance européenne des batteries.

« Un seul acteur ne peut pas le faire seul en raison de l’envergure et de la rapidité nécessaires », prévient Maroš Šefčovič, déclarant que l’exécutif veut encourager « les projets transfrontaliers menés par l’industrie » ainsi que « mettre en commun les instruments de soutien » à l’échelle nationale et européenne.

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