Après 14 ans de négociation, le projet d’interconnexion France-Espagne est adopté

Vieux de 14 ans, le projet de construction d’une ligne à haute tension entre la France et l’Espagne a enfin été adopté par les deux pays.

Contexte :

Un accord sur la connexion électrique entre l’Espagne et la France a été signé le 27 juin 2008 à l’occasion de la réunion bilatérale entre les chefs de gouvernement des deux pays, José Luis Rodriguez Zapatero et François Fillon.

Lors du dernier sommet France-Espagne, le 10 janvier 2008, les deux pays s’étaient engagés à adopter avant la fin juin 2008 ce projet controversé de construction d’une ligne à très haute tension (THT) dans les Pyrénées.

Pour débloquer le dossier, l’ex-commissaire européen à la concurrence, Mario Monti, avait été nommé coordinateur du projet franco-espagnol en septembre 2007 par la Commission européenne.

Il a rendu son rapport le 10 janvier 2008, après une phase de consultation des populations locales, largement hostiles au projet, et des acteurs politiques locaux, ainsi que des gestionnaires des réseaux de transport d’électricité français et espagnol.

Enjeux :

L’insuffisance des interconnexions franco-espagnoles

Si l’adoption du projet d’interconnexion franco-espagnol est passé relativement inaperçu, son initiative remonte pourtant au Conseil européen d’Essen en 1994.
Le sommet de Barcelone de mars 2002 a ensuite fixé l’objectif d’une capacité d’échanges énergétiques de 10% entre les réseaux nationaux dans l’UE.

Deux facteurs ont sans doute permis de débloquer le projet d’interconnexion  : les échéances achevées du scrutin municipal en France et législatif en Espagne en mars 2008 et le rôle de médiateur de Mario Monti.

L’interconnexion franco-espagnole est d’autant plus urgente que l’Espagne reçoit moins de 3% de son électricité via le territoire français.

La France produit 70% de son électricité grâce au nucléaire. L’Espagne a quant à elle renoncé au nucléaire pour privilégier la construction d’éoliennes.

Or, la principale source d’énergie électrique espagnole ne permet pas au pays de garantir un niveau suffisant d’approvisionnement énergétique.

La réussite du projet  : le compromis obtenu sur l’enfouissement de la ligne

La principale source de blocage du projet a été levée. La France ayant accepté d’enfouir sous terre une grande partie de cette ligne de 400 000 volts, idée qui était d’ailleurs défendue par le coordonnateur européen du projet, M. Monti.

Même si les techniques d’enfouissement sont plus coûteuses, Mario Monti les a estimées nécessaires pour équilibrer les intérêts en matière de sécurité énergétique et les intérêts des populations avoisinantes aux implantations électriques.

Comment financer le projet ?

Par ailleurs, une entreprise conjointe associant les deux gestionnaires de réseaux RTE et REE a été créée dès l’issue du premier sommet bilatéral, le 10 janvier.

Chaque société doit  participer à hauteur de 50% à la construction de la ligne. Cette société sera chargée de réaliser les études techniques, environnementales et financières du projet et d’évaluer les possibles surcoûts.

La répartition de la charge financière et du montant réel des infrastructures sera néanmoins précisée ultérieurement.

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