L’or noir atteindra son plus haut niveau de demande en 2030

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La demande de pétrole atteindra son plus haut niveau d’ici 13 ans, avant de décliner, grâce au développement des voitures électriques et de moteurs plus efficaces. Un article de notre partenaire, The Guardian.

Selon le cabinet Wood Mackenzie, l’accélération de la demande en voitures électriques réduira de manière considérable la demande d’essence, surtout à partir de 2025, lorsque les voitures fonctionnant à batterie se seront répandues.

Les analystes rappellent en outre que les constructeurs automobiles sont de plus en plus soumis à des règlementations sur la quantité d’essence et leur nouveau rapport indique que la demande en essence atteindra son plus haut niveau d’ici à 2030.

Le Royaume-Uni et la France ont récemment déclaré qu’ils abandonneraient progressivement les ventes de nouvelles voitures à l’essence et au diesel d’ici à 2040. La Chine, le plus grand marché automobile du monde, envisage de prendre la même décision, ce qui aurait un impact significatif sur la demande en pétrole.

Sur les 96 millions de barils de pétrole utilisés chaque année, 60 millions sont utilisés pour le transport. C’est dans cette catégorie que la réduction aura lieu à partir de 2030, selon le cabinet de conseil britannique.

Alan Gelder, analyste chez Wood Mackenzie, les répercussions sur le niveau de pétrole vont se faire ressentir bien plus tôt que cela, puisque les compagnies pétrolières désinvestissent déjà dans les raffineries et que le nombre de stations essence diminue.

« Nous devenons de plus en plus efficaces dans l’utilisation de notre énergie. Plus les économies grandissent, moins nous sommes dépendants du pétrole, et cette ressource devrait donc devenir de moins en moins importante dans l’économie mondiale au fil du temps », affirme Alan Gelder.

Pour les pays qui dépendent fortement des rentrées fiscales des taxes sur les carburants, comme le Royaume-Uni, qui collecte chaque année 28 milliards de livres de taxes, la baisse de la demande en pétrole sera un défi de taille pour les gouvernements.

À court terme, ce sont les changements règlementaires en matière de normes d’efficacité des carburants imposés par Barack Obama aux États-Unis ainsi que par l’UE et la Chine qui entraineront une baisse importante de la demande en essence. Les voitures électriques auront elle aussi un impact, mais plus tard.

« Après 2025, les ventes de voitures électriques monteront en flèche. Plus on avance vers l’avenir, plus il y aura de voitures électriques », explique l’analyste, qui prévoit que les voitures électriques représenteront 10 % des ventes de véhicules neufs d’ici à 2030. Par ailleurs, si les villes commencent à interdire les voitures avec un moteur à combustion, cela pourrait rapidement accélérer la transition vers des véhicules électriques, ajoute-t-il.

« Les voitures électriques devraient marcher aux renouvelables »

La hausse des voitures électriques pourrait bien faire l’effet d’un pétard mouillé pour l’environnement si elles sont alimentées par des combustibles fossiles plutôt que par des renouvelables, rappelle le responsable de Dong Energy UK. Un article de notre partenaire, The Guardian.

Alors que la demande en essence atteindra son point le plus haut, les analystes estiment que la demande totale en pétrole se stabilisera autour de 2035, puisque les politiques de lutte contre le changement climatique impacteront la croissance et que les économies des pays en développement deviendront plus matures.

« La perspective d’un pic de la demande de pétrole est tout à fait réelle », indique le cabinet, dont les prévisions sont plus anticipées que celles de BP et de l’Agence internationale de l’énergie qui prévoient un plus haut record en 2040.

Certaines sociétés pétrolières, comme Shell, estiment toutefois que le pic de demande pourrait avoir lieu au début des années 2030 et même à la fin des années 2020, grâce à la croissance des voitures alimentées par les biocarburants et les batteries. L’entreprise anglo-néerlandaise affirme que les voitures plus économes en carburant auront un impact beaucoup plus important sur la demande de pétrole que les véhicules électriques.

Après des accrochages entre les forces irakiennes et kurdes dans des régions productrices de pétrole et les inquiétudes concernant les sanctions contre l’Iran, le prix du pétrole a atteint son plus haut niveau de l’année jeudi dernier, à 49,45 euros le baril.

L'Europe dépense toujours plus de 100 milliards par an dans les énergies fossiles

Les pays européens dépensent plus de 112 milliards d’euros par an pour subventionner la production et la consommation de pétrole, du gaz ou du charbon, notamment via des avantages fiscaux pour le diesel. Et ce, malgré la promesse de supprimer ces subventions d’ici 2020.

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