EDF : syndicats et parlementaires réaffirment leur opposition à la « désintégration herculéenne »

La réforme vise à réorganiser le groupe, fortement endetté, en trois entités pour lui permettre de se développer dans les renouvelables, tout en assurant de lourds investissements dans le nucléaire. [EPA-EFE/GUILLAUME HORCAJUELO]

Syndicats unis et parlementaires, de gauche pour la plupart, ont réaffirmé jeudi (1er juillet) face à la presse leur opposition à la « désintégration » programmée d’EDF alors que le président de la République doit rendre son arbitrage sur la très contestée réforme du fleuron français de l’électricité.

« L’acte politique que nous posons aujourd’hui (jeudi) est de dire que ce front commun syndical et politique dans sa diversité (LFI, PCF, PS, LR) tient bon face à l’absence de réponses sur les garanties d’un service public de l’énergie intégré, sur l’unicité d’EDF, les enjeux de la distribution, la péréquation tarifaire constitutive du service public français », a déclaré Sébastien Jumel (PCF).

Côté syndical, l’interfédérale CGT, CFE-CGC, CFDT, FO a adressé un courrier à Emmanuel Macron lui demandant de « renoncer à la désintégration herculéenne d’EDF », en référence au projet de réforme baptisé initialement « Hercule » puis « Grand EDF », a indiqué Sébastien Menesplier, secrétaire général de la FNME-CGT.

Dans ce courrier de quatre pages, rendu public jeudi, les syndicats dénoncent les « zones d’ombre » sur l’état des négociations avec la Commission européenne, garante de la concurrence. Ils réclament une « concertation et un dialogue social exemplaires », un « véritable débat démocratique avec la Nation » concernant l’avenir de l’électricien et « des moyens d’investir ».

Ils déplorent aussi l’absence de référence aux « 10 milliards (d’euros) de soutien public » pourtant « promis » début avril par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en vue d’une « recapitalisation » qui permettrait de « renforcer les fonds propres d’EDF et donc sa capacité d’investissement ».

Les syndicats interpellent aussi M. Macron sur l’avenir d’Enedis (distribution) qui « mérite lui aussi un débat de fond pour sécuriser son monopole national et son modèle économique afin de renforcer ses missions de service public ».

La réforme vise à réorganiser le groupe, fortement endetté, en trois entités pour lui permettre de se développer dans les renouvelables, tout en assurant de lourds investissements dans le nucléaire.

Enlisée dans les échanges entre la direction du groupe, l’État et Bruxelles, elle est contestée depuis près de deux ans par les syndicats unis qui ont trouvé de nombreux soutiens d’élus locaux et dans l’opinion publique.

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L’ensemble des activités hydro-électriques du groupe seraient rassemblées dans une première filiale, détenue à 100% par EDF SA, dont le nom pourrait faire l’objet d’une consultation des salariés.

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