Climat : l’Europe n’est pas défavorable au nucléaire

Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne chargé du « Green Deal ». [Commission européenne]

Auditionné par des parlementaires français, Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne chargé du « Green Deal », s’est défendu de toute volonté d’entraver le développement de l’énergie nucléaire. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Il ne sera pas dit que la Commission européenne outrepasse ses responsabilités en matière d’énergie. Auditionné, mercredi 17 juin, par les membres de deux commissions parlementaires françaises, Frans Timmermans a été questionné sur d’éventuelles barrières posées par l’exécutif européen au développement de l’énergie nucléaire en Europe.

« Je n’ai rien contre le nucléaire, a indiqué le commissaire européen désigné au Pacte vert et à la lutte contre le changement climatique, mais il faut faire un calcul économique. Est-ce vraiment raisonnable, si le prix des énergies renouvelables continue de baisser, d’investir dans le nucléaire. »

Miser sur l’hydrogène décarboné

L’Europe aimerait surtout, a-t-il insisté, développer les investissements des 27 dans « l’hydrogène propre ». La commission von der Leyen doit d’ailleurs présenter sa stratégie en la matière, le 8 juillet, et réviser son projet de taxonomie d’ici la fin de l’année.

Pour Frans Timmermans, l’hydrogène est le seul vecteur énergétique capable de décarboner la production d’acier en Europe. Il propose, à cet égard, de développer des partenariats avec les pays d’Afrique du Nord. Ces derniers pourraient produire, à partir d’énergies solaires, de l’hydrogène décarboné qui serait ensuite exporté par gazoduc vers l’Europe. Ce projet est déjà soutenu par le gouvernement allemand.

Le vice-président de la Commission européenne a confirmé que Bruxelles fixerait, en septembre prochain, l’objectif du Pacte vert. Probablement une baisse de 55 % des émissions entre 1990 et 2030. « Car je n’ai pas de mandat pour aller au-delà et on ne trouverait pas de majorité ni au parlement ni au conseil », a-t-il indiqué.

L’Union européenne s’intéresse à l’hydrogène

Plusieurs pays de l’Union européenne ont demandé lundi à la Commission européenne de leur présenter une feuille de route pour le développement de l’hydrogène, une source d’énergie qui intéresse le bloc pour sa transition vers une société décarbonée.

Commercer autrement

Interrogé sur les accords commerciaux conclus par l’Union européenne, le diplomate néerlandais a estimé « qu’il faut repenser le système ». Désormais, estime-t-il, « nous devrons nous assurer que nos partenaires commerciaux suivent une trajectoire conforme à l’accord de Paris. » « Les prochains accords devront soutenir nos valeurs sociales et environnementales. » Plus direct, il annonce qu’« il faut introduire des interdictions d’importation des espèces rares et des produits créés à partir de la déforestation ».

Révision en cours de la politique agricole commune (PAC) oblige, le numéro deux de la Commission a estimé que la plus importante des politiques communautaires devait être réécrite : « on ne peut pas continuer avec une PAC comme l’actuelle. La PAC devra être au service du Pacte vert ». « Sinon, nous risquons de perdre un million d’espèces. »

L’occasion de mettre en exergue le projet de stratégie forestière. « Ce sera une stratégie, scientifiquement fondée, qui évitera la déforestation des forêts anciennes, comme en Pologne, et soutiendra le potentiel économique forestier, tant dans les zones rurales qu’urbaines. »

Le SPD relance le débat sur les armes nucléaires américaines en Allemagne

L’Allemagne devrait « exclure le stationnement d’armes nucléaires américaines », estime Rolf Mützenich, le leader des sociodémocrates (SPD) au Bundestag. D’autres membres du SPD remettent en question le rôle de l’Allemagne dans la stratégie nucléaire de l’OTAN.

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