Les énergies renouvelables battent de nouveaux records en Europe

Près de 90% des capacités de production d’électricité créées en Europe en 2016 provenaient de sources d'énergie renouvelable. [Shutterstock]

Neuf dixièmes des capacités de production d’électricité créées en Europe l’année dernière provenaient de sources d’énergie renouvelable. Le continent se détourne ainsi rapidement des combustibles fossiles. Un article de notre partenaire, The Guardian.

Les dirigeants du secteur des renouvelables se sont montrés préoccupés du manque de soutien politique au-delà de l’année 2020, date à laquelle les objectifs contraignants de l’UE en matière d’énergie verte arriveront à leur terme.

Des 24,5 GW de nouvelles capacités produites à travers l’UE en 2016, 21,1 GW (86 %) provenaient de l’énergie éolienne, solaire, hydraulique et de la biomasse, détrônant le taux record de 79 % atteint en 2014.

D’après les chiffres de l’organisme WindEurope, les parcs éoliens ont représentés pour la première fois de l’histoire plus de la moitié des infrastructures installées.

En effet, l’énergie éolienne a pris la place du charbon en tant que première source de production d’énergie après le gaz au sein de l’UE, même si, face au caractère intermittent de l’énergie éolienne, le charbon reste indispensable pour couvrir la plus grande partie des besoins en électricité.

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En 2016, si l’Allemagne s’est maintenue en tête du classement du nombre d’installations éoliennes, la France, les Pays-Bas, la Finlande, l’Irlande et la Lituanie ont toutes agrandi leur parc éolien.

En dépit d’une diminution de 3 % de la capacité totale des énergies renouvelables en 2015, les parcs éoliens offshore (deux fois plus coûteux que les implantations terrestres) ont le vent en poupe. Grâce aux nombreuses installations britanniques, l’investissement au niveau européen a atteint la somme record de 27,5 milliards d’euros.

Parce éolien

Le parc éolien de Gemini, au large des côtes néerlandaises, représente le projet le plus conséquent. Il a été relié au réseau en février dernier et constituera, lorsque les travaux seront achevés à la fin de l’année, la deuxième implantation éolienne offshore au monde.  Les projets de parcs éoliens de Gode 1 et 2, en Allemagne, avec une capacité de 582 MW, ainsi que de Westermeerwind, aux Pays-Bas, avec une capacité de 144 MW, se placent derrière Gemini en termes de superficie.

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D’après Giles Dickson, PDG de WindEurope, « non seulement les chiffres relatifs aux installations sont prometteurs, mais les résultats des investissements sont aussi excellents. En ce qui concerne les prévisions à long terme cependant, seulement sept des 28 États membres ont adopté des politiques claires et disposent de suffisamment d’espace pour installer de nouvelles fermes éoliennes après 2020. L’ambition politique pour la mise en place d’énergies renouvelables est moins vigoureuse qu’il y a quelques années au sein des États membres. »

En dépit de capacités éoliennes s’élevant à 153,7 GW en Europe, celles-ci ne représentent qu’une petite partie de la capacité énergétique totale de la région, qui atteint 918,8 GW. Pour se développer, l’industrie du renouvelable espère profiter de la fermeture des centrales au charbon imposée par les États afin de respecter les objectifs de réduction du changement climatique. Le Royaume-Uni s’y est notamment engagé à l’horizon 2025.

Fermeture des centrales à charbon

« L’UE ne fait pas réellement pression sur ses États membres pour qu’ils ferment leurs centrales au charbon vieillissantes », a regretté Giles Dickson.

Le nouveau rapport de WindEurope, Statistiques européennes 2016, peint le portrait d’une Europe de plus en plus divisé sur la question de l’énergie éolienne. L’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce, qui comptaient le plus d’installations éoliennes dans les années 2000, ne représentent aujourd’hui qu’une infime partie des nouvelles implantations.

L’année dernière, la Pologne a voté une loi déterminant à quelle distance minimum des habitations les éoliennes pouvaient être installées. Cette mesure a eu pour effet de paralyser l’industrie dans un pays qui ne compte presque que des centrales au charbon. En fin de comptes, de moins en moins de pays investissent sérieusement dans l’énergie éolienne. Ce n’est cependant pas le cas de l’Allemagne, qui possède déjà trois fois plus d’éoliennes que le reste des pays européens, a installé 44 % des nouvelles capacités éoliennes l’année dernière.

Selon Giles Dickson, l’industrie éolienne fera pression auprès des capitales européennes pour que le secteur énergétique et les programmes en matière de climat soutiennent davantage leurs projets au niveau national. Les États membres (y compris le Royaume-Uni) devront soumettre un projet de programme à la Commission européenne d’ici la fin de l’année.

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EURACTIV is part of the Guardian Environment Network.

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