EDF: l’interfédérale appelle à la grève le 8 avril contre Hercule

Le gouvernement français et la direction d'EDF soutiennent le projet Hercule, qui vise à réorganiser l'entreprise en trois entités pour lui donner plus de moyens et lui permettre de se développer dans les renouvelables, tout en assurant de lourds investissements dans le nucléaire. [EPA/PATRICK SEEGER]

L’interfédérale d’EDF appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 8 avril contre Hercule, le projet de scission de l’électricien dont les négociations entre le gouvernement français et la Commission européenne sont entrées dans la phase finale, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

« Les Fédérations syndicales FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines appellent les salariés à se mobiliser le 8 avril, jour du 75e anniversaire de la loi de nationalisation fondatrice d’EDF et de GDF », a demandé l’interfédérale dans un communiqué transmis mardi au personnel.

Il s’agira de la 6e journée de grève et de mobilisation depuis le 26 novembre. La dernière a eu lieu le 10 février. Le secrétaire général de la CGT Mines-Energie Sébastien Ménesplier a précisé que son organisation appelait également, seule, à une journée d’actions le 25 mars.

La semaine dernière, les syndicats majoritaires du groupe ont été reçus séparément par les directeurs de cabinet des ministres de l’Économie et de la Transition écologique, Bruno Le Maire et Barbara Pompili, afin d’être informés de l’avancée des longues discussions avec la Commission européenne, gardienne des règles de la concurrence.

Ces discussions sur l’avenir d’EDF entrent dans leur phase finale mais aucun accord n’a encore été signé dans cet épineux dossier alors que les syndicats redoutent le démantèlement de leur groupe.

Le gouvernement français et la direction d’EDF soutiennent le projet Hercule, qui vise à réorganiser l’entreprise en trois entités pour lui donner plus de moyens et lui permettre de se développer dans les renouvelables, tout en assurant de lourds investissements dans le nucléaire.

Des parlementaires de l’opposition de droite et de gauche, ainsi qu’un représentant de l’intersyndicale d’EDF, ont eux été reçus mercredi matin par des conseillers de Jean Castex à Matignon, où ils ont exprimé leur refus du projet Hercule.

« Le gouvernement nous a dit que l’accord avec Bruxelles serait prêt d’ici six à huit semaines et qu’un projet de loi serait présenté vers l’automne », a indiqué le député (PCF) Sébastien Jumel à l’AFP. « Matignon a été incapable de convaincre sur la préservation de l’entreprise intégrée. Nous avons exigé d’avoir le texte de l’accord » avec Bruxelles.

Selon le député de Seine-Maritime, la délégation n’a pu obtenir « de garanties » sur les répercussions qu’aurait l’accord sur les prix de l’électricité pour les usagers.

« Ce n’est pas au lendemain de l’accord qu’il faudra se réveiller », avait auparavant affirmé le député (LR) Julien Aubert à la presse, en refusant que les élus ne soient qu’ « une chambre d’enregistrement ».

« Jusqu’où le gouvernement est-il prêt à sacrifier la France pour satisfaire les exigences purement idéologiques de la Commission européenne? », s’est demandé le député (LFI) Adrien Quatennens, rejetant  « cette idée absurde que, quelque soit le secteur, il faut introduire de la concurrence ». « Du point de vue du salarié EDF et du citoyen, il n’y a aucun intérêt » à ce projet, a-t-il insisté.

De leur côté, les organisations syndicales « restent dubitatives ». « Ces négociations sont-elles sur le point d’aboutir ou sont-elles enlisées, comme l’a évoqué le PDG d’EDF? Qui croire? », s’inquiète l’interfédérale dans un communiqué.

Elle a assuré également mesurer « le risque d’une possible accélération du calendrier institutionnel et législatif si les négociations venaient à aboutir prochainement entre le gouvernement français et la Commission européenne ».

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