Electricité : le gouvernement limite la hausse du tarif à 4 %

L'opération devrait coûter 8 milliards d'euros selon EDF. [TanitJuno / Shutterstock]

Alors que le tarif de l’électricité devrait augmenter de 35 % au 1er février, le gouvernement a décidé de limiter cette hausse à 4 %. Objectif : « protéger le pouvoir d’achat des Français et préserver la compétitivité de l’approvisionnement électrique des entreprises face à la forte hausse des prix de l’énergie » a indiqué le gouvernement.

Cette mesure exceptionnelle s’inscrit dans un contexte de tensions sur l’approvisionnement gazier en Europe qui a poussé le prix de l’électricité à la hausse. 

Le gouvernement a bloqué la hausse des tarifs réglementés de vente de l’électricité pour les consommateurs résidentiels, mais également « pour les petits consommateurs professionnels qui en bénéficient en métropole », ainsi que pour « l’ensemble des consommateurs professionnels des territoires ultramarins et de la Corse qui bénéficient de ces tarifs », a précisé, le 14 janvier, un communiqué de presse.

Le surcoût, côté fournisseurs, est pris en charge par l’Etat. 

Cette mesure est autorisée par l’ARENH (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), un dispositif qui permet à tous les fournisseurs de s’approvisionner en électricité auprès d’EDF dans des conditions fixées par les pouvoirs publics.

EDF va vendre aux fournisseurs alternatifs un volume d’électricité à un prix de vente fixé par l’Etat, donc non soumis aux aléas du marché ni aux volumes de production. « Ces mesures (…) sont rendues possibles par la compétitivité du parc nucléaire français, qui permet de bénéficier d’une énergie peu chère et totalement décarbonée » a commenté Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance.

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Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi (30 septembre) « un bouclier tarifaire » avec le blocage du tarif réglementé du gaz jusqu’en avril et la limitation de la hausse de l’électricité face à la flambée des prix de l’énergie.

Réformer le marché de l’électricité ?

L’association de consommateurs UFC Que choisir a salué cette mesure tout en déplorant « l’absurdité de l’organisation actuelle du marché de l’électricité ».

Dans un communiqué en date du 14 janvier, l’association a notamment souligné que la mesure du gouvernement n’ira pas au-delà de 2022, alors que le problème de la hausse des prix risque de perdurer. 

La situation actuelle « met plus largement en évidence la nécessité d’une réforme profonde de l’organisation du marché de l’électricité » a insisté l’association. 

Une réforme que le gouvernement envisage. « Nous préparons l’avenir et sommes engagés pour faire évoluer au niveau européen les marchés de l’énergie vers un fonctionnement qui soutienne une transition énergétique juste » a indiqué Barbara Pompili, la ministre de la Transition Ecologique.

Du côté d’EDF, cette mesure passe mal. Dans un communiqué, les administrateurs salariés de l’entreprise indique que l’opération devrait coûter près de 8 milliards à EDF. Le géant du nucléaire se voit obligé de vendre à prix cassé tandis que des signaux négatifs sont envoyés aux investisseurs.

Le sujet sera sans doute être abordé cette semaine lors d’une réunion informelle des ministres de l’Energie, à Amiens, dans le cadre de la Présidence Française de l’Union européenne. 

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