Au Canada, abandon d’un gigantesque projet pétrolier

Justin Trudeau s'est engagé, lors de sa réélection en 2019, à faire du Canada un pays neutre en carbone d'ici à 2050.

Ce projet d’environ 20 milliards de dollars canadiens, baptisé Frontier, devait permettre la production de 260 000 barils de pétrole par jour. Mais il aurait généré 4,1 millions de tonnes de CO2 par an. Un article de notre partenaire, La Tribune.

La compagnie canadienne Teck Resources a annoncé dimanche qu’elle renonçait à demander l’autorisation d’exploiter une mine géante de sables bitumineux en Alberta (ouest), un projet controversé sur lequel le gouvernement de Justin Trudeau devait se prononcer d’ici fin février.

Ce projet d’environ 20 milliards de dollars canadiens (14 milliards d’euros), baptisé Frontier, devait permettre la production de 260 000 barils de pétrole par jour. Mais son impact sur l’environnement a été dénoncé par les écologistes et les populations autochtones de la région : l’exploitation de la mine aurait généré 4,1 millions de tonnes de CO2 par an, selon l’étude de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada.

Les géants du pétrole dépensent tous azimuts pour et contre le climat

Les cinq géants du pétrole et du gaz ont dépensé plus d’un milliard de dollars pour redorer leur blason vert depuis l’accord de Paris. Mais continuent parallèlement d’investir massivement dans les combustibles fossiles.

L’entreprise basée à Vancouver (ouest) a annoncé dans un communiqué qu’elle avait envoyé une lettre au ministre fédéral de l’Environnement pour lui annoncer sa décision. « Nous sommes déçus d’en être arrivés à ce résultat », a déploré le PDG de Teck Resources, Don Lindsay, dans sa lettre au gouvernement.

« Teck avait proposé un projet responsable sur le plan social et environnemental, en pointe dans le secteur et qui avait le potentiel de créer des bénéfices économiques importants pour les Canadiens », a ajouté le dirigeant, expliquant que sa société cherchait à concilier développement économique et respect de l’environnement.

« Malheureusement », poursuit Don Lindsay, « le débat croissant sur cette question a placé (le projet) Frontier et notre société au cœur de questions bien plus larges auxquelles il reste à apporter des réponses ». « Dans ce contexte, il est désormais évident qu’il n’existe pas de possibilité de faire avancer ce projet de façon constructive », a-t-il conclu.

Le gouvernement de Justin Trudeau avait jusqu’à fin février pour annoncer s’il donnait son feu vert ou pas à ce projet, souhaité par les dirigeants de la province pétrolière de l’Alberta qui le jugent essentiel pour la croissance et l’emploi de la région.

La décision s’annonçait donc particulièrement délicate pour le Premier ministre qui s’était engagé, lors de sa réélection fin 2019, à faire du Canada un pays neutre sur le plan carbone d’ici 2050. Justin Trudeau avait déjà été vertement critiqué de toutes parts pour avoir nationalisé en 2018 l’oléoduc Trans Mountain dans l’ouest du pays, puis autorisé son agrandissement.

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