La transition est amorcée pour les régions charbonnières d’Allemagne

shutterstock_306308885 [Lukassek/ Shutterstock]

2038 sonnera le glas des dernières centrales à charbon en Allemagne. De nouveaux centres de recherches et de nouvelles entreprises devraient voir le jour afin d’assurer une nouvelle transition économique dans les régions charbonnières. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Cette année, les centrales au lignite et à charbon devraient être déconnectées du réseau, comme le stipule la loi allemande sur la sortie du charbon. Jeudi (27 août), un accord a été signé entre le gouvernement fédéral et les Länder dans le but de créer un organe de coordination qui enclencherait le versement des 40 milliards d’euros promis par Berlin pour les aides structurelles. La veille, le cabinet Merkel avait ouvert la voie pour ce faire. Le nouvel organe de coordination devrait assurer l’attribution de la somme engagée entre les Länder charbonniers que sont la Saxe, la Saxe-Anhalt, le Brandebourg et la Rhénanie-du-Nord–Westphalie.

Le gouvernement allemand approuve la loi sur l’abandon progressif du charbon

Mercredi 24 juin, le gouvernement allemand a mis la touche finale à sa loi sur la suppression progressive du charbon, dans l’espoir qu’elle soit adoptée par le Bundesrat avant la pause estivale. Un article d’Euractiv Allemagne.

La loi de renforcement structurel prévoit d’allouer 26 milliards d’euros dans l’infrastructure d’ici 2038 par le biais de programmes fédéraux. À ce chiffre s’ajoutent 14 milliards destinés à soutenir les investissements propres à chaque Land concerné.

« Nous avons déjà une liste de 80 projets envisagés », a déclaré Ulrich Nußbaum, secrétaire d’État au ministère de l´Économie et de l’Énergie lors d’une conférence de presse. Deux milliards d’euros sont débloqués pour 2020 et 2021 et leurs répercussions devraient se faire sentir très rapidement. Parmi les initiatives proposées figure le développement de laboratoires de recherches ouvertes ou de plusieurs centres de recherches, notamment un Institut spécialisé dans les moteurs d’avion faibles émetteurs de CO2 à Cottbus, qui devrait créer 500 emplois à lui seul. De ce fait, le ministère des Technologies et de la Transition énergétique souhaite évaluer la production d’hydrogène vert à l’échelle industrielle. Pour la Saxe, il sera également primordial de construire une nouvelle liaison ferroviaire de Berlin à Görlitz en passant par Cottbus, afin de pallier les faiblesses structurelles de la région.

Le ministre de la Saxe pour le Développement régional, Thomas Schmidt, a maintenu que les régions seraient fortement incluses dans le processus décisionnel relatif à l’attribution des fonds accordés par Berlin. « Nous ne pouvons accepter la sortie du charbon, que si les acteurs concernés sont impliqués dans la prise de décision ». De nombreuses manifestations s’étaient déclarées dans les régions charbonnières allemandes après la conclusion de l’accord sur la sortie du charbon d’ici à 2038.

Selon des données de l’Office fédéral de la statistique, l’Allemagne compte actuellement 148 centrales à charbon en activité (2016). De plus, environ 33 000 citoyens dépendent, directement ou indirectement, de la production du charbon à travers le pays. La sortie du charbon implique une reconversion professionnelle pour bon nombre d’entre eux. En outre, les personnes concernées âgées de plus de 58 ans bénéficieront d’une « aide financière d’ajustement ». Selon M. Schmidt, les travaux devraient commencer rapidement pour élaborer des projets communs avec les municipalités afin de les présenter éventuellement d’ici à la fin de l’année. « Les occasions sont uniques. Les efforts sont considérables. Mais, le jeu en vaut la chandelle. »

Olivier Kirscher, chef du groupe adjoint des Verts allemands, s’est montré quelque peu critique à l’égard des lacunes que présentent les critères d’octroi des fonds mis à disposition. À ses yeux, le gouvernement devrait se concentrer davantage sur la promotion des énergies renouvelables plutôt que de lui porter atteinte.

Le navire européen exprime également quelques inquiétudes. En juillet, la Cour des comptes européenne a publié un communiqué dans lequel elle met en exergue les critères suffisamment stricts liés à l’attribution du Fonds européen pour une transition juste. Le Fonds fait partie de Pacte vert pour l’Europe établi par la Commission européenne, il doit être alloué à toutes les régions charbonnières européennes, classées en fonction de la production en CO2 du secteur. Néanmoins, si aucun des critères d’octroi n’est clairement défini, l’avis indique que « le changement structurel nécessaire n’[aura] pas lieu, et que la transition vers une économie verte [devait] être à nouveau financée ».

Selon la proposition de la Commission européenne, le Fonds pour une transition juste aurait dû s’élever à 40 milliards d’euros, dont 877 millions d’euros à l’intention de l’Allemagne. Néanmoins, lors des négociations sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027 (CFP), les leaders européens se sont mis d’accord pour réduire le fonds à 17,5 milliards d’euros. La Pologne, qui n’est pas engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 jusqu’à présent, devrait tout de même en être le grand bénéficiaire, avec environ 8 milliards d’euros.

Berlin refuse de divulguer les détails de son plan d’abandon du charbon à 4 milliards

L’Allemagne compte verser plus de 4 milliards d’euros à LEAG et RWE, deux opérateurs de centrales au lignite, pour qu’ils cessent leurs activités. Mais le ministère de l’Économie refuse de donner plus d’informations sur le calcul de la somme. Un article d’Euractiv Allemagne.

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne. La présente publication [communication] reflète uniquement l’avis de l’auteur et la Commission ne peut être tenue responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qu’elle contient.

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