En 2030, 17 % des nouveaux camions rouleront à l’hydrogène

La commissaire européenne aux Transports, Adina Vălean, lors d’une conférence de presse sur la mobilité efficace et verte et les aspects sociaux de la transition écologique, le 14 décembre 2021. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

L’hydrogène a été au cœur de l’actualité en 2021. La Semaine européenne de l’hydrogène, qui s’est tenue en décembre, a été marquée par la relance du partenariat public-privé de l’UE ainsi que par la présentation par Adina Vălean, commissaire européenne aux Transports, de sa vision du transport à l’hydrogène dans l’Union européenne.

L’hydrogène devrait jouer un rôle important dans la décarbonation de secteurs difficiles à décarboner comme la sidérurgie, les produits chimiques et les transports. L’UE estime que 10 à 24 % de l’énergie consommée pourraient provenir de l’hydrogène en 2050.

Même si la voiture électrique est appelée à dominer le marché des véhicules privés, l’hydrogène devrait encore jouer un rôle clé dans la décarbonation du secteur du transport routier pour les poids lourds.

L’UE ambitionne depuis longtemps d’utiliser l’hydrogène dans les transports via des piles à combustible qui permettent de transformer l’hydrogène en électricité.

Pour atteindre les objectifs de décarbonation des transports de l’UE, les « stations de ravitaillement en hydrogène doivent être accessibles au moins tous les 150 kilomètres le long de notre réseau transeuropéen de transport automobile (RTE-T) d’ici à 2030 », a expliqué Adina Vălean, commissaire européenne aux Transports lors d’un discours introductif le 1er décembre.

« Cela permettrait de créer un réseau suffisamment dense de stations de ravitaillement en hydrogène pour assurer une connectivité transfrontalière adéquate au sein de l’Union et pour soutenir les 60 000 camions à hydrogène que nous prévoyons sur les routes européennes d’ici 2030 », a-t-elle ajouté.

Le réseau RTE-T est un projet de l’UE visant à construire un système de routes, de voies ferrées, d’aéroports et d’infrastructures hydrauliques.

Les 60 000 camions à hydrogène prévus font écho à ce qui a été avancé dans une étude de 2020 commandée par le partenariat public-privé de l’UE, l’entreprise commune Piles à combustible et Hydrogène (entreprise commune PCH), qui a par ailleurs déclaré que les piles à combustible étaient une « solution très prometteuse à zéro émission pour le secteur du transport routier poids lourds ».

L’étude conclut que les camions à piles à combustible et à hydrogène (PCH) peuvent devenir compétitifs en termes de coûts d’ici 2027 si le prix de l’hydrogène baisse à 6 €/kg. Elle vante également la « souplesse opérationnelle et le temps de ravitaillement relativement court » des camions fonctionnant à l’hydrogène.

Néanmoins, un cadre législatif approprié sera essentiel pour que le marché des transports accepte les camions roulant à l’hydrogène.

Sans le paquet phare de législation climatique de l’UE, le paquet « Fit for 55 », il n’y aurait que 3 000 camions à hydrogène sur les routes européennes d’ici 2030. C’est ce qu’a indiqué un fonctionnaire de la Commission européenne à EURACTIV.

Cependant, avec les propositions actuelles pour atteindre les ambitions climatiques de l’Union, ce nombre devrait passer à 60 000, a continué le fonctionnaire.

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La question du coût

Selon le scénario envisagé par l’étude, « 17 % des nouveaux camions vendus en 2030 » fonctionneraient à l’hydrogène, à condition que l’hydrogène soit vendu à moins de 6 €/kg et qu’une « forte trajectoire de réduction des coûts technologiques » soit observée.

Toujours selon cette étude, 17 % des nouvelles ventes représenteraient près de 60 000 camions fonctionnant à l’hydrogène, en supposant que les coûts continuent de baisser conformément aux prévisions.

En 2030, l’hydrogène vert pourrait coûter seulement 1,8 €/kg, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui s’exprimait à l’occasion de la Semaine de l’hydrogène, le 29 novembre dernier. « C’est à notre portée », a-t-elle ajouté.

Les coûts de la technologie pourraient suivre une trajectoire prometteuse après des années de recherche, financée conjointement par l’UE et l’industrie.

La technologie des piles à hydrogène dans les véhicules ou les bus parcourant de longues distances a « atteint un niveau de maturité suffisant », selon Lelia Rotaru, chargée de communication pour l’entreprise commune PCH.

De même, une coalition de grands constructeurs automobiles, parmi lesquels on retrouve Daimler, Honda et Hyundai, s’est engagée à déployer 100 000 camions à pile à combustible d’ici à 2030 afin de soutenir la « décarbonation du secteur européen des transports ».

Pour la coalition, qui regroupe l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur, la capacité des camions à hydrogène à répondre « aux exigences opérationnelles du transport routier poids lourds en termes d’autonomie, de temps de ravitaillement et de capacité de charge utile » tout en étant peu polluants est un aspect crucial.

Le partenariat public-privé

Les déclarations ambitieuses de Mme von der Leyen et de Mme Vălean ont été accompagnées du lancement du successeur de l’entreprise commune PCH doté d’un budget de 2 milliards d’euros.

La troisième version de la coopération entre l’UE et l’industrie a été rebaptisée « Partenariat pour l’hydrogène propre » et vise à « produire de l’hydrogène propre à un coût d’environ 1,5 à 3 €/kg » pour l’industrie et les transports.

« Le Partenariat pour l’hydrogène propre s’appuie sur plus d’une décennie de recherche et d’innovation fructueuses en Europe et il est désormais prêt à contribuer à la transition écologique de l’Europe », selon Bart Biebuyck, directeur exécutif de l’entreprise commune PCH.

« C’est un véritable aboutissement pour l’ensemble de la communauté », a-t-il ajouté.

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