Emmanuel Macron favorable à « un nucléaire intégré dans la taxonomie »

w_57327815 [EPA-EFE]

S’exprimant devant le Comité européen des régions mercredi 1er décembre, le président Emmanuel Macron s’est dit favorable à « un nucléaire intégré dans la taxonomie » européenne sur la finance verte. 

Il a précisé prendre position « en [s]’abritant derrière les experts du GIEC », pour qui « le nucléaire fait partie des solutions permettant de décarboner nos économies ». 

Le président français a étayé son argument en soulignant l’intermittence des énergies renouvelables. « Notre stratégie est de décarboner nos économies. Il nous faut pour cela des énergies renouvelables. »  Or, « elles sont intermittentes, donc pas totalement substituables, même avec nos interconnexions [en Europe], aux sources de production électrique non intermittentes » comme le gaz ou le nucléaire. 

Mais le président ne place pas ces deux énergies sur le même plan. Selon lui, « le nucléaire est parmi celles qui émettent le moins de CO2 ».

« Le gaz produit plus de CO2 ; le nucléaire est bien meilleur » a-t-il ajouté. 

La priorité de l’Europe étant d’abandonner les énergies fossiles, à commencer par le charbon qui est la plus polluante de toutes,  Emmanuel Macron a souligné que les Etats membres allaient s’orienter vers le gaz et le nucléaire. 

Or, le président a rappelé que « le gaz, nous n’en avons plus dans notre sol » européen. « Consommer plus de gaz, c’est importer du gaz russe, du gaz turc » a-t-il ajouté, avançant que cela engendrerait « une situation de dépendance accrue ». 

Pour clore son propos, Emmanuel Macon a défendu : « Le nucléaire est une solution souveraine, c’est pourquoi je défends l’argument d’un nucléaire intégré dans la taxonomie ».

La Commission européenne doit s’exprimer dans les prochains jours sur la classification du nucléaire au sein de la taxonomie verte européenne.

Plus tôt dans la semaine, la commissaire europénne à l’énergie, Kadri Simson, a appelé l’ensemble de la filière à opérer un « changement de braquet » sur les investissements dans le nucléaire afin de maintenir le niveau de production d’ici 2050.

Selon Simson, « les termes de la discussion » autour du nucléaire sont « en train de changer » en raison de trois facteurs : l’urgence climatique, l’innovation technologique et la compétitivité, notamment des « petits réacteurs modulaires ».

L'Autriche se dit prête à poursuivre l'UE en justice si elle inclut le nucléaire dans sa taxonomie verte

Lors d’un entretien exclusif, la ministre autrichienne de l’Énergie et du Climat, Leonore Gewessler, a confié à EURACTIV que son pays était prêt à aller devant la justice si l’UE décidait d’inclure l’énergie nucléaire dans sa taxonomie verte pour une finance durable.

[Edité par Frédéric Simon]

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