Embryon de coopération franco-allemande sur les renouvelables

L’office franco-allemand pour les énergies renouvelables est censé améliorer la coopération entre les deux pays et la mise en contact des entreprises. Une goutte d’eau comparée aux enjeux pour le marché européen.

L’ouverture de l’office franco-allemand pour les énergies renouvelables, dans la foulée du 50e anniversaire du traité de l’Elysée, est un peu passée inaperçue. Et pour cause, cette nouvelle structure de coordination entre les deux pays, à l’image de l’office franco-allemand sur la jeunesse mis en place en 1963, n’est pas totalement nouvelle. 

Depuis 2004, Français et Allemands affichent leur intention d’échanger plus étroitement sur les nouvelles énergies. Ils ont d’abord porté leur dévolu sur l’éolien avant de viser l’ensemble des renouvelables en 2010. 

Donner de la « visibilité politique »

En février 2013, la ministre de l’Ecologie Delphine Batho et son homologue allemand Peter Altmaier ont changé le nom de la structure existante pour lui donner une plus grande « visibilité politique », a déclaré la directrice Mélanie Persem à l’ambassade d’Allemagne, jeudi 4 avril. 

Depuis la mi-mars, l’office dispose d’un bureau à la direction générale de l’énergie et du climat et commence à se structurer. « Coopération gouvernementale, mise en contact des entreprises des deux pays ou encore animation de réseau de chercheurs franco-allemand » sont les objectifs affichés, explique sa directrice. Financé à 50% par chaque pays, le budget de l’office est aujourd’hui de 450 000 euros par an et devrait augmenter, espère-t-elle. 

Concrètement, cette structure pourrait contribuer à trouver des positions communes sur des législations européennes en cours de discussion à Bruxelles, par exemple, en ce moment, sur le système de soutien des énergies renouvelables, explique Mme Persem.

Vision décalée

Entre Français et Allemand, la vision de la transition énergétique et de la place des énergies renouvelables est aujourd’hui décalée. Outre-Rhin, la part de la consommation d’énergie renouvelable devrait atteindre 38,6% en 2020, voire 47% selon l’association fédérale des énergies renouvelables, contre 27% en France. 

Loin d’être acquise, la transition énergétique (energiewende) engagée en Allemagne, qui projette 100% de renouvelables en 2050, suscite pourtant l’adhésion de tous les partis politiques et des citoyens. 

En France, le débat est à peine lancé et, lors de sa prestation télévisée, jeudi 28 mars, le chef de l’Etat a largement mis de côté ce sujet. 

En quoi l’Allemagne peut-elle donc apprendre de la France dans ce domaine où les choix politiques des deux pays diffèrent encore largement?

« Les réseaux » et le « tissu industriel exceptionnel » de la France en matière d’énergie, explique la directrice de l’office de coordination. Et de citer par exemple l’installation par Areva des éoliennes offshore outre-Rhin ou du raccordement de ces nouvelles éoliennes au réseau par Alstom. 

Anecdotique

Ces stratégies discordantes entre Etats rendent difficile le bon fonctionnement du marché intérieur de l’énergie.

En prenant la décision, à la suite de la catastrophe de Fukushima, d’accélérer la sortie du nucléaire de l’Allemagne en stoppant définitivement la production d’ici 2022, la chancelière allemande a surpris son voisin français, qu’elle n’avait pas informé. 

Ce type d’initiative a pourtant un impact fort notamment sur le réseau électrique de plus en plus interconnecté en Europe. 

Dans un marché européen de l’énergie qui peine à se libéraliser, la coordination, sur les politiques énergétiques est donc nécessaire. Même si la réorganisation de cet office parait encore anecdotique face aux enjeux.  

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